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Dispositions qu'il faut avoir pour recevoir ce sacrement.
Deus dedit pignus spiritus in cordibus nostris.
Dieu nous a fait part de son esprit divin qui nous sera le gage de la vie
éternelle.
(II Cor., I, 22. )
De quels sentiments de joie et d'amour ne devez-vous pas être pénétrés,
M.F., à la nouvelle d'un tel bonheur !... Oh ! qui de
nous ne sentira pas son cœur saisi d'amour et de reconnaissance, ayant
l'espérance que, dans peu de jours, l'Esprit Saint aura choisi sa demeure dans
son âme ? O mon Dieu ! il me semble que j'aperçois
déjà notre âme éprouver le ravissement d'Élisabeth, lorsque
Hélas ! parmi ceux-là même qui l'ont reçu dignement,
combien de fois, et depuis combien d'années n'ont-ils pas chassé le
Saint-Esprit de leur cœur ? O perte ! O malheur incompréhensible !… Et quel
remède pour cela ? point d'autre, M.F., que les larmes
et la pénitence. Pauvre âme, depuis que cet Esprit de lumière vous a quittée,
de quelles ténèbres n'êtes-vous pas enveloppée ?… Heureux celui qui ne l'a pas
encore reçu. Pourquoi cela ? C'est qu'il peut encore s'y préparer, et recevoir
toutes les lumières qu'il produit dans les âmes pures. Dites-moi, vous qui avez
eu le bonheur de le recevoir, avez-vous bien compris toutes les obligations
qu'il vous imposait ? – Hélas ! non, dites-vous en
vous--mêmes. – Eh bien ! écoutez-moi un moment, vous
allez le comprendre, et tâchez de réparer le mal que vous avez fait en violant
des promesses aussi saintes et aussi sacrées.
Mais pour vous, M.F., qui l'avez reçu avec de mauvaises dispositions, c'est-à-dire
le péché dans le cœur ; qui avez caché, déguisé ou diminué le nombre de vos
fautes, cherché des détours pour ne pas les faire paraître si énormes, qui les
avez confessées sans contrition, sans douleur et sans désir de vous corriger,
ne faisant aucun effort pour rompre vos mauvaises habitudes ; pour vous,
dis-je, quel langage vous tiendrai-je, qui soit digne de vous, qui puisse vous
faire comprendre votre malheur ? O mon frère, après un tel attentat, peux-tu
encore vivre ? O mon Dieu, des chrétiens seraient-ils coupables d'un meurtre
aussi affreux contre votre personne adorable ?... Ah ! mon
ami, pleure amèrement. Si tu es insensible à un tel crime, donne-moi ton cœur
et tes yeux, afin que les joignant aux miens, nuit et jour je verse des
torrents de larmes, et que je pleure de ce que tu ne pleures pas !... Mon ami,
qu'as-tu fait ? Que vas-tu devenir ?... O mon Dieu ! puisque
les trésors de votre miséricorde nous sont encore ouverts, touchez le cœur de
ce pauvre malheureux qui vous a outragé, afin qu'il pleure, et que vous lui
rendiez ce qu'il a perdu. Enflammez de votre Esprit divin, tous ces jeunes
cœurs qui vont vous servir de demeure. Venez, Esprit de lumière et d'amour,
venez à mon secours ; afin que je leur fasse comprendre la grandeur de leur bonheur,
et les obligations qu'ils vont contracter.
I. – Si les dispositions doivent être proportionnées à la grandeur du don que
Dieu nous fait dans le sacrement de Confirmation, je ne vois pas trop ce que je
vous pourrai dire ; je gagnerais tout autant, je crois, à garder le silence que
de vous en parler ; car les grâces qui nous sont communiquées dans ce sacrement
sont infinies. Mon Dieu ! pardonnez notre faiblesse et
notre ignorance !... Mais, vous me demandez, M.F., bien qu'il soit impossible
d'apporter à ce sacrement autant de pureté et d'amour qu'il en mérite, ce que
nous devons faire pour nous en rendre dignes, autant qu'il est en notre
pouvoir, ou du moins, pour éviter le malheur de le profaner ? – Mon enfant,
ayez confiance, si vous êtes dans les dispositions de faire vos efforts pour
vous en rendre digne, Dieu aura compassion de la faiblesse de votre âme, il
entendra vos soupirs, et l'Esprit Saint ne manquera pas de venir en vous, pour
y établir sa demeure.
Voici 1° les dispositions absolument nécessaires pour bien recevoir cet auguste
sacrement. Il faut être suffisamment instruit sur tout ce qu'il importe de
savoir pour être sauvé ; il faut connaître les principaux mystères de notre
sainte religion, les premiers principes du catéchisme, la fin pour laquelle
Dieu nous a mis sur la terre, la récompense qu'il assure à ceux qui pratiquent
la vertu, et la punition de celui qui vit dans le péché. Il faut savoir
laquelle des trois personnes de la sainte Trinité s'est incarnée dans le sein
de la très sainte Vierge Marie, et qui a formé son corps dans le sein de cette
Mère ; pourquoi Dieu le Fils est venu sur la terre, quelle a été son
occupation, ce qu'il a souffert ; quelle a été la cause de ses peines, et
pourquoi il a institué les sacrements ; quels sont les effets de chaque
sacrement en particulier, et les dispositions qu'il faut apporter pour les
recevoir. Il faut savoir que le sacrement de Baptême est celui qui efface en
nous le péché originel, c'est-à-dire le péché que nous avons contracté par la
faute d'Adam, et que sans ce sacrement, nous ne pourrions jamais voir Dieu dans
le ciel, ni recevoir d'autres sacrements. Il faut savoir que le sacrement de
Confirmation est un sacrement par lequel l'Esprit Saint nous est communiqué
d'une manière plus abondante que dans tous les autres ; que le sacrement de
Pénitence est institué pour remettre et effacer les péchés que nous avons eu le
malheur de commettre après l'âge de raison, c'est-à-dire, quand nous pouvons
connaître que nous offensons le bon Dieu, et que nous n'obtenons les effets,
qu'autant que nous sommes fâchés d'avoir offensé le bon Dieu, et dans une
résolution sincère de tout souffrir, la mort même, plutôt que de retomber dans
le péché.
Nous ne devons pas ignorer que pour recevoir l'Eucharistie, il faut avoir le
bonheur d'être en état de grâce, conservée ou réparée par une bonne confession.
Il faut être instruit sur ce que l'on reçoit dans la sainte communion,
c'est-à-dire Jésus-Christ, la seconde personne de la très sainte Trinité, qui a
été conçue par l'opération du Saint-Esprit , Fils de
Marie, qui l'a mis au monde sans cesser d'être vierge. Sachons aussi que
l'Extrême--Onction a été instituée pour nous procurer du soulagement et des
grâces extraordinaires, lorsque nous approchons de la mort, moment où le démon
tâche de nous tenter plus fortement, afin de nous perdre. Le sacrement de
l'Ordre ne regarde que les prêtres : il leur communique le pouvoir de remettre
les péchés, de faire descendre Jésus-Christ du ciel sur les autels, et le
pouvoir d'administrer les autres sacrements. Enfin, nous devons savoir que le
sacrement du Mariage est institué pour sanctifier l'union légitime de l'homme
et de la femme, pour leur donner la force de supporter les peines que Dieu
attache à cet état. Le chrétien qui va recevoir
2°
Si vous voulez que vos confessions soient bonnes, il faut que vous vous
confessiez comme si, après votre confession, vous deviez paraître devant le
tribunal de Dieu, pour rendre compte de votre vie. Si vous avez contracté
quelque mauvaise habitude, il ne faut pas demander l'absolution avant de vous
en être entièrement corrigé, parce que n'étant pas corrigé, retombant dans le
péché, toutes vos confessions ne seraient que des sacrilèges
. Que devons-nous faire pour détruire nos mauvaises habitudes ? Faut-il
faire quelques pénitences, quelques prières, quelques mortifications ? Non,
M.F., cela ne suffit pas. Il faut que nous soyons pénétrés du regret d'avoir
offensé Dieu, il faut que nous soyons dans une sincère résolution de tout
souffrir plutôt que d'y retomber ; il faut railler, mépriser, en un mot, ce que
le démon ou les impies pourront nous dire, pour nous entraîner dans le vice. Si
vous n'êtes pas dans ces dispositions, n'allez pas plus loin, ou sinon,
craignez que les foudres du ciel ne vous tombent dessus et ne vous jettent en
enfer. O mon Dieu ! combien vont recevoir ce sacrement
et ne changeront rien à leur manière de vivre ! Peut-on bien penser à cela ?...
Et ce sont des chrétiens ?..
Saint Cyprien nous dit : « Mes enfants, si vous recevez dignement l'Esprit
Saint, vous recevrez toutes sortes de biens, c'est-à-dire
« Julien l'apostat (on l'appelait apostat parce qu'il avait été chrétien et
qu'il avait renoncé à sa foi), pour montrer plus ouvertement son impiété,
ordonna d'offrir publiquement un sacrifice à ses idoles, c'est-à-dire aux
démons. Afin de donner plus d'éclat à cette impie cérémonie, il se rendit avec
toute sa cour dans le temple destiné à cette action sacrilège. Le moment venu,
l'empereur donne le signal pour commencer. Tous les prêtres, tous les
sacrificateurs se mettent au devoir. Mais prodige extraordinaire ! ni eux ni leurs instruments si bien préparés ne peuvent
rien. Le feu même qui était sur l'autel s'éteint tout à coup. Oh ! s'écrient l'empereur et les sacrificateurs, il y a ici
quelque personne étrangère qui s'oppose à notre cérémonie. Il y a sans doute
dans cette assemblée quelque chrétien ! L'empereur
ordonna de chercher s'il n'y avait point de chrétiens dans le temple ; en
effet, il s'y trouva un jeune homme qui venait de recevoir
Voilà, M.F., les heureux effets que le sacrement de Confirmation opère en nous,
si nous sommes assez heureux pour le recevoir dignement. Oui, si nous le
recevons avec de bonnes dispositions, rien désormais ne sera capable de nous
détourner de nos devoirs de chrétiens. Si les méchants vous critiquent de ce
que vous pratiquez votre religion, vous les écouterez, mais vous les mépriserez
et foulerez aux pieds leurs railleries ; vous les plaindrez en voyant qu'ils se
perdent, et vous prierez Dieu pour eux. Si le démon vous tente, vous ferez
comme saint Macaire, vous lui cracherez dessus, pour lui montrer que vous le méprisez, à l'égal de la boue qui est sous vos pieds. O mon
Dieu, que celui qui a reçu l'Esprit Saint est fort et capable de grandes choses
!
II. – Ce sacrement a été institué le jour de
Eh bien ! M.F., après
Vous allez vous faire confirmer, mon frère, c'est très bien ; mais ce n'est pas
tout. Il faut qu'après avoir reçu ce sacrement vous ne soyez plus le même.
Comme les apôtres, il ne faut plus qu'on vous reconnaisse ; il faut que
l'assiduité aux saints offices, la délicatesse au sujet du travail du Dimanche
et l'exactitude dans la fréquentation des sacrements, prennent la place de
votre indifférence pour le service de Dieu, de votre peu de respect dans sa
maison, et, enfin, de votre froideur et de votre négligence. Hélas ! que de chrétiens vont recevoir ce sacrement, sans qu'il
opère en eux cet heureux changement ! par conséquent
que de chrétiens vont le recevoir indignement ! ô mon
Dieu, que de chrétiens damnés !
Et vous, M.F., qui avez eu le bonheur de le recevoir autrefois, ce changement
s'est-il fait en vous ?... Non, M.F., non, je n'en dis pas davantage... La
première fois que l'on vous a raillés, n'est-il pas vrai, vous vous êtes
découragés, vous avez tout quitté. A la moindre maladie, à la moindre perte,
vous vous êtes désespérés, au lieu de penser que tout vient de Dieu, les maux
comme les biens. N'avez-vous pas souhaité la mort, à cause de croix qu'il
plaisait à Dieu de vous envoyer ?... O mon Dieu, que celui qui n'a pas reçu
l'Esprit Saint dignement, est faible et capable de peu de chose, en comparaison
de celui où habite votre Esprit de lumière !
Oui, chaque sacrement produit son effet tout particulier. Le Baptême nous fait
chrétiens, enfants de Dieu, frères de Jésus-Christ ; il nous donne un droit au
royaume céleste, que le péché de nos premiers parents nous avait fermé ; il
nous délivre du démon dont nous étions les esclaves, et nous fait passer dans
la douce et heureuse liberté des enfants de Dieu. Oh ! M.F., que ces avantages
sont précieux ! pourrons-nous assez re-mercier le bon
Dieu d'un tel bonheur ? Le sacrement de Pénitence est un sacrement où Dieu
montre sa miséricorde d'une manière admirable ; car ce n'était pas assez d'être
mort pour nous, d'avoir institué le sacrement de Baptême, sans lequel jamais
nous n'aurions vu le ciel, il lui fallut encore en établir un second, qui
aurait la vertu d'effacer tous nos péchés actuels. O mon Dieu, que vous êtes
bon !... Le sacrement de l'Eucharistie est le sacrement de son amour ; oh !
M.F., un Dieu se donner à nous !.. un
Dieu soupirer après ce moment !… ô bonheur ! ô grâce
précieuse !...
Le sacrement de l'Extrême-onction a été institué pour nous fortifier dans les
derniers moments de notre vie. Le sacrement de l'Ordre est établi pour
communiquer aux prêtres les lumières et les grâces nécessaires pour nous
conduire dans les voies du salut ; celui du Mariage est destiné à sanctifier
les actions, l'union légitime de l'homme et de la femme. J'appelle union
légitime, l'union de ceux qui se marient selon les lois de l'Eglise et de
l'État. Eh bien ! M.F., le sacrement de Confirmation est la perfection de tous
les autres ; c'est précisément celui-ci qui nous rend parfaits chrétiens, et
ceux qui, pouvant le recevoir, ne le reçoivent pas, se privent de beaucoup de
grâces et commettent un gros péché.
Oui, M.F., on peut comparer le chrétien baptisé à un enfant qui vient de naître
et qui est sujet à toutes les faiblesses ; mais celui qui a été confirmé est
semblable à un homme à la fleur de l'âge, plein de courage et de force, qui
peut porter les armes, et est en état de se défendre vigoureusement contre ses
ennemis. Vous avez fait jusqu'à présent tout ce que fait un enfant. La moindre
chose vous a découragés, la moindre tentation vous a fait tomber, la plus
petite pénitence vous a effrayés ; mais si vous avez reçu véritablement l'Esprit--Saint,
rien ne sera capable de vous arrêter : vous foulerez tout aux pieds, vous ne
serez contents que dans le combat, et, pour tout dire, vous ferez comme les
apôtres après qu'ils eurent reçu le Saint-Esprit, vous ne ferez pas plus
attention au monde que si vous y étiez seuls.
Voyez, M.F., ce qu'étaient les apôtres avant la descente du Saint-Esprit :
faibles, timides ; à chaque instant, le respect humain l'emportait sur les
intérêts de Dieu ; ils avaient abandonné leur maître, même après l'avoir vu
plusieurs fois après sa résurrection, boire et manger avec eux. Ils se tenaient
cachés, par crainte des Juifs, dans le lieu même où ils se préparaient à
recevoir le Saint-Esprit ; pas un n'osait redire publiquement les merveilles
dont il avait été témoin. Mais, ô mon Dieu ! quel
étonnant changement dès qu'ils ont reçu votre Saint-Esprit ! Ils sortent du
cénacle, ils courent les rues de Jérusalem, ils publient ouvertement tout ce
qu'ils avaient vu et entendu du Sauveur. Le peuple, que la fête de Pâques a réuni
de toutes les parties du monde, s'y rend en foule. Saint Pierre, tout enflammé
de l'Esprit divin : « Mes enfants, s'écrie-t-il, écoutez-moi : Ce même Jésus
que vous avez fait mourir par les mains de vos bourreaux, Dieu l'a ressuscité . » Est-ce bien là, M.F., cet apôtre qui pâlit et
trembla à la seule voix d'une servante, et qui renia si lâchement son divin
Maître ? Oui, c'est lui-même, mais depuis ce temps, il a reçu l'Esprit Saint,
qui a changé sa faiblesse en force, et sa crainte en un courage invincible ; il
craignait de passer pour un disciple de Jésus-Christ, et maintenant, il ne
soupire qu'après le moment de donner sa vie pour lui. Le mépris, les prisons,
les persécutions font ses délices. Oh ! Esprit Saint, que vous donnez de force
à ceux qui sont assez heureux pour vous posséder !
Mais, pensez-vous en vous-mêmes, quels sont les dons que le Saint-Esprit nous
communique dans le sacrement de Confirmation ?... – Les voici, M.F., tout ce
que je vous demande, c'est de les mettre en pratique. Je vous ai déjà dit qu'il
y en avait sept. Le premier don du Saint--Esprit c'est
Le deuxième don du Saint-Esprit est l'Intelligence c'est-à-dire une lumière
surnaturelle qui nous fait comprendre les beautés de notre sainte religion, les
secours et les consolations que nous y trouvons. Elle nous montre par
conséquent, l'attachement que nous devons avoir pour elle ; elle nous fait
faire des efforts pour la connaître, afin que notre ignorance ne soit pas cause
de notre perte, et que, ravis de tant de beautés nous méprisions tout le reste.
Le troisième don du Saint-Esprit est le don de Conseil. C'est une prudence
chrétienne qui nous fait toujours choisir les moyens les plus sûrs pour aller à
Dieu, et l'état le plus parfait pour arriver au ciel.
Le quatrième est celui de
Le cinquième don est
Le sixième don est celui de
Le septième don est
Mais à qui, M.F., le Saint-Esprit doit-il se communiquer avec ses sept dons ?
Je réponds : A tous ceux qui s'y seront préparés par la prière et la retraite ;
c'est-à-dire, qui auront, autant qu'il leur est possible, détourné leur cœur
des objets et des choses du monde ; qui auront confessé sincèrement leurs
péchés avec la douleur nécessaire ; qui auront pris des résolutions véritables
de ne plus les commettre et de tout souffrir plutôt que d'y retomber. En effet,
le Saint-Esprit fut donné seulement à ceux qui avaient passé quelques jours
dans le cénacle, c'est-à-dire dans la retraite. Toutes les fois que Dieu veut
accorder quelque grâce extraordinaire, ce n'est qu'après quelques jours de
retraite. Voyez Moïse : Dieu ne lui donna sa loi qu'après quarante jours de
jeune et de retraite . Voyez le prophète Elie. Le
Seigneur lui commande d'aller sur la montagne d'Horeb, parce que c'est là qu'il
doit lui apprendre ses volontés ; il veut lui faire comprendre que ce n'est pas
dans le tracas du monde qu'il distribue ses dons précieux. Lorsque le prophète
est sur la montagne, il commence à entendre un vent impétueux qui semblait tout
renverser, mais le Seigneur n'est pas dans ce vent. Après cela, il se fait un
tremblement de terre terrible : le Seigneur n'y est pas non plus ; enfin, il
entend souffler un vent doux ; alors Élie se couvre la face de son manteau, se
met à l'entrée de sa caverne : c'est là qu'est le Seigneur .
Dieu voulait montrer ainsi, que lorsqu'il veut venir dans nos cœurs, il faut
qu'ils soient dégagés des choses extérieures du monde, c'est-à-dire, que nous
ayons quitté nos péchés et nos mauvaises habitudes.
O mon Dieu, ne permettez pas que nous ayons le malheur de recevoir indignement
votre Esprit Saint ! changez entièrement nos cœurs et
nos âmes !... Seigneur, descendez dans nos cœurs par votre grâce, daignez y
habiter par le sacrement de Confirmation !... O Vierge sainte, qui avez préparé les apôtres à cet heureux moment, préparez-nous
aussi vous-même, afin que nous puissions recevoir et garder cet Esprit de
pureté et d'amour... Ainsi soit-il.