Retour à l’Accueil ( Rosaire-de-Marie.fr )
Retour à
tous les sermons du Saint curé d’Ars
4ème dimanche après
l'Espérance
Diliges Dominant Deum tuum.
Vous aimerez le Seigneur votre Dieu.
(S.Matthieu, XXII, 37.)
Il est vrai, M.F., que saint Augustin nous dit que, quand il n'y aurait
point de ciel à espérer, point d'enfer à craindre, il ne laisserait pas que
d'aimer le bon Dieu, parce qu'il est infiniment aimable et qu'il mérite d'être
aimé ; cependant le bon Dieu, pour nous encourager à nous attacher à lui et à
l'aimer par-dessus toutes choses, nous promet une récompense éternelle. Si nous
nous acquittons dignement d'une si belle fonction, qui fait tout le bonheur de
l'homme sur la terre, nous préparons notre félicité et notre gloire dans le
ciel. Si la foi nous apprend que Dieu voit tout, et qu'il est témoin de tout ce
que nous faisons et souffrons, la vertu d'espérance nous fait endurer nos
peines avec une entière soumission à sa sainte volonté, par la pensée que nous
en serons récompensés pendant toute l'éternité. Nous voyons aussi que ce fut
cette belle vertu qui soutint les martyrs au milieu de leurs tourments, les
solitaires dans les rigueurs de leurs pénitences, et les saints infirmes et
malades dans leurs maladies. Oui, M.F., si la foi nous découvre partout Dieu
présent, l'espérance nous fait faire tout ce que nous faisons dans la seule vue
de plaire au bon Dieu, par la pensée heureuse d'une récompense éternelle.
Puisque, M.F., cette vertu adoucit tant nos maux, voyons tous ensemble en quoi
consiste cette belle et précieuse vertu d'espérance.
Si, M.F., nous avons le bonheur de connaître par la foi, qu'il y a un Dieu qui
est notre Créateur, notre Sauveur et notre souverain Bien, qui ne nous a créés
que pour le connaître, l'aimer, le servir et le posséder ; l'espérance nous
apprend que, quoique indignes de ce bonheur, nous pouvons l'espérer par les
mérites de Jésus-Christ. Pour rendre, M.F., nos actions dignes d'être
récompensées, il faut trois choses, que voici : la foi, qui nous y fait voir
Dieu présent ; l'espérance, qui nous les fait faire dans la seule vue de lui
plaire, et l'amour, qui nous attache à lui comme à notre souverain Bien. Oui,
M.F., nous ne connaîtrons jamais le degré de gloire que chaque action nous
procurera dans le ciel, si nous la faisons bien purement pour le bon Dieu ; les
saints mêmes qui sont dans le ciel ne le comprennent pas. En voici un exemple
bien frappant. Nous lisons dans la vie de saint Augustin, qu'écrivant à saint
Jérôme pour lui demander de quelle expression il fallait se servir pour mieux
faire sentir la grandeur du bonheur dont les saints jouissent dans le ciel ;
dans le moment qu'il mettait, selon sa coutume, au commencement de toutes ses
lettres : « Salut en Jésus-Christ Notre Seigneur », sa chambre fut éclairée
d'une lumière tout extraordinaire qui était plus belle que le soleil dans son
midi et très odoriférante ; il en fut si charmé, qu'il manqua mourir de
plaisir. Dans le même instant, il entendit sortir de cette lumière une voix qui
lui dit : « Ah ! mon cher ami Augustin, tu me crois
encore sur la terre ; grâce à Dieu, je suis dans le ciel. Tu veux me demander
de quel terme l'on pourrait se servir pour mieux faire sentir le bonheur dont
jouissent les saints ; sache, mon cher ami, que ce bonheur est si grand, et si
au-dessus de tout ce qu'une créature peut penser, qu'il te serait plus facile
de compter toutes les étoiles qui sont au firmament, de mettre l'eau de toutes
les mers dans une fiole, et de tenir toute la terre dans ta main, que de
pouvoir comprendre la félicité du moindre des bienheureux dans le ciel. Il
m'est arrivé ce qui arriva à la reine de Saba ; elle avait conçu une grande
idée du roi Salomon d'après le bruit de sa réputation ; mais, après avoir vu
par elle-même le bel ordre qui régnait dans son palais, la magnificence sans
égale, la science et les connaissances de ce roi, elle en fut si étonnée et si
ravie, qu'elle s'en retourna chez elle en disant que tout ce qu'on lui avait
dit n'était rien en comparaison de ce qu'elle avait vu elle-même. J'en ai fait
de même pour la beauté du ciel et le bonheur dont jouissent les saints ; je
croyais avoir compris quelque chose de ces beautés qui sont renfermées dans le
ciel et du bonheur dont les saints y jouissent ; malgré toutes les pensées les
plus sublimes que j'ai pu produire, tout cela n'est rien en comparaison de ce
bonheur qui est le partage des bienheureux. »
Nous lisons dans la vie de sainte Catherine de Sienne, que le bon Dieu lui fit
voir quelque chose de la beauté du ciel et de sa félicité. Elle en fut si ravie
qu'elle tomba en extase. Étant revenue à elle-même, son confesseur lui demanda
ce que le bon Dieu lui avait fait voir. Elle lui dit que le bon Dieu lui avait
fait voir quelque chose de la beauté du ciel et du bonheur dont les saints y
jouissent ; mais qu'il était impossible d'en dire la moindre chose, tant cela
surpassait tout ce que nous pouvons penser. Eh bien ! M.F., voilà où nous
conduisent nos bonnes actions si nous les faisons dans la vue de plaire à Dieu
; voilà les biens que la vertu d'espérance nous fait désirer et attendre.
2° Nous avons dit que la vertu d'espérance nous console et nous soutient dans
les épreuves que le bon Dieu nous envoie. Nous en avons un bel exemple dans la
personne du saint homme Job, sur son fumier, couvert d'ulcères depuis les pieds
jusqu'à la tête. Il avait perdu tous ses enfants, qui avaient été écrasés sous
les ruines de sa maison. Lui-même se vit traîné de son lit sur un fumier dans
le coin des rues, abandonné de tout le monde ; son pauvre corps était tout
couvert de pourriture ; les vers le mangeaient tout vivant ; il était obligé de
les ôter avec des morceaux de pots cassés ; insulté même de sa femme qui, au
lieu de le consoler, l'accablait d'injures, en lui disant : « Le vois-tu, ton
Dieu que tu sers avec tant de fidélité ? Vois-tu comment il te récompense ?
Demande-lui donc la mort ; au moins tu seras délivré de tes maux. » Ses
meilleurs amis ne semblaient venir le voir que pour augmenter ses douleurs.
Cependant, malgré cet état si pitoyable où il est réduit, il ne laisse pas de
toujours espérer en Dieu. « Non, mon Dieu, disait-il, je ne cesserai jamais
d'espérer en vous ; quand vous m'ôteriez même la vie, je ne laisserais pas
d'espérer en vous, et d'avoir une grande confiance en votre charité. Pourquoi,
mon Dieu, voudrais-je me décourager et m'abandonner au désespoir ? J'accuserai
devant vous mes péchés qui sont la cause de mes maux ; mais j'espère que vous
serez vous-même mon Sauveur. Mon espérance est que vous me récompenserez un
jour des maux que j'endure pour votre amour. » Voilà, M.F., ce que nous pouvons
appeler une véritable espérance : puisque, malgré qu'il lui semblât que toute
la colère de Dieu fût tombée sur lui, il ne laissait pas que d'espérer en Dieu.
Sans examiner pourquoi il souffrait tant de maux, il se contente seulement de
dire que ce sont ses péchés qui en sont la cause. Voyez-vous, M.F., les grands
biens que là vertu d'espérance nous procure ? Tout le monde le trouve
malheureux, et lui seul, sur son fumier, abandonné des siens et méprisé des
autres, se trouve heureux, parce qu'il met toute sa confiance en Dieu. Ah ! si, dans nos peines, nos chagrins et nos maladies, nous
avions cette grande confiance en Dieu, que de biens nous ramasserions pour le
ciel ! Hélas ! que nous sommes aveugles, M.F. ! Si, au
lieu de nous désespérer dans nos misères, nous avions cette ferme espérance que
le bon Dieu nous envoie tout cela comme autant de moyens pour nous faire
mériter le ciel, avec quelle joie ne les souffririons-nous pas !
Mais, me direz-vous, que veut dire ce mot : espérer ? – Le voici, M.F. C'est
soupirer après quelque chose qui doit nous rendre heureux dans l'autre vie ;
c'est désirer ardemment la délivrance des maux de cette vie, et désirer la
possession de toutes sortes de biens capables de nous contenter pleinement.
Lorsque Adam eut péché et qu'il se vit accablé de tant de misères, toute sa
consolation était que, non seulement ses souffrances lui mériteraient le pardon
de ses péchés, mais encore lui procureraient des biens
pour le ciel. Quelle bonté de Dieu, M.F., de récompenser de tant de biens la
moindre de nos actions, et cela, pendant toute l'éternité ! Mais, pour nous
faire mériter ce bonheur, le bon Dieu veut que nous ayons une grande confiance
en lui, comme des enfants envers un bon père. C'est pour cela que nous le
voyons, dans plusieurs endroits de l'Ecriture sainte, prendre le nom de Père,
afin de nous inspirer une plus grande confiance. Il veut que nous ayons recours
à lui dans toutes nos peines, soit de l'âme, soit du corps. Il nous promet de
nous secourir toutes les fois que nous aurons recours à lui. S'il prend le nom
de père, c'est pour nous inspirer une plus grande confiance en lui. Voyez
combien il nous aime : il nous dit par son prophète Isaïe, qu'il nous porte
tous dans son sein. « Une mère, nous dit-il, qui porte son enfant dans son
sein, ne peut pas l'oublier et, quand même elle serait assez barbare que de le
faire, pour moi, je n'oublierai jamais celui qui met sa confiance en moi . » Il
se plaint même que nous n'avons pas assez confiance en lui ; il nous avertit de
« ne plus mettre notre confiance dans les rois et les princes, parce que notre
espérance sera trompée . » Il va plus loin, puisqu'il
nous menace de sa malédiction, si nous n'avons pas grande confiance en lui ; il
nous dit par son prophète Jérémie : « Maudit soit celui qui ne met pas sa
confiance en son Dieu ! » et plus loin, il nous dit : « Béni soit celui qui a
confiance au Seigneur ! » Voyez la parabole de
l'Enfant prodigue, qu'il nous cite avec tant de plaisir, afin de nous inspirer
une grande confiance en lui. « Un père, nous dit-il, avait un enfant qui lui
demanda ce qui pouvait lui revenir de son héritage. Ce bon père lui donna son
bien. Ce fils abandonne ce bon père, part dans un pays étranger, et là, se
livre à toutes sortes de désordres. Mais, quelque temps après, ses débauches
l'avaient réduit à la plus grande misère ; sans argent et sans aucune
ressource, il aurait voulu se nourrir des restes des pourceaux ; mais personne
ne lui en donnait. Se voyant accablé de tant de maux, il se rappela qu'il avait
abandonné un bon père, qui n'avait cessé de le combler de toutes sortes de
bienfaits tout le temps qu'il avait été auprès de lui ; il se dit en lui-même :
« Je me lèverai et j'irai, les larmes aux yeux, me jeter aux pieds de mon père
; il est si bon, j'espère qu'il aura encore pitié de moi. Je lui dirai : « Mon
tendre père, j'ai péché contre vous et contre le ciel, je n'ose plus vous
regarder ni le ciel ; je ne mérite plus d'être placé au nombre de vos enfants ;
mais je serai trop heureux si vous voulez bien me mettre parmi vos esclaves. »
Mais que fait ce bon père ? nous dit Jésus-Christ, qui
est lui-même ce tendre père ; bien loin d'attendre qu'il vienne se jeter à ses
pieds, d'aussi loin qu'il le voit, il court pour l'embrasser. L'enfant veut
avouer ses péchés ; mais le père ne veut plus qu'il lui en parle. « Non, non,
mon fils, il n'est plus question de péchés, ne pensons qu'à nous réjouir. » Ce
bon père invite toute la cour céleste à remercier le bon Dieu de ce que son
fils qui était mort, est ressuscité, de ce qu'il l'avait perdu et l'a retrouvé.
Pour lui témoigner combien il l'aime, il lui rend tous ses biens et son amitié .
Eh bien ! M.F., voilà la manière dont Jésus-Christ reçoit le pécheur toutes les
fois qu'il revient à lui : il le pardonne et lui rend tous les biens que le
péché lui avait ravis. D'après cela, M.F., qui de nous n'aura pas une grande
confiance en la charité du bon Dieu ? Il va plus loin, puisqu'il nous dit que
quand nous avons le bonheur de quitter le péché pour l'aimer, tout le ciel se
réjouit. Si vous lisez plus loin, voyez avec quel empressement il court
chercher sa brebis égarée ? Une fois qu'il l'a trouvée, il en a tant de joie
qu'il veut même la prendre sur ses épaules pour lui éviter la peine de voyager . Voyez avec quelle bonté il reçoit Madeleine à ses pieds , voyez avec quelle tendresse il la console ; non
seulement il la console, mais encore, il la défend contre les insultes des
pharisiens. Voyez avec quelle charité et quel plaisir il pardonne à la femme
adultère ; elle l'offense, et c'est lui-même qui veut être son protecteur et
son sauveur . Voyez son empressement à courir après
Dites-moi, M.F., quelles excuses aurons-nous pour nous excuser, lorsqu'il nous
fera voir combien il était bon à notre égard, et comment il nous aurait reçus,
si nous avions voulu revenir ? avec quel plaisir il
nous aurait pardonné et rendu sa grâce ? Ne pourra-t-il pas nous dire : Ah ! malheureux, si tu as vécu et si tu es mort dans le péché,
c'est bien parce que tu n'as pas voulu en sortir ; moi qui désirais tant te
pardonner ! Voyez, M.F., combien le bon Dieu veut que nous venions à lui avec confiance dans nos maux spirituels. Il nous dit,
par son prophète Michée, que quand nos péchés seraient aussi nombreux que les
étoiles du firmament et que les gouttes d'eau de la mer, que les feuilles des
forêts et que les grains de sable qui bordent l'Océan, si nous nous
convertissons sincèrement, il nous promet de les oublier tous ; et il nous dit
que, quand ils auraient rendu notre âme aussi noire que le charbon, « aussi
rouge que l'écarlate, il nous la rendra aussi blanche que la neige . » Il nous
dit qu'il jette nos péchés dans les chaos de la mer, afin qu'ils ne paraissent
jamais plus. Quelle charité, M.F., de la part de Dieu ! Avec quelle confiance
ne devons-nous pas nous adresser à lui ! Mais quel désespoir pour un chrétien damné, de savoir combien le bon Dieu aurait désiré le
pardonner, s'il avait voulu lui demander pardon ! Dites-moi, M.F., si nous
sommes damnés, ce sera bien parce que nous l'aurons voulu, puisque le bon Dieu
nous a tant de fois dit qu'il voulait nous pardonner. Hélas ! M.F., combien de
remords de conscience, combien de bonnes pensées, combien de désirs cette voix
n'a--t-elle pas fait naître en nous ! O mon Dieu ! que
l'homme est malheureux de se damner, tandis qu'il peut si bien se sauver !
Hélas ! M.F., pour nous confirmer dans tout cela, nous n'avons qu'à examiner ce
qu'il a fait pour nous, pendant les trente-trois ans qu'il a vécus
sur la terre.
En deuxième lieu, je dis que nous devons avoir une grande confiance en Dieu,
même pour nos besoins temporels. Pour nous exciter à nous adresser à lui avec
une grande confiance pour ce qui regarde le corps, il nous assure qu'il aura
soin de nous ; et nous voyons nous--mêmes combien il a fait de miracles, plutôt
que de nous laisser manquer du nécessaire. Nous voyons dans l'Ecriture sainte
qu'il a nourri son peuple pendant quarante ans, dans le désert, avec de la
manne qui tombait tous les jours avant le soleil levé. Pendant les quarante ans
qu'ils restèrent dans le désert, leurs habits ne s'usèrent rien du tout. Il
nous dit dans l'Évangile de ne pas nous mettre en peine pour ce qui regarde la
nourriture et le vêtement : « Considérez, nous dit-il, les oiseaux du ciel ;
ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils ne mettent rien dans les greniers ;
voyez avec quel soin votre Père céleste les nourrit ; n'êtes-vous pas plus
qu'eux ? vous êtes les enfants de Dieu. Gens de peu de
foi, ne vous mettez donc pas en peine de ce que vous mangerez et de quoi vous
vous vêtirez. Considérez les lys des champs, comment ils croissent ; et
cependant ils ne labourent point ni ne filent : voyez comme ils sont vêtus ; je
vous déclare que Salomon, dans toute sa gloire, n'a jamais été vêtu comme l'un
d'eux. Si donc, conclut ce divin Sauveur, le Seigneur prend tant de soin de
vêtir une herbe qui est aujourd'hui et que demain on jette dans le four, à
combien plus forte raison prendra-t-il soin de vous, qui êtes ses enfants ?
Cherchez donc premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et tout le reste
vous sera donné avec abondance » Voyez encore combien il veut que nous
ayons confiance : « Quand vous me prierez, nous dit-il, ne dites pas : Mon
Dieu, mais Notre Père ; parce que nous voyons qu'un enfant a une confiance sans
borne à son père. » Lorsqu'il fut ressuscité, il apparut à sainte Madeleine, et
lui dit : « Allez trouver mes frères, et dites-leur que je vais monter à mon
Père, qui est aussi votre Père . » Dites-moi, M.F., ne
con viendrez vous pas avec moi que si nous sommes si malheureux sur la terre,
cela ne peut venir que de ce que nous n'avons pas assez de confiance en Dieu ?
En troisième lieu, nous disons que nous devons avoir une grande confiance en
Dieu dans nos peines, nos chagrins et nos maladies. Il faut, M.F., que cette
grande espérance du ciel nous soutienne et nous console ; voilà ce qu'ont fait
tous les saints. Nous lisons dans la vie de saint Symphorien, qu'étant conduit
au martyre, sa mère, qui l'aimait véritablement pour le bon Dieu, monta sur un
mur pour le voir passer, et élevant la voix autant qu'elle put : « Mon fils,
mon fils, lui cria-t-elle, regarde le ciel ; mon fils, courage ! que l'espérance du ciel te soutienne ! mon
fils, courage ! Si le chemin du ciel est difficile, il est bien court. » Cet
enfant, animé par le langage de sa mère, endura les tourments et la mort avec
une grande intrépidité. Saint François de Sales avait une si grande confiance
en Dieu, qu'il semblait être insensible aux persécutions qu'on lui faisait ; il
se disait à lui-même : « Puisque rien n'arrive que par la permission de Dieu,
les persécutions ne sont donc que pour notre bien. » Nous lisons dans sa vie,
qu'une fois il fut horriblement calomnié ; malgré cela, il ne perdit rien de sa
tranquillité ordinaire. Il écrivit à un de ses amis que quelqu'un venait de
l'avertir qu'on le déchirait d'une belle façon ; mais qu'il espérait que le bon
Dieu arrangerait tout cela pour sa gloire et pour le salut de son âme. Il se
contenta de prier pour ceux qui le calomniaient. Voilà, M.F., la confiance que
nous devons avoir en Dieu. Lorsque nous sommes persécutés ou qu'on nous
méprise, ce sont là les marques que nous sommes véritablement chrétiens,
c'est-à-dire, enfants d'un Dieu méprisé et persécuté.
En quatrième lieu, M.F., je vous disais que, si nous devons avoir une confiance
aveugle envers Jésus-Christ, parce que nous sommes sûrs que jamais il ne
manquera de venir à notre secours dans toutes nos peines, si nous allons à lui
comme des enfants à leur père ; je dis aussi que nous devons avoir une grande
confiance envers sa sainte Mère, qui est si bonne, qui désire tant nous aider
dans tous nos besoins spirituels et temporels, mais surtout, lorsque nous
voulons revenir au bon Dieu. Si nous avons quelque péché qui nous donne de la
honte à l'accuser, allons nous jeter à ses pieds, nous sommes sûrs qu'elle nous
obtiendra la grâce de bien le confesser, et, en même temps, elle ne manquera
pas de demander notre pardon. Pour vous le prouver, en voici un exemple
admirable. Il est rapporté dans l'histoire qu'un homme, pendant longtemps,
avait mené une vie assez chrétienne, de manière à espérer le ciel. Mais le
démon, qui ne travaille qu'à notre perte, le tenta si souvent et si longtemps,
qu'il le fit tomber dans un péché grave. Étant ensuite rentré en lui-même, il
comprit toute l'énormité de son péché, et sa première pensée fut de recourir au
remède salutaire de la pénitence. Mais il conçut tant de honte de son péché,
qu'il ne put jamais se déterminer à le confesser. Bourrelé par les remords de
sa conscience, qui ne lui laissaient pas un moment de repos, il prit la résolution
insensée d'aller se noyer, espérant par là mettre fin à ses peines. Mais, quand
il fut arrivé au bord de la rivière, il frémit à la vue du malheur éternel où
il allait se précipiter, et s'en retourna en pleurant à chaudes larmes, et
priant le Seigneur de lui pardonner sans qu'il fût obligé de se confesser. Il
crut recouvrer la paix de l'âme en visitant plusieurs églises, en faisant des
prières et des pénitences ; mais, malgré toutes ses prières et ses pénitences,
ses remords le poursuivaient toujours. Le bon Dieu ne voulait lui accorder son
pardon que par la protection de sa sainte Mère. Une nuit qu'il était plongé
dans une grande tristesse, il se sentit fortement inspiré d'aller se confesser,
et, pour cela, il se leva de grand matin et se rendit à l'église ; mais quand
il fut près de se confesser, il se sentit tourmenté plus que jamais par la
honte de son péché, et n'eut jamais la force de faire ce que la grâce du bon
Dieu lui avait inspiré. Quelque temps après, la même chose lui arriva ; il se
rendit à la même église ; mais il fut encore arrêté par la honte, et, dans ce
moment de désespoir, il prit la résolution de mourir plutôt que de jamais
déclarer son péché à un confesseur. Cependant, il lui vint en pensée de se
recommander à la sainte Vierge. Avant de rentrer chez lui, il alla se
prosterner au pied de l'autel de
Oui, M.F., après le bon Dieu, dans toutes nos peines, soit de l'âme, soit du
corps, il nous faut une grande confiance envers la sainte Vierge. En voici un
autre exemple, qui va nous inspirer une tendre confiance envers la sainte
Vierge, surtout quand nous voulons avoir une grande horreur du péché. Le
bienheureux Liguori rapporte qu'une grande pécheresse
appelée Hélène, étant entrée dans une église, le hasard, ou plutôt
Voici un autre exemple de confiance envers la sainte Vierge, qui n'est pas
moins admirable, et qui montre combien la dévotion à la sainte Vierge est
favorable pour nous aider à sortir du péché. Il est rapporté dans l'histoire
qu'un jeune homme, qui avait été bien instruit par ses parents, eut le malheur
de contracter une habitude criminelle, qui devint pour lui la source d'une
infinité de péchés. Comme il avait encore la crainte de Dieu et désirait
renoncer à ses désordres, il faisait de temps en temps quelques efforts pour en
sortir ; mais le poids de ses mauvaises habitudes l'entraînait toujours. Il
détestait son péché, et, malgré cela, il y retombait à chaque instant. Voyant
qu'il ne pouvait pas se corriger, il s'abandonna au découragement et prit la résolution
de ne plus se confesser. Son confesseur, qui ne le voyait plus venir au temps
marqué, voulut faire un nouvel effort pour ramener cette pauvre âme au bon
Dieu. Il va le trouver dans un moment où il était seul à travailler. Ce pauvre
jeune homme, voyant venir le prêtre, se mit à pousser des soupirs et des cris
lamentables. « Qu'avez-vous, mon ami, lui dit le prêtre ? – Oh ! jamais je ne me corrigerai, et j'ai résolu de tout
abandonner. – Que dites-vous, mon cher ami ? je sais,
au contraire, que si vous voulez faire ce que je vais vous dire, vous vous
corrigerez et vous obtiendrez votre pardon. Allez, dès ce moment, vous jeter
aux pieds de la sainte Vierge pour lui demander votre conversion et venez
ensuite me trouver. Le jeune homme va dans ce moment se jeter, c'est-à-dire se
prosterner aux pieds d'un autel de la sainte Vierge, et arrosant le pavé de ses
larmes, il la supplia d'avoir pitié d'une âme qui a coûté tout le sang de
Jésus-Christ, son divin Fils, et que le démon veut entraîner en enfer. Dans ce
moment, il sentit naître en lui une si grande confiance, qu'il se leva et alla
se confesser. Il se convertit sincèrement ; toutes ses mauvaises habitudes
furent entièrement détruites, et il servit le bon Dieu toute sa vie. Convenons
tous ensemble que, si nous restons dans le péché, c'est bien parce que nous ne
voulons pas prendre les moyens que la religion nous présente, ni avoir recours
avec confiance à cette bonne Mère, qui aurait aussi bien pitié de nous que tous
ceux qui l'ont priée avant nous.
En cinquième lieu, nous avons dit que la vertu d'espérance nous fait faire
toutes nos actions dans la seule vue de plaire à Dieu, et non au monde. Nous
devons, M.F., commencer à pratiquer cette belle vertu, en nous éveillant, en
donnant notre cœur au bon Dieu avec amour, avec ferveur, pensant combien sera
grande la récompense de notre journée si nous faisons bien tout ce que nous
faisons dans la seule vue de plaire au bon Dieu. Dites-moi, M.F., si, dans tout
ce que nous faisons, nous avions le bonheur de penser à la grande récompense
que le bon Dieu attache à chacune de nos actions, de quels sentiments de
respect et d'amour pour le bon Dieu ne serions-nous pas pénétrés ! Voyez
combien nous aurions des intentions pures en faisant toutes nos aumônes. –
Mais, me direz-vous, quand je fais quelque aumône, c'est bien pour le bon Dieu
et non pour le monde. – Cependant, M.F., nous sommes bien contents quand on
nous voit, quand on nous en loue, nous aimons même à le dire aux autres. Dans
notre cœur nous aimons à y penser, nous nous applaudissons au dedans de
nous-mêmes ; mais si nous avions cette belle vertu dans l'âme, nous ne
chercherions que Dieu seul, le monde n'y serait pour rien, ni nous--mêmes. Ne
soyons pas étonnés, M.F., de ce que nous faisons si mal nos actions. C'est que
nous ne pensons pas véritablement à la récompense que le bon Dieu y attache si
nous les faisons bien pour lui plaire. Lorsque nous rendons service à quelqu'un
qui, bien loin d'être reconnaissant, nous paie d'ingratitude, si nous avions
cette belle vertu d'espérance, nous en serions bien contents en pensant que
notre récompense sera bien plus grande auprès du bon Dieu. Saint François de
Sales nous dit que, si deux personnes se présentaient à
lui pour recevoir quelque bienfait, et qu'il ne pût rendre service qu'à une, il
choisirait celle qu'il penserait lui être la moins reconnaissante, parce que le
mérite serait plus grand auprès du bon Dieu. Le saint roi David disait que
quand il faisait quelque chose, il le faisait toujours en la présence de Dieu,
comme s'il devait être jugé de suite après pour en recevoir la récompense ; ce
qui le portait à bien faire, tout ce qu'il faisait pour plaire à Dieu seul. En
effet, ceux qui n'ont pas cette vertu d'espérance font tout ce qu'ils font pour
le monde, ou pour se faire aimer et estimer, et, par là, en perdent toute la
récompense.
Nous disons que nous devons avoir une grande confiance en Dieu dans nos
maladies et nos chagrins ; c'est précisément là où le bon Dieu nous attend pour
voir si nous lui montrerons une grande confiance. Nous lisons dans la vie de
saint Elzéar, que les gens du monde faisaient
publiquement une raillerie de sa dévotion, et les libertins en faisaient un
jeu. Sainte Delphine lui dit un jour que le mépris qu'on faisait de sa personne
rejaillissait sur sa vertu. « Hélas ! lui dit-il en
pleurant, quand je pense à tout ce que Jésus-Christ a souffert pour moi, je
suis si touché, que, quand on me crèverait les yeux, je n'aurais point de
paroles pour me plaindre, en pensant à la grande récompense de ceux qui
souffrent pour l'amour de Dieu : c'est là toute mon espérance et ce qui me
soutient dans toutes mes peines. » Ce qui est bien facile à comprendre.
Qu'est-ce qui peut consoler dans ses maux une personne malade, sinon la
grandeur de la récompense que le bon Dieu lui promet dans l'autre vie ?
Nous lisons dans l'histoire, qu'un prédicateur étant allé prêcher dans un
hôpital, son sermon fut sur les souffrances. Il montra combien les souffrances
nous acquièrent de grands mérites pour le ciel, et combien une personne qui
souffre avec patience est agréable au bon Dieu. Dans ce même hôpital, il y
avait un pauvre malade qui, depuis bien des années, souffrait beaucoup, mais,
malheureusement, toujours en se plaignant ; il comprit par ce sermon combien il
avait perdu de biens pour le ciel, et, après le sermon, il se mit à pleurer et
à sangloter d'une manière extraordinaire. Un prêtre qui le vit, lui demanda
pourquoi il se livrait à un tel chagrin, si quelqu'un lui avait fait quelque
peine, ajoutant que, en sa qualité d'administrateur, il pouvait lui faire
rendre justice. Ce pauvre homme lui dit : « Oh ! non,
monsieur, personne ne m'a fait tort, mais c'est moi-même qui me suis fait
grandement tort. – Comment ? lui dit le prêtre. – Ah !
monsieur, que de biens j'ai perdus depuis tant
d'années que je souffre, où j'aurais tant mérité pour le ciel, si j'avais eu le
bonheur de souffrir les maladies avec patience. Hélas ! que
je suis malheureux ! moi qui me croyais si à plaindre
; si j'avais bien compris mon état, j'étais le plus heureux du monde. » Hélas,
M.F., que de personnes vont tenir le même langage à l'heure de la mort, et que
leurs peines, si elles avaient eu le bonheur de les souffrir bien pour le bon
Dieu, auraient conduites au ciel ; au lieu qu'elles n'ont servi qu'à les perdre
par le mauvais usage qu'elles en ont fait. L'on demandait un jour à une pauvre
femme qui, depuis bien longtemps, était dans un lit où elle souffrait des maux
affreux, et qui cependant paraissait toujours contente, on lui demandait ce qui
pouvait la soutenir dans un état si pitoyable, elle répondit : « Quand je pense
que le bon Dieu est témoin de mes souffrances et qu'il m'en récompensera pour
l'éternité, j'en ai tant de joie, je souffre avec tant de plaisir, que je ne
changerais pas mon état avec tous les empires du monde ! » Convenez avec moi,
M.F., que ceux qui ont le grand bonheur d'avoir cette belle vertu dans le cœur,
ont bientôt changé leur douleur en douceur.
Hélas ! M.F., si nous voyons tant de personnes malheureuses dans le monde,
maudire leur existence, et passer leur pauvre vie dans une espèce d'enfer, par
les chagrins et le désespoir qui les poursuivent partout ; hélas ! tous ces malheurs ne viennent que de ce qu'elles ne mettent
pas leur confiance en Dieu et ne pensent pas à la grande récompense qui les
attend dans le ciel. Nous lisons dans la vie de sainte Félicité que, craignant
que le plus jeune de ses enfants n'eût pas le courage de souffrir le martyre,
elle lui cria : « Mon fils, regarde le ciel qui sera ta récompense ; encore un
moment, et tes souffrances seront finies. » Ces paroles, sorties de la bouche
d'une mère, fortifièrent tellement ce pauvre enfant qu'il livra, avec une joie
incroyable, son pauvre petit corps à tous les tourments que les bourreaux
voulurent lui faire souffrir. Saint François Xavier nous dit qu'étant chez les
Barbares, il eut à souffrir, sans recevoir aucune consolation de personne, tout
ce que ces idolâtres pouvaient inventer mais qu'il avait tellement mis sa
confiance en Dieu, qu'il avait reconnu que le bon Dieu l'avait toujours secouru
d'une manière visible.
Jésus-Christ, pour nous montrer combien nous devons avoir confiance en lui, et
ne jamais craindre de lui demander tout ce qui nous est nécessaire pour l'âme
et pour le corps, nous dit dans l'Évangile, qu'un homme étant allé pendant la
nuit, demander à un de ses amis trois pains pour donner à un homme qui était
venu le voir ; l'autre lui répondit qu'il était couché avec ses enfants, qu'il
ne fallait pas le déranger. Mais le premier continua de le prier, en disant
qu'il n'avait point de pain pour son ami. L'autre lui donna ce qu'il lui
demandait, non parce que c'était son ami, mais pour se délivrer de son
importunité. De là, conclut Jésus-Christ « Demandez, et l'on vous donnera ;
cherchez et vous trouverez ; frappez, et l'on vous ouvrira ; et vous êtes sûrs
que toutes les fois que vous demanderez à mon Père en mon nom, vous obtiendrez.
»
En sixième lieu, je dis qu'il faut que notre espérance soit universelle,
c'est-à-dire, qu'il faut avoir recours au bon Dieu dans tout ce qui peut nous
arriver. Si nous sommes malades, M.F., ayons une grande confiance en lui,
puisque c'est lui-même qui a guéri tant de malades pendant qu'il était sur la
terre, et si notre santé peut contribuer à sa gloire et au salut de notre âme,
nous sommes sûrs de l'obtenir ; si, au contraire, la maladie nous est plus
avantageuse, il nous donnera la force de la souffrir avec patience, pour nous
en donner la récompense pendant l'éternité. Si nous nous trouvons dans quelque
danger, imitons les trois enfants que le roi avait fait jeter dans la fournaise
de Babylone ; ils mirent tellement leur confiance en Dieu, que le feu ne fit
que brûler les cordes qui les liaient, de sorte qu'ils se promenaient
tranquillement dans la fournaise comme dans un jardin de délices. Sommes-nous
tentés, M.F. ? Mettons notre confiance en Jésus-Christ, et nous sommes sûrs de
ne pas succomber. Il nous a, ce tendre Sauveur, mérité la victoire dans nos
tentations en se laissant tenter lui-même. Sommes--nous, M.F., plongés dans
quelque mauvaise habitude, craignons-nous de ne pas pouvoir en sortir ? ayons seulement confiance en Dieu, puisqu'il nous a mérité
toutes sortes de grâces pour vaincre le démon. Voilà bien, M.F., de quoi nous
consoler dans les misères qui sont inséparables de la vie. Mais voici ce que
nous dit saint Jean Chrysostome : « Pour mériter ce bonheur, il ne faut pas
avoir de présomption, en nous exposant volontairement au danger de pécher. Le
bon Dieu ne nous a promis sa grâce qu'autant que, de notre côté, nous ferons
tout ce que nous pourrons pour éviter les dangers du péché. II faut encore
prendre garde de ne pas abuser de la patience du bon Dieu en restant dans le
péché, sous prétexte que le bon Dieu nous pardonnera, quoique nous retardions
de nous confesser. Prenons bien garde, M.F., tant que nous sommes dans le
péché, nous sommes en grand danger de tomber en enfer, et tout le repentir que
nous avons à la mort, quand nous sommes restés volontairement dans le péché, ne
nous assure guère notre salut ; parce que, pouvant en sortir, nous ne l'avons
pas fait. Ah ! malheureux que nous sommes ; comment
osons-nous rester dans le péché, puisque nous n'avons pas une minute de sûreté
pour notre vie ? Notre Seigneur nous dit qu'il viendra dans le moment que nous
y penserons le moins.
Je dis que si nous ne devons pas trop espérer, il ne faut pas désespérer de la
miséricorde de Dieu, puisqu'elle est infinie. Le désespoir est un plus grand
péché que tous les péchés que nous avons commis, puisque nous sommes sûrs que
jamais le bon Dieu ne nous refusera notre pardon, si nous revenons à lui avec
sincérité. Ce n'est pas la grandeur de nos péchés qui doit nous faire craindre
de ne pas pouvoir obtenir notre pardon, puisque tous nos péchés sont moins
envers la miséricorde de Dieu, qu'un grain de sable envers une montagne. Si
Caïn, après avoir tué son frère, avait voulu demander pardon au bon Dieu, il
était sûr de son pardon. Si Judas s'était jeté aux pieds de Jésus-Christ, pour
le prier de lui pardonner, Jésus-Christ lui aurait remis son péché aussi bien
qu'à saint Pierre.
Mais, en finissant, voulez-vous que je vous dise pourquoi l'on reste si
longtemps dans le péché, et que l'on se tourmente tant pour le moment qu'il
faut s'en accuser ? C'est, M.F., que nous sommes des orgueilleux, et rien
autre. Si nous avions l'humilité pour partage, nous ne resterions jamais dans
le péché, nous ne craindrions nullement de les accuser. Demandons au bon Dieu,
M.F., le mépris de nous-mêmes, nous craindrons le péché et nous le confesserons
aussitôt que nous l'aurons commis. Je conclus en vous disant qu'il nous faut
souvent demander au bon Dieu cette belle vertu d'espérance, qui nous fera faire
toutes nos actions dans l'intention de plaire à Dieu seul. Prenons bien garde
dans nos maladies, dans nos chagrins, de jamais nous
désespérer. Pensons que toutes ces choses sont des biens que le bon Dieu nous
envoie pour être la matière de notre récompense éternelle. Je vous la
souhaite...