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12ème DIMANCHE APRÈS
Sur
(DEUXIÈME SERMON)
Diliges Dominum Deum tuum.
Vous aimerez le Seigneur votre
Dieu.
(S. Luc, X, 27.)
Adorer Dieu, M.F., et l'aimer, c'est la plus belle fonction de l'homme sur la terre ; puisque, par cette adoration, nous nous rendons semblables aux anges et aux saints qui sont dans le ciel. Ô mon Dieu ! quel honneur et quel bonheur pour une vile créature, d'avoir le pouvoir d'adorer et d'aimer un Dieu si grand, si puissant, si aimable et si bienfaisant ! Non, M.F., non, il me semble que Dieu n'aurait pas dû faire ce commandement ; mais seulement nous souffrir prosternés en sa sainte présence. Un Dieu, M.F., nous commander de l'aimer et de l'adorer !... pourquoi cela ; M.F. ? Est-ce que Dieu a besoin de nos adorations et de nos prières ? Dites-moi, M.F., est-ce nous qui plaçons ces rayons de gloire sur sa tête ? Est-ce nous qui augmentons sa grandeur et sa puissance, puisqu'il nous commande de l'aimer sous peine de châtiments éternels ? Ah ! vil néant, créature indigne de ce bonheur, dont les anges même, tout saints et tout purs qu'ils sont, se reconnaissent infiniment indignes, et qui, si Dieu leur permet de se prosterner devant lui, ne le font qu'en tremblant ! Ô mon Dieu ! que l'homme connaît peu son bonheur et son privilège !... Mais non, M.F., ne sortons pas de notre simplicité ordinaire. Ah ! M.F., cette pensée, que nous pouvons aimer et adorer un Dieu si grand, nous semble si au-dessus de nos mérites, qu'elle nous arrache de la voie de la simplicité. Ah ! M.F., pouvoir adorer Dieu, l'aimer et le prier ! Ô mon Dieu, quel bonheur !... qui pourra jamais-le comprendre ?... Non, M.F., toutes nos adorations et toute notre amitié n'ajoutent rien au bonheur et à la gloire de notre Dieu ; mais, comme le bon Dieu ne veut que notre bonheur ici-bas, il sait qu'il ne se trouve que dans l'amour que nous aurons pour lui, et que tous ceux qui le chercheront hors de lui, ne le trouveront jamais. De sorte, M.F., que, quand le bon Dieu nous ordonne de l'aimer et de l'adorer, c'est qu'il veut nous forcer à être heureux. Voyons donc tous ensemble, 1? en quoi consiste cette adoration que nous devons à Dieu et qui nous rend si heureux, et 2? comment nous devons la lui rendre.
I. – Si vous me demandez maintenant, M.F., ce que c'est qu'adorer Dieu. Le
voici. C'est à la fois croire à Dieu et croire en Dieu. Remarquez bien, M.F.,
la différence qu'il y a entre croire à Dieu et croire en Dieu. Croire à Dieu,
qui est la foi des démons, c'est croire qu'il y a un Dieu, qu'il existe, qu'il
récompense la vertu et punit le péché. Ô mon Dieu ! que
de chrétiens n'ont pas la foi des démons ! Ils nient l'existence de Dieu, et,
dans leur aveuglement épouvantable et leur frénésie, osent soutenir qu'après ce
monde, il n'y a ni punition ni récompense. Ah ! malheureux,
si la corruption de votre cœur vous a portés jusqu'à un tel excès
d'aveuglement, allez, interrogez un possédé du démon, il vous apprendra ce que
vous devez croire de l'autre vie ; il vous dira que, nécessairement, le péché
est puni et la vertu est récompensée. Oh ! quel
malheur, M.F. ! Quand la foi est éteinte dans un cœur, de quelles extravagances
n'est-on pas capable ? Mais, quand nous disons croire en Dieu, c'est
reconnaître qu'il est notre Dieu, notre Créateur, notre Rédempteur, et que nous
le prenons pour notre modèle ; c'est le reconnaître comme Celui dont nous
dépendons en toutes choses, pour l'âme et pour le corps ; pour les choses
spirituelles et pour les temporelles ; comme Celui de qui nous attendons tout,
et sans lequel nous ne pouvons rien. Nous voyons dans
Adorer Dieu, M.F., c'est lui offrir un sacrifice de tout nous-même,
c'est-à-dire, M.F., être soumis à sa sainte volonté dans les croix, les
afflictions, les maladies, les pertes de biens, et être prêt à donner
volontiers notre vie pour son amour, s'il le faut. Disons, encore mieux, M.F.,
c'est lui faire une offrande universelle de tout ce que nous sommes : je veux
dire, de notre corps par un culte extérieur, et de notre âme avec toutes ses
facultés, par un culte intérieur. Expliquons cela, M.F., d'une, manière plus
simple. Si je demandais à un enfant : Quand faut-il adorer Dieu, et comment
faut-il l'adorer ? il me répondrait : « Le matin et le
soir, et souvent dans la journée, c'est-à-dire, toujours. » C'est-à-dire, M.F.,
que nous devons faire sur la terre ce que les anges et les saints font dans le
ciel. Le prophète Isaïe nous dit qu'il vit Notre Seigneur assis sur un beau
trône de gloire ; les séraphins l'adoraient avec un si grand respect, qu'ils
couvraient leurs faces et leurs pieds de leurs ailes, et ils chantaient
continuellement : « Saint, Saint, saint, est le grand Dieu des armées, gloire,
honneur, adoration, lui soient rendus dans tous les siècles .
»
Nous lisons dans
II. – Je dis donc, M.F., que nous devons souvent adorer Dieu, 1? de corps : c'est-à-dire qu'il faut nous mettre à genoux,
quand nous voulons adorer Dieu, pour lui montrer le respect que nous avons en
sa sainte présence. Le saint roi David adorait le Seigneur sept fois par jour , et il se tenait si longtemps à genoux ; qu'il avoue
lui-même, qu'à force de prier, et, en priant, de se tenir à genoux, ses genoux
étaient devenus faibles et infirmes . Le prophète Daniel, étant à Babylone, se
tournait contre Jérusalem, et adorait Dieu trois fois le jour
. Nôtre Seigneur lui-même, qui n'avait nullement besoin de prier, pour
nous en donner l'exemple, passait souvent les nuits entières à prier , à
genoux, le plus souvent la face contre terre ; comme il le fit dans le jardin
des Olives. Il y a eu quantité de saints qui ont imité Jésus-Christ dans sa
prière. Saint Jacques adorait souvent Dieu, non seulement à genoux, mais encore
la face contre terre ; en sorte que son front, à force de toucher la terre,
était devenu dur comme la peau d'un chameau . Nous
voyons, dans
Surtout, M.F., après avoir donné notre cœur à Dieu en nous éveillant, nous
étant débarrassés de toutes pensées qui n'ont pas rapport à Dieu, nous étant
habillés avec modestie, sans perdre la présence de Dieu, il faut faire notre
prière avec autant de respect qu'il est possible, et un peu longue si nous le
pouvons. Il faut prendre bien garde de ne jamais rien faire avant d'avoir fait
ses prières : comme faire son lit, une partie de son ménage, mettre sa marmite
sur le feu, appeler ses domestiques ou ses enfants, aller donner à manger aux
bêtes, ni ne jamais rien commander à ses enfants et à ses domestiques, avant
qu'ils aient fait leur prière. Si vous le faisiez, vous seriez les bourreaux de
leurs pauvres âmes, et, si vous l'avez fait, il faut vous en confesser et ne
plus y retourner. Rappelez-vous bien que c'est le matin que le bon Dieu nous
prépare toutes les grâces qui sont nécessaires pour passer saintement la
journée. De sorte que, si nous faisons mal notre prière ou si nous ne la
faisons pas, nous perdons toutes les grâces que le bon Dieu nous avait
destinées pour rendre nos actions méritoires. Le démon sait combien il est
avantageux pour un chrétien de bien faire sa prière ; il n'oublie aucun moyen
de nous la faire faire mal, ou manquer. Il disait un jour, par la bouche d'un
possédé, que, s'il pouvait avoir le premier moment de la journée, il était sûr
d'avoir tout le reste.
Pour faire votre prière comme il faut, il faut prendre de l'eau bénite, afin
d'éloigner de vous le démon, et faire le signe de la croix, disant : « Mon
Dieu, par cette eau bénite et par le Sang précieux de Jésus-Christ votre Fils ;
lavez-moi, purifiez-moi de tous mes péchés. » IL faut bien nous persuader que
si nous le faisons avec foi, nous effacerons tous nos péchés véniels, en
supposant que nous n'en ayons point de mortel. Ô mon Dieu ! un
chrétien peut-il bien commettre un péché mortel qui lui ravit le ciel, le
sépare de son Dieu pour toute l'éternité !... Ô mon Dieu, quel malheur, et,
cependant, si peu connu du pécheur !
Je dis que nous devons faire notre prière à genoux, et non couché sur une chaise
ou contre un lit, ni devant le feu ; quoique l'on puisse s'appuyer les mains
sur le dossier d'une chaise. Il faut commencer notre prière par un acte de foi,
la plus vive qu'il nous est possible, en nous pénétrant vivement de la présence
de Dieu, c'est-à-dire, de la grandeur d'un Dieu si bon, qui veut bien nous
souffrir en sa sainte présence, nous, qui, depuis bien longtemps, mériterions
d'être abîmés dans les enfers. Il faut bien prendre garde de ne jamais se
déranger, ni déranger ceux qui font leur prière, à moins que ce ne soit bien
nécessaire : parce qu'on est cause qu'ils s'occupent de nous ou de ce que nous
leur disons ; ils font mal leur prière, et, par conséquent, nous en sommes la
cause. Si maintenant vous me demandez aussi comment il faut faire pour adorer,
c'est-à-dire, prier Dieu continuellement ; car l'on ne peut pas être à genoux
toute la journée. Rien de plus facile ; écoutez-moi un instant, et vous allez
voir qu'on peut adorer Dieu et le prier, sans quitter son travail, en quatre
manières ; mais cela, après avoir bien fait sa prière à genoux. Je dis en
quatre manières : par pensées, par désirs, par paroles, par actions. Je dis 1? par pensée. Quand on aime quelqu'un, ne trouve-t-on pas un
certain plaisir à y penser ? Eh bien ! M.F., qui nous empêche de penser à Dieu
pendant la journée, tantôt en pensant aux souffrances que Jésus-Christ a
endurées pour nous ; combien il nous aime, combien il désire nous rendre
heureux, puisqu'il a bien voulu mourir pour nous ; combien il a été bon de nous
faire naître dans le sein de l'Église catholique, où nous trouvons tant de
moyens de nous rendre heureux, c'est-à-dire, de nous sauver ; tandis que tant
d'autres n'ont pas le même bonheur. De temps en temps, dans le courant du jour,
portons nos pensées et nos désirs vers le ciel, pour y contempler d'avance les
biens et le bonheur que le bon Dieu nous y prépare après un moment de combat.
Cette seule pensée, M.F., qu'un jour nous irons y voir le bon Dieu, et que nous
serons délivrés de toute sorte de peine, ne devrait-elle pas nous consoler dans
nos croix ? Si nous sommes chargés de quelque fardeau, pensons vite que nous
sommes à la suite de Jésus-Christ, portant sa croix pour l'amour de nous ;
unissons nos souffrances et nos peines à celles de ce divin Sauveur. Sommes-nous
pauvres ? portons notre pensée dans la crèche : voyons
et contemplons notre aimable Jésus couché sur une poignée de paille, sans
aucune ressource humaine. Et, si vous voulez, regardez-le encore, mourant sur
une croix, dépouillé même de ses habits. Sommes-nous calomniés ? pensons, M.F., aux blasphèmes que l'on a vomis contre lui
pendant sa passion, lui qui était la sainteté même. De temps en temps, pendant
la journée, faisons prononcer à notre cœur ces douces paroles : « Mon Dieu, je
vous aime, et je vous adore avec tous vos saints anges et tous vos saints qui
sont dans le ciel. » Notre Seigneur dit un jour à sainte Catherine de Sienne :
« Je veux, que tu fasses une retraite dans ton cœur et que tu t'y enfermes avec
moi, et que tu me tiennes compagnie. » Quelle bonté, M.F., de la part de ce bon
Sauveur, de prendre plaisir à converser avec une chétive créature ! Eh bien !
M.F., faisons de même ; entretenons-nous avec le bon Dieu, notre aimable Jésus,
qui est dans notre cœur par sa grâce. Adorons-le, en lui donnant notre cœur ;
aimons-le, nous donnant tout à lui. Ne passons jamais un jour sans le remercier
de tant de grâces qu'il nous a accordées pendant notre vie ; demandons-lui
pardon de nos péchés, en le priant de n'y plus penser, mais de les oublier pour
l'éternité. Demandons-lui la grâce de ne penser qu'à lui, et de ne désirer que
de lui plaire, dans tout ce que nous ferons pendant toute notre vie. « Mon
Dieu, devons-nous dire, je désire vous aimer autant que tous les anges et tous
les saints ensemble. Je veux unir mon amour à celui que, votre sainte Mère a eu
pour vous, pendant qu'elle était sur la terre. Mon Dieu, quand est-ce que
j'aurai le bonheur de vous aller voir un jour dans le ciel, afin de vous aimer
plus parfaitement ? » Si nous sommes seuls dans nos maisons, qui nous empêche
de nous mettre à genoux ? Quand nous ne ferions que dire : « Mon Dieu, je veux
vous aimer de tout mon cœur, avec tous ses mouvements et toutes ses pensées et
ses désirs ; que le temps me dure de vous aller voir dans le ciel ! »
Voyez-vous, M.F., comme il est facile de nous entretenir avec le bon Dieu et de
le prier continuellement ? Voilà, M.F., ce que c'est que prier toute la
journée.
2? Nous adorons Dieu par le désir du ciel. Comment ne pas désirer de posséder
Dieu, de le voir, ce qui est tout notre bonheur ?...
3? Nous disons que nous devons prier par paroles. Quand nous aimons quelqu'un,
n'avons-nous pas un grand plaisir à nous entretenir de lui et à parler de lui !
Eh bien ! M.F., au lieu de parler de la conduite de l'un et de l'autre ; ce que
nous ne faisons presque jamais sans offenser le bon Dieu ; qui nous empêche de
tourner notre conversation du côté des choses de Dieu, soit en lisant quelque
Vie de Saint, soit en racontant ce que nous avons entendu dans une instruction,
dans un catéchisme ? Entretenons-nous surtout de notre sainte religion ; du
bonheur que nous avons dans la religion chrétienne, des grâces que le bon Dieu
nous y fait. Hélas ! M., F., s'il ne faut qu'une mauvaise conversation pour
perdre une personne, souvent il n'en faut qu'une bonne pour la convertir, ou
lui faire éviter le péché. Combien de fois, après avoir été avec quelqu'un qui
nous à parlé du bon Dieu, nous sommes-nous sentis tout portés au bon Dieu ;
avons-nous pensé à mieux faire !... Voilà ce qui faisait
tant de saints au commencement de l'Église ; toutes les conversations, tous les
discours étaient du bon Dieu. Par là, les chrétiens s'animaient les uns les
autres ; ils concevaient toujours un nouveau goût pour les choses de Dieu.
4? Nous avons dit que nous devons adorer Dieu par nos actions. Rien de plus
facile, de plus méritoire : Si vous désirez savoir comment cela se fait, le
voici. Pour que nos actions soient méritoires et soient une prière continuelle
nous devons d'abord, le matin, offrir toutes nos actions en général ;
c'est-à-dire, tout ce que nous ferons pendant la journée. Nous disons au bon
Dieu, avant de commencer : « Mon Dieu, je vous offre toutes les pensées, les
désirs, les paroles et les actions que je ferai pendant ce jour ; faites-moi la
grâce de les bien faire et dans la seule vue de vous plaire. » Ensuite, de
temps en temps, pendant la journée, nous renouvelons notre offrande, en disant
à Dieu : « Vous savez, mon Dieu, vous savez que je vous ai promis dès le matin
de tout faire pour l'amour de vous. » Si nous faisons quelque aumône, dirigeons
notre intention, en disant : « Mon Dieu, recevez cette aumône, ou ce service
que je vais rendre à mon prochain ; c'est pour vous demander telle grâce. » Une
fois, vous les ferez en l'honneur de la mort et passion de Jésus-Christ, pour
obtenir votre conversion ou celle de vos enfants, de vos domestiques ou
d'autres personnes qui vous intéressent ; une autre fois, en l'honneur de la
très sainte Vierge, pour demander sa sainte protection pour vous et pour
d'autres. Si l'on nous commande quelque chose qui nous répugne, disons au bon
Dieu : « Mon Dieu, je vous offre cela pour honorer le moment où l'on vous a
fait mourir pour moi. » Faisons-nous quelque chose qui nous fatigue bien ? offrons-le au bon Dieu, afin qu'il nous délivre des peines
de l'autre vie. Lorsque nous nous reposons un moment, regardons le ciel qui, un
jour, sera notre demeure. Voyez, M.F., si nous avions le bonheur de nous
comporter de cette manière, combien nous gagnerions pour le ciel, en ne faisant
que ce que nous faisons, mais en le faisant uniquement pour Dieu, et dans la
seule vue de lui plaire. Saint Jean Chrysostome nous dit que trois choses se
font aimer : la beauté, la bonté et l'amour. « Eh bien ! nous
dit ce grand saint, le bon Dieu renferme toutes ces qualités. » Nous lisons
dans
Nous lisons dans
Dites-moi, M.F., l'aimons-nous comme ce saint, nous qui semblons nous faire une
espèce de plaisir de l'offenser, nous qui ne voulons pas faire le moindre
sacrifice pour éviter le péché ? Dites-moi, M.F., aimons-nous le bon Dieu en
manquant nos prières, en les faisant sans respect et sans dévotion ? Que de
fois nous ne nous mettons pas seulement à genoux ? Aimons-nous le bon Dieu,
M.F., lorsque nous ne donnons pas même le temps de prier le bon Dieu à nos
domestiques ou à nos enfants ? Aimions-nous le bon Dieu, M.F., lorsque nous
avons mangé de la viande les jours défendus ? Dites-moi, M.F., aimons-nous le
bon Dieu lorsque nous travaillons les saints jours du dimanche ? Aimons-nous le
bon Dieu lorsque nous sommes sans respect dans l'église, que nous y dormons,
causons et tournons la tête ou que nous sortons dehors, pendant les offices ?
Hélas ! M.F., disons-le en gémissant, que de fantômes d'adorateurs ! Hélas ! que de chrétiens qui ne sont chrétiens que de nom !
En troisième lieu, nous disons que nous devons aimer le bon Dieu parce qu'il
est infiniment bon. Quand Moïse demanda au Seigneur de lui faire voir sa face,
il lui dit : « Moïse, si je te fais voir ma face, je te montrerai l'abrégé et
l'assemblage de tous les biens . » Nous lisons dans
l'Évangile qu'une femme s'étant prosternée devant Notre Seigneur, l'appela «
Bon Maître. » Notre Seigneur lui dit : « Pourquoi m'appelez-vous Bon Maître, il
n'y a que Dieu seul qui soit bon ; » voulant
nous dire qu'il est la source de toute sorte de biens. Sainte Madeleine de
Pazzi nous dit qu'elle voudrait avoir assez de force pour se faire entendre aux
quatre coins du monde, afin de dire à tous les hommes d'aimer le bon Dieu de
tout leur cœur, parce qu'il est infiniment aimable. Nous lisons dans
Nous lisons dans l'histoire que, en tourmentant saint Poly-carpe, ses bourreaux
lui disaient : « Pourquoi est-ce que vous n'adorez pas les idoles ? » – «
C'est, leur dit-il, que je ne peux pas ; parce que je n'adore qu'un seul Dieu,
créateur du ciel et de la terre. ». – « Mais, lui disaient-ils, si vous ne
faites pas ce que nous voulons, nous vous ferons mourir. » – « Je consens
volontiers à mourir, mais jamais je n'adorerai le démon. » – « Mais quel mal
trouvez-vous à dire : Seigneur César, et à sacrifier, pour sauver votre vie ? »
– « Je ne le ferai pas, je préfère mourir. » – « Jure par la fortune de César,
lui dit le juge, et dis des injures à ton Christ. » Le saint lui dit : «
Comment pourrais-je dire des injures à mon Dieu : il y a quatre-vingts ans que
je le sers, et il ne m'a fait que du bien. » Le peuple, tout en fureur
d'entendre la manière dont il répondait au juge, s'écria : « C'est le docteur
de l'Asie, le père des chrétiens ; livrez-le nous. ». – « Écoute, juge, lui dit
le saint évêque, voici ma religion : je suis chrétien, je sais souffrir,
mourir, et non dire des injures à mon Sauveur Jésus-Christ qui m'a tant aimé et
qui mérite tant d'être aimé ! » – « Si tu ne veux pas obéir, lui dit le juge,
je te ferai brûler tout vif. » – « Le feu dont vous me menacez ne dure qu'un
moment ; mais vous ne connaissez pas celui de la justice de Dieu, qui brûlera
éternellement les impies. Que tardez-vous ! voilà mon
corps prêt à recevoir tous les tourments que vous pourrez inventer. » Tous les
païens se mirent à crier : « Il mérite la mort, qu'il soit brûlé vif. » Hélas !
tous ces malheureux préparent le bûcher, comme des
désespérés, et pendant ce temps-là, saint Polycarpe se prépare à la mort, et
remercie Jésus-Christ de lui faire part de son calice. Le bûcher étant prêt, on
prit notre saint et on le jeta dedans ; mais les flammes, moins cruelles que
les bourreaux, respectaient notre saint et faisaient autour de lui comme un
voile, de sorte que son corps n'en reçut aucun dommage : ce qui obligea le
persécuteur à le faire poignarder dans son bûcher. Le sang coula avec tant
d'abondance que le feu en fut tout éteint . Voilà,
M.F., ce que l'on appelle aimer le bon Dieu parfaitement, c'est l'aimer plus
que sa vie même. Hélas ! où trouverions-nous des
chrétiens, dans le malheureux siècle où nous vivons, qui fissent cela pour le
bon Dieu ? Hélas ! qu'ils seraient semés bien clairs !
Mais aussi, qu'il en est peu qui iront au ciel !
Nous devons aimer le bon Dieu à cause des biens que nous en recevons
continuellement. D'abord, notre premier bienfait, c'est notre création. Nous
avons le bonheur d'être doués de tant de bel-les qualités : un corps et une âme
formés par la main du Tout-puissant ; une âme
qui ne doit jamais périr, qui est destinée à aller passer son éternité avec les
anges dans le ciel ; une âme, dis-je, qui est capable de connaître Dieu, de
l'aimer et de le servir ; une âme qui est le plus bel ouvrage de la très sainte
Trinité, une âme que Dieu seul surpasse. En effet toutes les créatures qui sont
sur la terre périront ; au lieu que notre âme ne sera jamais détruite. Ô mon
Dieu si nous étions tant soit peu pénétrés de ce bienfait, ne passerions-nous
pas toute notre vie en actions de grâces, à la vue d'un don si grand et si
précieux ?
Un autre bienfait qui n'est pas moindre, M.F., c'est le don que le Père éternel
nous a fait de son Fils, qui a souffert et enduré tant de tourments pour nous
racheter, après que nous nous fûmes vendus au démon par le péché d'Adam. Quel
autre plus grand bienfait pouvait-il nous faire que d'établir une religion si
sainte et si consolante pour tous ceux qui la connaissent et qui ont le bonheur
de la pratiquer. Saint Augustin dit : « Ah ! belle
religion, si l'on te méprise, c'est bien parce que l'on ne te connaît pas. » «
Non, M.F., nous dit saint Paul, vous n'êtes plus vous-mêmes, vous avez été
rachetés tous par le sang d'un Dieu fait homme . » « Ô mes enfants, nous dit
saint Jean, quel honneur pour de viles créatures d'avoir été adoptées pour les
enfants de Dieu même, pour les frères de Jésus-Christ ! Quelle charité ; nous
dit-il, que nous soyons appelés enfants de Dieu et que, véritablement, nous le
soyons ; et qu'avec cette qualité si glorieuse,
il nous promette encore le ciel ! »
Examinez encore, si vous voulez, tous ces bienfaits particuliers : il nous a
fait naître de parents chrétiens, il nous a conservé la vie, malgré que nous
fussions ses ennemis ; il nous a tant de fois pardonné nos péchés, il nous a
prodigué tant de grâces pendant toute notre vie. Après tout cela, M.F., est-il
bien possible que nous n'aimions pas un Dieu si bon et si bienfaisant ? Ô mon
Dieu ! quel malheur est comparable ! Nous lisons dans
l'histoire, qu'un homme avait tiré une épine de la patte d'un lion ; ce même
lion fut pris au bout de quelque temps pour être mis avec les autres dans la
fosse. Cet homme, qui lui avait tiré son épine, fut condamné à être dévoré par
les lions. Étant dans la fosse pour y être dévoré, ce lion le reconnut.
Bien loin de le dévorer, il se jeta à ses pieds, et se laissa dévorer parles
autres lions en défendant son bienfaiteur.
Ah ! ingrats que nous sommes, est-il bien possible que
nous passions notre vie, sans vivre de manière à montrer au bon Dieu que nous
lui sommes reconnaissants de tous ses bienfaits ? Comprenez, si vous le pouvez,
M, F., quelle sera notre honte, un jour, lorsque le bon Dieu nous montrera que
les bêtes sans raison ont été plus reconnaissantes des moindres bienfaits
qu'elles ont reçus des hommes, et que nous, comblés de tant de grâces, de
lumières et de biens, bien loin d'en remercier notre Dieu, nous ne faisons que
l'offenser ! Ô mon Dieu ! quel malheur est comparable
à ce-lui-là ! Il est rapporté dans
Nous disons que nous devons aimer le bon Dieu parce qu'il nous le commande.
Saint Augustin s'écrie, en nous parlant de ce commandement : «Ô aimable
commandement ! Mon Dieu ! qui suis-je, pour que vous
me commandiez de vous aimer ? Si je ne vous aime pas, vous me menacez de
grandes misères : est-ce donc une petite misère que de ne pas vous aimer ? Quoi
! mon Dieu, vous me commandez de vous aimer ?
N'êtes-vous pas infiniment aimable ? N'est-ce pas déjà trop que vous vouliez
nous le permettre ? Ô quel bonheur pour une créature aussi misérable que nous
de pouvoir aimer un Dieu si aimable ! Ah ! grâce
inestimable, que vous êtes peu connue ! »
Nous lisons dans l'Évangile qu'un docteur de la loi dit un jour à
Jésus-Christ : « Maître, quel est le plus grand de tous les commandements ? »
Jésus-Christ lui répondit, le voici : « Vous aimerez le Seigneur de tout votre
cœur, de toute votre âme et de toutes vos forces, » Saint Augustin nous dit : «
Si vous avez le bonheur d'aimer le bon Dieu, vous deviendrez, en quelque sorte,
semblable à lui ; si vous aimez la terre, vous deviendrez tout terrestre ; mais
si vous aimez les choses du ciel, vous deviendrez tout céleste. » Ô mon Dieu ! quel bonheur de vous aimer ; puisque vous aimant nous
recevons toutes sortes de biens. Non, M.F., ne soyons pas étonnés si tant de
grands du monde ont quitté le brouard du siècle
pour aller s'ensevelir dans des forêts ou entre quatre murs, pour ne plus rien
faire autre qu'aimer Dieu. Voyez un saint Paul, ermite, dont toute l'occupation,
pendant quatre-vingts ans, fut de prier et aimer le bon Dieu le jour et la
nuit. Voyez encore un saint Antoine auquel il semble que les nuits ne soient
pas assez grandes pour louer, dans le silence, son Dieu et son Sauveur, et qui
se plaint que le soleil vient trop vite . Aimer le bon
Dieu, M.F., ah ! quel bonheur, quand nous aurons le
bonheur de le comprendre ! Jusqu'à quand, M.F., aurons-nous de la répugnance
pour faire un ouvrage qui devrait faire tout notre bonheur dans ce monde et
notre félicité dans l'éternité ?... Aimer Dieu, M.F., ah ! quel
bonheur !... Mon Dieu, donnez-nous la foi et nous vous aimerons de tout notre
cœur.
Je dis que nous devons aimer le bon Dieu à cause des grands biens que nous en
recevons. « Dieu, nous dit saint Jean, aime ceux qui l'aiment
. » Dites-moi, M.F., pouvons-nous avoir un plus grand bonheur en ce
monde que d'être aimés de Dieu même ? Ainsi, M.F., le bon Dieu nous aimera
selon que nous l'aimerons, c'est-à-dire que si nous l'aimons beaucoup, il nous
aimera beaucoup ; ce qui nous devrait porter à aimer le bon Dieu autant que
nous le pouvons, et que nous en sommes capables. Cet amour sera la mesure de la
gloire que nous aurons en paradis, elle sera à proportion de l'amour que nous
aurons eu pour lui pendant notre vie ; ceux qui auront plus aimé le bon Dieu en
ce monde auront une plus grande gloire dans le ciel, et l'aimeront davantage ;
parce que la vertu de charité nous accompagnera toute l'éternité, et elle
recevra un nouveau degré dans le ciel. Oh ! M.F., quel bonheur d'avoir beaucoup
aimé le bon Dieu pendant notre vie ! nous l'aimerons beaucoup dans le paradis.
Saint Antoine nous dit qu'il n'y a rien que le démon craigne tant qu'une âme
qui aime le bon Dieu ; et que celui qui aime le bon Dieu porte avec lui la
marque d'un prédestiné ; puisqu'il n'y a que les démons et les réprouvés qui
n'aiment pas le bon Dieu. Hélas ! M.F., le plus grand de tous les malheurs ;
c'est qu'ils n'auront jamais le bonheur de l'aimer. Ô mon Dieu, peut-on bien y
penser et ne pas mourir de regret !... Nous lisons dans
En effet, M.F., quelle est la première demande que l'on nous a faite lorsque
nous sommes venus au catéchisme pour nous instruire de notre religion ? « Qui
vous a créé et conservé jusqu'à présent ? » Nous avons répondu : « C'est Dieu.
» – « Et pourquoi encore ? » « Pour le connaître, l'aimer, le servir et, par ce
moyen, acquérir la vie éternelle. » Oui, M.F., notre unique occupation sur la
terre est d'aimer le bon Dieu ; c'est-à-dire de commencer à faire ce que nous
ferons pendant toute l'éternité. Pourquoi encore devons-nous aimer le bon Dieu
? C'est, M.F., que tout notre bonheur se trouve et ne peut se trouver que dans
l'amour de Dieu. De sorte, M.F., que quand nous n'aimerons pas le bon Dieu,
nous serons toujours malheureux ; et si nous voulons avoir quelques
consolations et quelques adoucissements dans nos peines, nous n'en trouverons
que dans l'amour que nous aurons pour Dieu. Si vous voulez vous en convaincre,
allez trouver le plus heureux selon le monde ; s'il n'aime pas le bon Dieu, il
ne sera que malheureux ; et au contraire, si vous allez trouver le plus
malheureux aux yeux du monde, s'il vous répond qu'il aime Dieu, il est heureux
sous tous les rapports. Ô mon Dieu ! ouvrez donc les
yeux de notre âme, et nous chercherons notre bonheur où nous pouvons le trouver
!
III. – Mais, me direz-vous en finissant, comment devons-nous donc aimer le
bon Dieu ? – Comment il faut l'aimer, M.F. ? Écoutez saint Bernard, il va
lui-même nous l'apprendre en nous disant que nous devons aimer Dieu sans
mesure. « Comme Dieu est infiniment aimable, nous ne pourrons jamais l'aimer
comme il le mérite. » Mais Jésus-Christ, lui-même nous apprend la mesure
dont nous devons l'aimer, en nous disant : « Vous aimerez votre Dieu de toute
votre âme, de tout votre cœur, de toutes vos forces. Vous graverez bien ces
pensées dans votre esprit, et vous apprendrez toutes ces choses à vos enfants.
» Saint Bernard nous dit, qu'aimer le bon Dieu de tout notre cœur, c'est
l'aimer courageusement et avec ferveur : c'est-à-dire, être prêt à souffrir
tout ce que le démon et le monde nous feront souffrir, plutôt que de cesser de
l'aimer. C'est le préférer à tout, et n'aimer rien que pour l'amour de lui.
Saint Augustin disait à Dieu : « Quand mon cœur, ô mon Dieu, sera trop grand
pour vous aimer, alors j'aimerai quelque autre chose avec vous ; mais comme mon
cœur sera toujours trop petit pour vous, et que vous êtes infiniment aimable,
je n'aimerai jamais que vous. » Nous devons aimer le bon Dieu, non seulement
comme nous-mêmes, mais encore plus que nous-mêmes, et être toujours dans la
résolution de donner notre vie pour lui.
Nous pouvons dire que tous les martyrs l'ont véritablement aimé, puisqu'ils ont
préféré souffrir la perte de leurs biens, le mépris, les prisons, les fouets,
les roues, les gibets, le fer et le feu, et enfin tout ce que la rage des
tyrans a pu inventer, plutôt que de l'offenser.
Il est rapporté dans l'histoire des martyrs du Japon, que quand on leur
annonçait l'Évangile et qu'on les instruisait des grandeurs de Dieu, de ses
bontés et de son amour pour les hommes ; surtout quand on leur apprenait les
grands mystères de notre sainte religion, tout ce que le bon Dieu avait fait
pour les hommes : un Dieu naissant dans la pauvreté, un Dieu souffrant et
mourant pour le salut, « oh ! qu'il est bon,
s'écriaient-ils, qu'il est bon le Dieu des chrétiens ! oh
! qu'il est aimable ! » Mais quand on leur disait que
ce même Dieu nous avait fait un commandement par lequel il nous ordonnait de
l'aimer, et que si nous ne l'aimions pas il nous menaçait d'un châtiment
éternel, ils en étaient si étonnés et si surpris qu'ils ne pouvaient en
revenir. « Eh quoi ! disaient-ils, faire à des hommes
raisonnables un précepte d'aimer Dieu, qui nous a tant aimés !... n'est-ce pas
le plus grand de tous les malheurs que de ne l'aimer pas, et n'est-ce pas le
plus grand de tous les bonheurs que de l'aimer ? Eh quoi ! est-ce
que les chrétiens ne sont pas toujours au pied des autels pour adorer leur
Dieu, pénétrés de tant de bonté et tout embrasés de son amour ? » Mais quand on
venait à leur apprendre qu'il y avait des chrétiens qui, non seulement ne
l'aimaient pas, mais encore qui passaient presque toute leur vie à l'offenser :
« Ô peuple ingrat ! ô peuple barbare ! s'écriaient-ils avec indignation, est-il bien possible que
des chrétiens soient capables de telles horreurs ! Ah ! dans
quelle terre maudite habitent donc ces hommes sans cœur et sans sentiments ? »
Hélas ! M.F., si ces martyrs reparaissaient maintenant sur la terre, et qu'on
leur fît le récit de tous outrages que les chrétiens font à chaque instant à
Dieu, à un Dieu si bon qui veut et qui ne cherche que leur bonheur éternel ;
hélas ! M.F., pourraient-ils bien le croire ? Triste pensée, M.F., jusqu'à
présent nous n'avons pas aimé le bon Dieu !....
Non seulement un bon chrétien doit aimer le bon Dieu de tout son cœur ; mais
encore il doit faire tous ses efforts pour le faire aimer des autres hommes.
Les pères et mères, les maîtres et maîtresses doivent user de tout leur pouvoir
pour le faire aimer de leurs enfants et de leurs domestiques. Oh ! qu'un père et une mère auront de mérite auprès du bon Dieu,
si tous ceux qui sont avec eux l'aiment autant qu'il est possible ! – Oh ! que de bénédictions le bon Dieu répandrait sur ces maisons
!... Oh ! que de biens et pour le temps et pour
l'éternité !...
Mais quelles sont les marques par lesquelles nous reconnaîtrons que nous aimons
le bon Dieu ? Les voici, M.F.. C'est si nous pensons
souvent à lui, si notre esprit en est souvent occupé, si nous avons beaucoup de
plaisir, si nous aimons à entendre parler de lui dans les instructions, et dans
tout ce qui peut nous faire rappeler de lui. Si nous aimons le bon Dieu, M.F.,
nous craindrons grandement de l'offenser, nous serons toujours sur nos gardes,
nous veillerons sur tous les mouvements de notre cœur, crainte d'être trompés
par le démon. Mais le dernier moyen, c'est de le lui demander souvent, puisque
son amour vient du ciel. Il faut y porter notre pensée pendant la journée, la
nuit même, en nous éveillant, en produisant des actes d'amour de Dieu, lui
disant : « Mon Dieu, faites-moi la grâce de vous aimer autant qu'il est
possible que je vous aime. » Il faut avoir une grande dévotion à la sainte
Vierge qui a aimé le bon Dieu, elle seule, plus que tous les saints ensemble :
avoir une grande dévotion au Saint-Esprit, surtout à neuf heures du matin. Ce
fut le moment où le Saint-Esprit descendit sur les apôtres, pour les embraser
de son amour . A midi, il faut nous rappeler le
mystère de l'Incarnation, où le fils de Dieu s'est incarné dans le sein de la
bienheureuse Vierge Marie, en lui demandant de descendre dans nos cœurs, comme
il descendit dans le sein de sa bienheureuse Mère . A trois heures, il faut
nous représenter ce bon et charitable Sauveur, qui meurt pour nous mériter un
amour éternel. Nous devons, dans ce moment, produire un acte de contrition,
pour lui témoigner le regret que nous avons de l'avoir offensé.
Concluons, M.F., que puisque notre bonheur ne peut se trouver que dans l'amour
que nous aurons pour Dieu, nous devons grandement craindre le péché, puisque
lui seul nous le fait perdre. Allez, M.F., puiser cet amour divin dans les
sacrements que vous pouvez recevoir ! Allez à la table sainte avec un grand
tremblement et avec une grande confiance, puisqu'il est notre Dieu, notre
Sauveur et notre Père, qui ne veut que notre bonheur ; je vous le souhaite...