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Deuxieme mystere
joyeux du Rosaire ( chapelet ) :

Visitation de
1 - d’après les visions de
Anne Catherine Emmerich ( le texte qui suit )
2 – d’apres
les visions de Maria Valtorta, cliquez
ici pour y accéder
La maison de Zacharie était
sur une colline isolée. Il y avait alentour des groupes de maisons. Un ruisseau
assez fort descendait de la montagne.
Il me sembla que c'était le moment où Zacharie revenait chez lui de Jérusalem
après les fêtes de Pâques. Je vis Elisabeth, poussée par un désir inquiet,
aller assez loin de sa maison sur la route de Jérusalem, et Zacharie qui
revenait, tout effrayé de la rencontrer à une si grande distance de chez elle
dans la situation où elle se trouvait. Elle lui dit qu'elle avait le coeur très
agité, et qu'elle était poursuivie par la pensée que sa cousine ..Marie de
Nazareth venait la voir. Zacharie chercha à lui faire perdre cette idée ; il
lui fit entendre par signes et en écrivant sur une tablette combien il était
peu vraisemblable qu'une nouvelle mariée entreprit en ce moment un si grand
voyage. Ils revinrent ensemble à la maison.
Elisabeth ne pouvait renoncer à son espérance, car elle avait appris en songe
qu'une femme de son sang était devenue la mère du Messie promis. Elle avait
pensé alors à Marie, avait conçu un ardent désir de la voir et l'avait vue en
esprit venant vers elle. Elle avait préparé dans sa maison, à droite de
l'entrée, une petite chambre avec des sièges. C'était là qu'elle était assise
le lendemain, toujours dans l'attente, et regardant si Marie arrivait Bientôt
elle se leva et s'en alla sur la route au-devant d'elle.
Élisabeth était une femme âgée, de grande taille : elle avait je visage petit
et de jolis traits ; sa tête était enveloppée. Elle ne connaissait la sainte
Vierge que de réputation. Marie, la voyant de loin, connut que c'était elle, et
s'en alla en toute hâte à sa rencontre, précédant saint Joseph, qui
discrètement resta en arrière. Marie fut bientôt parmi les maisons voisines
dont les habitants, frappés de sa merveilleuse beauté et émus d'une certaine
dignité surnaturelle qui était dans toute sa personne, se retirèrent
respectueusement quand elle rencontra Élisabeth. Elles se saluèrent amicalement
en se tendant la main. En ce moment, je vis un point lumineux dans la sainte
Vierge, et comme un rayon de lumière qui partait de là vers Élisabeth, et dont
celle-ci reçut une impression merveilleuse. Elles ne s'arrêtèrent pas en
présence des hommes ; mais, se tenant par le bras, elles gagnèrent la maison
par la cour placée en avant : à la porte de la maison, Élisabeth souhaita
encore la bienvenue à Marie, et elles entrèrent.
Joseph, qui conduisait l'âne, arriva dans la cour, remit l'animal à un
serviteur et alla chercher Zacharie dans une salle ouverte sur le côté de la
maison. Il salua avec beaucoup d'humilité le vieux prêtre ; celui-ci l'embrassa
cordialement et s'entretint avec lui au moyen de la tablette sur laquelle il
écrivait, car il était muet depuis que l'ange lui avait apparu dans le temple.
Marie et Élisabeth, entrées par la porte de la maison, se trouvèrent dans une
salle qui me parut servir de cuisine. Ici elles se prirent par les bras. Marie
salua Élisabeth très amicalement, et elles appuyèrent leurs joues l'une contre
l'autre. Je vis alors quelque chose de lumineux rayonner de Marie jusque dans
l'intérieur d'Élisabeth ; celle-ci en fut tout illuminée ; son coeur fut agité
d'une sainte allégresse et profondément ému. Elle se retira un peu en arrière
en élevant la main, et pleine d'humilité, de joie et d'enthousiasme, elle
s'écria : " Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et le fruit de vos
entrailles est béni. D'où me vient ceci que la mère de mol Seigneur vienne à
moi ? Voici qu'aussitôt que la voix de votre salutation est venue à mes
oreilles, l'enfant que je porte a tressailli de joie dans mon sein. vous êtes
heureuse d'avoir cru : ce qui vous a été dit par le Seigneur s'accomplira
".
Après ces dernières paroles, elle conduisit Marie dans la petite chambre
préparée pour elle, afin qu'elle pût s'asseoir et se reposer des fatigues de
son voyage. Il n'y avait que deux pas à faire jusque-là. Mais Marie quitta le
bras d'Élisabeth qu'elle avait pris, croisa ses mains sur sa poitrine et
commença le cantique inspiré : " Mon âme glorifie le Seigneur, et mon
esprit est ravi de joie en Dieu mon sauveur, parce qu'il a regardé la bassesse
de sa servante ; car voilà que tous les siècles m'appelleront bienheureuse,
parce que Celui qui seul est puissant a fait en moi de grandes choses, et son
nom est saint, et sa miséricorde s'étend d'âge en âge sur ceux qui le
craignent. Il a déployé la puissance de son bras ; il a dissipé ceux qui
étaient enflés d'orgueil dans les pensées de leur coeur.` il a renversé les
puissants de leur trône, et il a élevé les humbles. Il a rassasié les affamés,
et il a renvoyé les riches avec les mains vides. Il a pris en sa protection
Israel, son serviteur, s'étant souvenu de sa miséricorde, selon la promesse
qu'il avait faite à nos pères, à Abraham et à sa postérité, pour toute la suite
des siècles'.
( d’après les visions et
paroles de Jésus données à Maria Valtorta dans « l’Evangile tel qu’il m’a
été révélé » )
Marie descend de sa monture et s'approche de la grille. Elle
regarde à travers les barreaux et ne voit personne. Alors elle cherche à
manifester sa présence. Une petite femme qui, plus curieuse que les autres l'a
suivie, lui indique un bizarre agencement qui sert de clochette. Ce sont deux
morceaux de métal fixés sur un axe. Quand on remue l'axe avec une corde, ils
battent l'un contre l'autre en faisant un bruit qui imite celui d'une cloche ou
d'un gong.
125>
Marie tire la corde, mais si gentiment que l'appareil tinte légèrement et
personne ne l'entend. Alors, la femme, une petite vieille, tout nez et menton et entre les deux une langue qui en
vaut dix, s'accroche à la corde et tire, tire, tire. Un vacarme à réveiller un
mort. "C'est cela qu'il faut faire. Autrement comment pouvez-vous faire
entendre ? Sachez qu' Élisabeth est vieille, et aussi Zacharie. Et à présent il est
muet et sourd par-dessus le marché. Les domestiques sont aussi vieux, le
savez-vous ? N'êtes-vous jamais venue ? Connaissez-vous
Zacharie ? Vous êtes..."
Pour délivrer Marie de ce déluge de renseignements et de
questions, survient un petit vieux qui boîte. Ce doit être un jardinier ou un
agriculteur, car il a en mains un sarcloir et, attachée à la ceinture,
une serpette. Il ouvre et Marie entre en remerciant la petite vieille mais...
hélas ! sans lui répondre. Quelle déception pour la curieuse !
A peine à l'intérieur, Marie dit : "Je suis Marie de
Joachim et d'Anne, de Nazareth. Cousine de vos maîtres."
Le petit vieux s'incline et salue et se met à crier :
"Sara ! Sara !" Il
rouvre la grille pour faire rentrer l'âne resté dehors parce que Marie, pour se
défaire de la petite vieille importune, s'est glissée vite, vite, à l'intérieur
et que le jardinier, aussi rapide qu'elle, a fermé la grille, au nez de la
commère et, tout en faisant entrer la monture, il dit : "Ah !
grand bonheur et grande peine en cette maison ! Le Ciel a donné un fils à
la stérile, que le Très-Haut en soit béni ! Mais Zacharie est revenu, il y
a sept mois, muet de Jérusalem. Il se fait comprendre par signes ou en
écrivant. Vous l'avez peut-être appris ? La patronne vous a tant désirée
au milieu de cette joie et de cette peine ! Souvent elle parlait de vous
avec Sara et disait : "Si j'avais encore ma petite Marie avec
moi ! Si elle avait encore été au Temple ! J'aurais demandé à
Zacharie de l'amener. Mais maintenant le Seigneur l'a voulue comme épouse à
Joseph de Nazareth. Elle seule pouvait me donner du réconfort dans cette peine
et m'aider à prier Dieu, car elle est si bonne, et au Temple tout le monde la
pleure, A la dernière fête, quand je suis allée avec Zacharie la dernière fois
à Jérusalem pour remercier Dieu de m'avoir donné un fils, j'ai entendu ses
maîtresses me dire : 'Le Temple semble avoir perdu les chérubins de
126> Au
lieu de Sara, voilà, en haut d'un escalier au flanc d'un côté de la maison, une femme
d'âge plutôt avancé, déjà toute ridée avec des cheveux très grisonnants. Ses
cheveux devaient être très noirs parce que très noirs sont encore ses cils et
ses sourcils et qu'elle était très brune, le teint de son visage l'indique
clairement. Contrastant étrangement avec sa vieillesse évidente, sa grossesse
est déjà très apparente, malgré l'ampleur de ses vêtements. Elle regarde en
faisant signe de la main. Elle a reconnu Marie. Elle lève les bras au ciel avec
un : "Oh !" étonné et joyeux et se hâte, autant qu'il lui
est possible, à la rencontre de Marie. Marie aussi toujours réservée dans sa
démarche se met à courir agile comme un faon et elle arrive au pied de
l'escalier en même temps qu'Élisabeth. Marie reçoit sur son cœur avec une vive
allégresse sa cousine qui pleure de joie en la voyant.
Elles restent embrassées un instant et puis Élisabeth se détache
de l'étreinte avec un : "Ah !" où se mêlent la douleur et
la joie et elle porte la main sur son ventre grossi. Elle penche son visage,
pâlissant et rougissant alternativement. Marie et le serviteur tendent les
mains pour la soutenir parce qu'elle vacille comme si elle se sentait mal. Mais
Élisabeth, après être restée une minute comme recueillie en elle-même, lève un
visage tellement radieux qu'il semble rajeuni. Elle regarde Marie avec
vénération en souriant comme si elle voyait un ange et puis elle s'incline en
un profond salut en disant :
"Bénie es-tu parmi toutes les
femmes ! Béni le Fruit de ton sein ! (elle prononce ainsi deux
phrases bien détachées). Comment ai-je mérité que vienne à moi, ta servante,
127> Marie, avec deux larmes, qui comme des perles descendent de ses
yeux qui rient vers sa bouche qui sourit, le visage levé vers le ciel et les
bras levés aussi, dans la pose que plus tard, tant de fois aura son Jésus,
s'écrie :
"Mon
âme magnifie son Seigneur " et elle continue le cantique comme il nous a été transmis.
A la fin, au verset : "Il a secouru Israël son serviteur...
etc..." elle croise les mains sur sa poitrine, s'agenouille, prosternée
jusqu'à terre en adorant Dieu.
Le serviteur s'était respectueusement éclipsé quand il avait vu
qu'Élisabeth ne se sentait plus mal et qu'elle confiait ses pensées à Marie. Il
revient du verger avec un vieillard imposant aux cheveux blancs et à la barbe
blanche, qui de loin, avec de grands gestes et des sons gutturaux, salue Marie.
"Zacharie arrive" dit Élisabeth en touchant à l'épaule
Marie se lève et va à la rencontre de Zacharie et s'incline
devant lui jusqu'à terre. Elle embrasse le bord du vêtement blanc qui le couvre
jusqu'à terre. Il est très ample ce vêtement et attaché à la taille par un
large galon brodé.
Zacharie par gestes souhaite la bienvenue, et ensemble ils
rejoignent Élisabeth. Ils entrent tous dans une vaste pièce très bien disposée.
Ils y font asseoir Marie et lui font servir une tasse de lait qu'on vient de
traire - il écume encore - avec des petites galettes.
Élisabeth donne des ordres à la servante, finalement apparue avec
les mains enfarinées et des cheveux encore plus blancs, qu'ils ne le sont
en réalité à cause de la farine dont ils sont saupoudrés. Peut-être était-elle
en train de faire le pain. Elle donne aussi à un serviteur, que j'entends appeler Samuel, l'ordre de porter le coffre de
Marie dans une chambre qu'elle lui indique. Tous les devoirs d'une maîtresse de
maison à l'égard de son hôte.
Marie répond entre temps aux questions que lui fait Zacharie en
écrivant avec un stylet sur une tablette enduite de cire. Je comprends, par les
réponses, qu'il lui parle de Joseph, et qu'il lui demande comment elle se
trouve épousée. Mais je comprends aussi que Zacharie n'a eu aucune lumière
surnaturelle sur l'état de Marie et sa condition de Mère du Messie. 128>
C'est Élisabeth qui, approchant de son mari et lui mettant affectueusement une
main sur l'épaule comme pour une chaste caresse, lui dit : "Marie est
mère, elle aussi. Réjouis-toi de son bonheur." Mais elle n'ajoute rien.
Elle regarde Marie et Marie la regarde mais ne l'invite pas à en dire plus, et
elle se tait.