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Quatrieme mystere
lumineux du Rosaire ( chapelet ) :

Transfiguration de Jesus Christ
1- d’après les visions et paroles de Jésus
données à Maria Valtorta dans « l’Evangile tel qu’il m’a été
révélé » :
2
- puis d’après les visions de Anne
Catherine Emmerich , cliquez ici pour y accéder
Qui parmi les hommes n'a jamais vu, au moins une
fois, une aube sereine de mars ? S'il s'en trouve quelqu'un, c'est un
grand infortuné car il ignore une des grâces les plus belles de la nature,
quand elle se réveille au printemps, redevenue vierge, petite fille, comme elle
devait l'être au premier jour.
248>
C'est une grâce pure dans tout ce qu'elle présente,
depuis les herbes nouvelles où brille la rosée, jusqu'aux fleurettes qui s'ouvrent
comme des enfants qui naissent, jusqu'au premier sourire de la lumière du jour,
jusqu'aux oiseaux qui s'éveillent dans un frôlement d'ailes et qui disent leur
premier "cip ?" interrogateur qui prélude à tous leurs discours
mélodieux de la journée, jusqu'à l'odeur même de l'air qui a perdu pendant la
nuit, par l'action de la rosée et l'absence de l'homme, toute souillure de
poussière, de fumée et d'exhalaisons de corps humains. C'est dans cette grâce
que cheminent Jésus, les apôtres et les disciples. Avec eux se trouve aussi
Simon d'Alphée. Ils vont vers le sud-est, franchissant les collines qui forment
une couronne autour de Nazareth, ils passent un torrent et traversent une
plaine étroite entre les collines de Nazareth et des montagnes vers l'est. Ces
montagnes sont précédées du cône à moitié coupé du Thabor qui me rappelle
étrangement en son sommet la coiffure de nos carabiniers vue de profil.
Ils le rejoignent. Jésus s'arrête et dit :
"Que Pierre,
Jean
et Jacques
de Zébédée viennent avec Moi sur la montagne. Vous autres disséminez-vous à la
base en vous séparant sur les routes qui la côtoient et prêchez le Seigneur.
Vers le soir, je veux être de nouveau à Nazareth. Ne vous éloignez donc pas. La
paix soit avec vous." Et s'adressant aux trois qu'il a appelés, il
dit : "Allons." Et il commence la montée sans plus se retourner
en arrière et d'un pas si rapide que Pierre a du mal à le suivre.
A un arrêt Pierre, rouge et en sueur, Lui demande hors
d'haleine : "Mais où allons-nous ? Il n'y a pas de maisons sur
la montagne. Au sommet, il y a cette vieille forteresse. Veux-tu aller prêcher
là !"
"J'aurais pris l'autre versant, mais tu vois que je lui
tourne le dos. Nous n'irons pas à la forteresse et ceux qui y sont ne nous
verront même pas. Je vais m'unir à mon Père et je vous ai voulu avec Moi, parce
que je vous aime. Allons, vite !"
"Oh mon Seigneur Ne pourrions-nous marcher un peu plus
doucement et parler de ce que nous avons
entendu et vu hier et qui
nous a tenus éveillés toute la nuit pour en parler ?"
"Aux rendez-vous de Dieu il faut toujours
se rendre rapidement. Allons, Simon Pierre ! Là-haut, je vous ferai
reposer." Et il reprend la montée...
(Jésus dit : "Joignez ici
249>
Je suis avec mon Jésus sur une haute montagne. Avec
Jésus, il y a Pierre, Jacques et Jean. Ils montent encore plus haut et le
regard se porte vers des horizons ouverts dont une belle et tranquille journée
permet de voir nettement les détails jusque dans les lointains.
La montagne ne fait pas partie d'un ensemble
montagneux comme celui de
Elle est très élevée et l'œil peut découvrir un
large horizon. Le lac de Génésareth semble un morceau de ciel descendu pour
s'encadrer dans la verdure, une turquoise ovale enserrée dans des émeraudes de
différentes teintes, un miroir qui tremble et se ride sous un vent léger et sur
lequel glissent, avec l'agilité des mouettes, les barques aux voiles tendues,
légèrement penchées vers l'onde azurine, vraiment avec la grâce du vol d'un
alcyon qui survole l'eau à la recherche d'une proie. Puis, voilà que de
l'immense turquoise sort une veine, d'un bleu plus pâle là où la grève est plus
large, et plus sombre là où les rives se rapprochent et où l'eau est plus
profonde et plus sombre à cause de l'ombre qu'y projettent les arbres qui croissent
vigoureux près du fleuve qui les nourrit de sa fraîcheur. Le Jourdain semble un
coup de pinceau presque rectiligne dans la verdure de la plaine. Des petits
villages sont disséminés à travers la plaine des deux côtés du fleuve.
Quelques-uns sont tout juste une poignée de maisons, d'autres sont plus vastes,
avec déjà des airs de villes. Les grand-routes sont des lignes jaunâtres dans
la verdure. Mais ici, du côté de la montagne, la plaine est beaucoup mieux
cultivée et plus fertile, très belle. On y voit les diverses cultures avec
leurs différentes couleurs riant au beau soleil qui descend du ciel serein. Ce
doit être le printemps, peut-être mars, si je tiens compte de la latitude de
250> Tout à côté de la montagne, sur des collines qui en forment la
base, des collines basses et de peu d'étendue, se trouvent deux petites villes,
l'une vers le sud et l'autre vers le nord. La plaine très fertile s'étend
particulièrement et avec plus d'ampleur vers le sud.
Jésus, après un court arrêt à l'ombre d'un
bouquet d'arbres, qu'il a certainement accordé par pitié pour Pierre qui dans
les montées fatigue visiblement, reprend l'ascension. Il va presque sur la
cime, là où se trouve un plateau herbeux que limite un demi-cercle d'arbres du
côté de la côte.
"Reposez-vous, amis, je vais là-bas pour
prier" et il montre de la main un énorme rocher, un rocher qui affleure de
la montagne et qui se trouve par conséquent non vers la côte mais vers
l'intérieur, vers le sommet.
Jésus s'agenouille sur l'herbe et appuie sa tête
et ses mains au rocher, dans la pose qu'il aura aussi dans sa prière au
Gethsémani. Le soleil ne le frappe pas, car la cime Lui donne de l'ombre. Mais
le reste de l'emplacement couvert d'herbe est tout égayé par le soleil jusqu'à
la limite de l'ombre du bouquet d'arbres sous lequel se sont assis les apôtres.
Pierre enlève ses sandales, en secoue la poussière
et les petits cailloux et il reste ainsi, déchaussé, ses pieds fatigués dans
l'herbe fraîche, presque allongé, la tête sur une touffe d'herbe qui dépasse et
lui sert d'oreiller.
Jacques l'imite, mais pour être plus à l'aise, il
cherche un tronc d'arbre pour s'y appuyer le dos couvert de son manteau.
Jean reste assis et observe le Maître. Mais le
calme de l'endroit, le petit vent frais, le silence et la fatigue viennent
aussi à bout de lui, et sa tête tombe sur la poitrine et les paupières sur ses
yeux. Aucun des trois ne dort profondément, mais ils sont sous le coup de cette
somnolence estivale qui les étourdit.
Ils sont éveillés par une clarté si vive qu'elle
fait évanouir celle du soleil et qui se propage et pénètre jusque sous la
verdure des buissons et des arbres sous lesquels ils se sont installés.
Ils
ouvrent leurs yeux étonnés et ils voient Jésus transfiguré. Il est maintenant
tel que je le vois dans les visions du Paradis, naturellement sans les
Plaies et sans la bannière de
Jésus est maintenant debout, je dirais même qu'il
est au-dessus de la terre car entre Lui et la verdure du pré il y a une sorte
de vapeur lumineuse, un espace fait uniquement de lumière et sur lequel il
semble qu'il se dresse. Mais elle est si vive que je pourrais me tromper et
l'impossibilité de voir le vert de l'herbe sous les pieds de Jésus pourrait
venir de cette lumière intense qui vibre et produit des ondes, comme on le voit
parfois dans les incendies. Des ondes, ici, d'une couleur blanche
incandescente. Jésus reste le visage levé vers le ciel et il sourit à une
vision qui le transporte.
Les apôtres en ont presque peur, et ils
l'appellent, car il ne leur semble plus que ce soit leur Maître tant il est
transfiguré. "Maître ! Maître !" appellent-ils doucement
mais d'une voix angoissée.
Lui n'entend pas.
"Il est en extase, dit Pierre tout
tremblant. Que peut-il bien voir ?"
Les trois se sont levés. Ils voudraient
s'approcher de Jésus, mais ils ne l'osent pas.
La
lumière augmente encore avec deux flammes qui descendent du ciel et se placent
aux côtés de Jésus. Quand elles sont arrêtées sur le plateau, leur voile s'ouvre
et il en sort deux personnages majestueux et lumineux. L'un est plus âgé, au
regard perçant et sévère et avec une longue barbe séparée en deux. De son front
partent des cornes de lumière qui m'indiquent que c'est Moïse. L'autre est plus
jeune, amaigri, barbu et poilu, à peu près comme le Baptiste auquel je dirais
qu'il ressemble pour la taille, la maigreur, la conformation et la sévérité.
Alors que la lumière de Moïse est d'une blancheur éclatante comme celle de
Jésus, surtout pour les rayons du front, celle qui émane d'Élie ressemble à la
flamme vive du soleil.
Les deux Prophètes prennent une attitude
respectueuse devant leur Dieu Incarné et bien que Jésus leur parle
familièrement ils n'abandonnent pas leur attitude respectueuse. Je ne comprends
pas un mot de ce qu'ils disent.
Les trois apôtres tombent à genoux, tremblants,
le visage dans les mains. Ils voudraient regarder, mais ils ont peur.
Finalement Pierre parle : "Maître, Maître! Écoute-moi". Jésus
tourne les yeux en souriant vers son Pierre qui s'enhardit et dit : 252> "C'est beau d'être ici avec Toi, Moïse et Élie... Si tu veux,
nous faisons trois tentes pour Toi, pour Moïse et pour Élie, et nous nous
tiendrons ici pour vous servir..."
Jésus le regarde encore et il sourit plus
vivement. Il regarde aussi Jacques et Jean, d'un regard qui les embrasse avec
amour. Moïse aussi et Élie regardent fixement les trois. Leurs yeux
étincellent. Ce doit être comme des rayons qui pénètrent les cœurs.
Les apôtres n'osent pas dire autre chose.
Effrayés, ils se taisent. Ils semblent un peu ivres et comme stupéfaits.
Mais
quand un voile qui n'est pas un nuage ni du brouillard, qui n'est pas un rayon,
enveloppe et sépare les Trois glorieux derrière un écran encore plus brillant
que celui qui les entourait déjà et les cache à la vue des trois, une Voix
puissante et harmonieuse vibre et remplit d'elle-même tout l'espace, les trois
tombent le visage contre l'herbe.
"Celui-ci est mon Fils Bien-Aimé, en qui Je
me suis complu. Écoutez-le."
Pierre, en se jetant à plat ventre,
s'écrie : "Miséricorde pour moi, pécheur ! C'est
Personne n'ose relever la tête, même quand le
silence est redevenu absolu. Ils ne voient donc pas non plus le retour de la
lumière à son état naturel de lumière solaire pour montrer Jésus resté seul et
redevenu le Jésus habituel dans son vêtement rouge. Il marche vers eux en
souriant, il les secoue, les touche et les appelle par leurs noms.
"Levez-vous ! C'est Moi. Ne craignez
pas" dit-il, car les trois n'osent pas lever le visage et invoquent la
miséricorde de Dieu sur leurs péchés, craignant que ce soit l'Ange de Dieu qui
veut les montrer au Très-Haut.
"Levez-vous, donc. Je vous le commande"
répète Jésus avec autorité. Eux lèvent le visage et ils voient Jésus qui
sourit.
"Oh ! Maître, mon Dieu !"
s'écrie Pierre. "Comment ferons-nous pour vivre auprès de Toi, maintenant
que nous avons vu ta Gloire ? Comment ferons-nous pour vivre parmi les
hommes et nous, hommes pécheurs, maintenant que nous avons entendu
"Vous devrez vivre auprès de Moi et
voir ma gloire jusqu'à la fin. Soyez-en dignes car le temps est proche. 253>
Obéissez au Père qui est le mien et le vôtre. Retournons maintenant parmi les
hommes, parce que je suis venu pour rester parmi eux et les amener à Dieu.
Allons. Soyez saints en souvenir de cette heure, soyez forts et fidèles. Vous
aurez part à ma gloire la plus complète. Mais ne parlez pas maintenant de ce
que vous avez vu, à personne, pas même à vos compagnons. Quand le Fils de
l'homme sera ressuscité d'entre les morts, et retourné dans la gloire de son
Père, alors vous parlerez. Parce qu'alors il faudra croire pour avoir part à
mon Royaume."
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( d’apres les visions de Anne Catherine Emmerich
)
Ce matin, de bonne heure,
Jésus, avec quelques disciples, partit de l'hôtellerie d'Adadremmon et fit
environ trois lieues à l'est pour aller à Kisloth-Thabor, qui est située au
pied du Thabor, du côté du midi.
Les disciples qu'il avait
envoyés prêcher la veille vinrent les uns après les autres le rejoindre sur le
chemin. A Kisloth, une troupe nombreuse de voyageurs venant de Jérusalem se
rassembla autour de Jésus. Il les enseigna et guérit quelques malades. Dans
l'après-midi, vers deux ou trois heures, il envoya les disciples à droite et à
gauche dans les endroits situés autour du Thabor, pour y enseigner et y guérir.
Lui-même retint près de lui Pierre, Jean et Jacques, et gravit la montagne avec
eux.
Il monta par un sentier qui
faisait plusieurs détours sur le flanc du Thabor. Ils auraient pu arriver plus
vite : mais ils firent environ deux heures de marche, parce que Jésus s'arrêta
souvent avec eux à des endroits et à des grottes où des prophètes avaient
séjourné, leur donna divers éclaircissements et pria avec eux. Ils n'avaient
pas emporté de quoi manger : Jésus le leur avait défendu, leur disant qu'ils
seraient abondamment rassasiés. Sur le sommet de la montagne, d'où l'on a une
vue très belle et très étendue, il y avait un emplacement spacieux entouré d'un
terrassement couvert de gazon et d'arbres touffus. Le sol était couvert de
fleurs et d'herbes odoriférantes. Il y avait un réservoir caché dans le rocher,
et en tirant une cheville on en faisait jaillir une eau très limpide et très
fraîche. Les apôtres lavèrent les pieds de Jésus et les leurs, et se
rafraîchirent. Jésus se rendit avec eux dans un enfoncement situé devant un
rocher, et où s'ouvrait l'entrée d'une grotte semblable à un portail : elle
ressemblait à la grotte de l'agonie, au jardin des Oliviers : il y avait un
caveau où l'on pouvait descendre.
Jésus continua à leur
donner des enseignements ; il leur parla, entre autres choses, de la prière qui
se fait à genoux, et leur dit qu'ils devaient maintenant prier avec ferveur,
les mains élevées. Il leur enseigna aussi l'oraison Dominicale, en y
entremêlant quelques pas. sages des Psaumes. Ils firent cette prière
agenouillés et rangés en demi cercle. Jésus s'agenouilla vis-à-vis d'eux,
appuyé contre un rocher qui sortait de terre, et il leur fit à diverses
reprises une instruction admirable, pleine de profondeur et de suavité,
laquelle traitait de la création et de
et une chaleur extraordinaires, et les disciples étaient comme enivrés de ses
paroles.
Il avait dit en commençant
qu'il voulait leur montrer qui il était, qu'ils allaient le voir glorifié, afin
que leur foi ne fût pas ébranlée lorsqu'ils le verraient outragé, maltraité,
défiguré et livré à la mort. Le soleil était couché et le jour baissait, mais
ils ne s'en aperçurent pas, tant ils étaient captivés par ce qu'il y avait de
surhumain dans son langage et dans toute sa personne. Jésus devint de plus en plus
lumineux, et je vis apparaître autour de lui des esprits célestes. Pierre aussi
les vit, car il interrompit Jésus et lui dit : " Maître, que veut dire
ceci "? Jésus lui répondit : " Ils viennent me servir "! Mais
Pierre, dans son enthousiasme, étendit les mains en avant et s'écria : "
Maître, nous voici! nous voulons vous servir en toutes choses ". Je ne me
souviens plus de la réponse de Jésus. Mais il continua à enseigner : or, avec
ces apparitions d'anges autour de Jésus, des courants successifs d'odeurs
suaves se répandirent dans l'air, et les disciples sentirent en eux comme un
rassasiement extraordinaire et un enivrement céleste. Cependant le Seigneur
devenait de plus en plus lumineux, et il était pour ainsi dire diaphane. Le
cercle dans lequel ils se trouvaient était tellement éclairé au milieu des
ténèbres de la nuit, qu'on pouvait distinguer aussi bien qu'au grand jour les
moindres brins d'herbe de la prairie. Comme cette lumière allait toujours
croissant, les disciples, sous l'empire du ravissement intérieur qu'ils
éprouvaient, se voilèrent la tête et se prosternèrent à terre où ils restèrent
immobiles.
Il était environ minuit
lorsque je vis dans son plus grand éclat cette manifestation de la gloire
divine. Je vis descendre du ciel une voie lumineuse le long de laquelle je vis
se succéder des anges de l'apparence la plus diverse. Quelques-uns étaient
petits et se montraient tout entiers, d'autres ne montraient que leurs visages
qui se détachaient dans la lumière ; plusieurs apparaissaient revêtus d'habits
sacerdotaux, d'autres ressemblaient à des guerriers. Tous avaient un caractère
particulier qui les distinguait. Avec eux venaient, sous des formes diverses,
la consolation, la force, la joie et la lumière : ils étaient continuellement
en action et en mouvement.
Les choses se passaient
ainsi vers minuit. Les apôtres étaient prosternés sur leurs faces, plutôt ravis
en extase que dormants ; alors je vis trois formes lumineuses paraître près de
Jésus dans la lumière. Je ne les vis qu'au moment où elles entrèrent dans la
sphère lumineuse. Elles parurent venir d'une façon toute naturelle, comme
quelqu'un qui passe d'un endroit plongé dans les ténèbres dans un endroit
éclairé. Deux d'entre elles paraissaient plus distinctement et ressemblaient
davantage à des corps : elles adressaient la parole à Jésus, et s'entretenaient
avec lui ; c'étaient Moïse et Elie. La troisième ne parlait pas, elle était
plus légère et plus incorporelle ; c'était Malachie. En ce moment un accès de
toux me réveilla.
J'entendis Moïse et Elie
saluer Jésus, et celui-ci s'entretenir avec eux de
Il était revêtu d'une
longue robe. On reconnaissait en lui un homme d'une grande énergie et un
législateur sévère, mais avec un caractère frappant de pureté, de droiture et
de simplicité. Il dit à Jésus combien il se réjouissait de le voir, lui qui
l'avait tiré d'Egypte ainsi que son peuple, et qui maintenant encore voulait le
racheter. Il rappela plusieurs figures prophétiques de son temps, et dit des
choses pleines d'un sens très profond sur l'agneau pascal et sur l'Agneau de
Dieu. Elle avait une tout autre apparence ; il y avait en lui quelque chose de
plus gracieux, de plus aimable et de plus doux. Mais tous deux avaient un
aspect très différent de celui que présentait l'apparition de Malachie : on
pouvait voir en eux, dans leurs figures et dans tout leur extérieur, quelque
chose d'humain et qui rappelait une vie antérieure : on reconnaissait même dans
leurs visages des traits de famille. Malachie faisait une tout autre impression
: il avait quelque chose de surhumain comme un esprit angélique : c'était comme
une pure force, comme une mission sous forme sensible. (
Or Jésus leur racontait
tout ce qu'il avait eu à souffrir jusqu'alors et tout ce qui l'attendait
encore. Il leur raconta toute sa passion point par point : Elie et Moise
témoignèrent à plusieurs reprises combien ils en étaient touchés et réjouis :
ils ne parlaient que pour compatir à ses peines, pour le consoler, pour lui
exprimer leur vénération, pour louer et glorifier Dieu.
Ils rappelèrent souvent les
figures prophétiques qui se rapportaient à ce que Jésus disait, et ils louaient
Dieu d'avoir Pris son peuple en pitié de toute éternité. Quant à Malachie, il
gardait le silence.
Cependant les disciples se réveillèrent et levèrent la tête ; ils contemplèrent
longtemps la gloire du Seigneur, et ils virent Moïse et Elie. Je ne sais pas
s'ils virent Malachie : toutefois je suis portée a croire que Pierre le vit, à
cause de la question qu'il avait adressée antérieurement touchant les anges.
Lorsque Jésus, décrivant sa Passion, en vint au moment où il devait être élevé
en croix, il étendit les bras comme pour dire : c'est ainsi que le Fils de
l'homme sera élevé : sa face était tournée vers le midi. Alors il fut comme
pénétré tout entier par la lumière, son vêtement devint d'une blancheur
éclatante avec un léger reflet bleuâtre, et je le vis élevé au- dessus de terre
ainsi que les prophètes et même que les trois apôtres.
Cependant les prophètes se
séparèrent de Jésus et disparurent dans l'obscurité, Elie et Moïse au levant,
Malachie au couchant. Et Pierre, tout hors de lui, s'écria dans un transport de
joie : " Maître, il fait bon ici, faisons-y trois tentes, une pour vous,
une pour Moïse et une pour Elie " ! Il ne lui fallait pas d'autre paradis,
plongé comme il l'était dans d'ineffables délices : et par ce nom de tentes, il
entendait des lieux de repos dans la gloire, des demeures de bienheureux. Il
parla ainsi dans le délire de la joie et dans un état de ravissement extatique,
sans savoir ce qu'il disait.
Ce fut quand ils revinrent
à l'état de veille ordinaire que je vis une nuée blanche et lumineuse venir sur
eux, comme la rosée du matin s'étend sur les prairies. Je vis alors le ciel
ouvert au dessus de Jésus et une représentation de la très sainte Trinité,
telle que je la vois souvent, où Dieu le Père apparaît sous la forme d'un
vieillard semblable à un Pontife suprême, ayant à ses pieds d'innombrables
troupes d'anges et de figures célestes rangées par hiérarchies : un torrent de
lumière se répandit sur Jésus, et une voix semblable au doux murmure d'un
souffle léger se fit entendre au-dessus des apôtres : " C'est mon Fils
bien-aimé en lequel je me complais ! Ecoutez-le "! Alors les apôtres
furent saisis de crainte : ils se prosternèrent la face contre terre : ils
reprirent conscience d'eux-mêmes pour la première fois : le souvenir du
glorieux spectacle dont ils avaient été les témoins leur fit sentir
profondément leur faiblesse et leur misère, et ils tremblèrent devant Jésus,
auquel son Père céleste avait rendu en leur présence cet éclatant témoignage.
Alors Jésus alla à eux, les
toucha et leur dit : " Levez-vous et, ne craignez point "! Les
apôtres se levèrent et virent Jésus seul. Il était environ trois heures du
matin ; l'on voyait le ciel blanchir à l'approche de l'aube du jour, et des
nuées chargées de rosée planaient sur la contrée au-dessous d'eux. Ils étaient
très intimidés et très pensifs. Jésus s'entretint avec eux, leur dit qu'il leur
avait fait voir la transfiguration du Fils de l'homme pour fortifier leur foi,
afin qu'ils ne fussent pas ébranlés lorsqu'ils le verraient livré pour les
péchés du monde entre les mains des méchants, afin qu'ils ne se scandalisassent
pas de ses abaissements dont ils devaient aussi être les témoins, et afin
qu'ils pussent alors fortifier les faibles. Il rappela aussi la foi de Pierre,
à qui Dieu avait fait connaître tout cela antérieurement, et parla du rocher
sur lequel il bâtirait son Eglise. Alors ils prièrent encore et descendirent au
lever de l'aurore par la pente nord-ouest de la montagne.
En descendant, Jésus leur
donna encore divers enseignements touchant ce qu'ils avaient vu, et il leur dit
qu'ils ne devaient parler de cette vision à personne jusqu'à ce que le Fils de
l'homme fût ressuscité d'entre les morts. Cet ordre les fit beaucoup réfléchir
: ils étaient, du reste, fort émus et plus respectueux qu'auparavant : depuis
qu'ils avaient entendu la voix qui disait : " Ecoutez-le "! ils
éprouvaient des inquiétudes et des remords en pensant à leurs doutes et à leur
incrédulité passée. Mais en descendant la montagne, à mesure que la lumière du
jour, se répandant sur la terre, les ramenait à leurs impressions accoutumées,
ils se firent part les uns aux autres de la surprise où les avait jetés ces
paroles : " Jusqu'à ce que le Fils de l'homme soit ressuscité
d'entre les morts "! Cependant ils n'osaient pas encore interroger Jésus à
ce sujet.
(9 avril.) Jésus n'était pas encore arrivé au
pied de la montagne que déjà l'on venait à sa rencontre avec un grand nombre de
malades qu'il guérit et consola Tous furent saisis, à sa vue, d'une crainte
respectueuse, car il y avait en lui quelque chose d'extraordinaire, de
surnaturel et de lumineux. Un peu plus bas, une foule nombreuse, dans laquelle
il y avait quelques scribes, était rassemblée autour de ses disciples, qu'il
avait envoyés, la veille, dans le pays d'alentour. Cette troupe qui revenait de
la fête, s'était trouvée avec les disciples dans l'endroit où ils avaient passé
la nuit et les avait accompagnés jusqu'ici pour y attendre Jésus. Ces gens
étaient en pourparler avec les disciples, mais lorsqu'ils virent Jésus, ils
coururent au devant de lui, le saluèrent et furent frappés d'étonnement en le
voyant, car le reflet de sa transfiguration était encore sur lui. Les disciples
en outre soupçonnèrent à la contenance des trois apôtres, lesquels suivaient
Jésus d'un air plus pensif et plus timide que de coutume, qu'il avait dû se
passer entre eux quelque chose d'extraordinaire.