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Quatrieme mystere
joyeux du Rosaire ( chapelet ) :

Présentation de Jésus Christ au Temple de Jérusalem
1 - d’après les visions de
Anne Catherine Emmerich ( le texte qui suit )
2 – d’apres
les visions de Maria Valtorta, cliquez
ici pour y accéder
3 –
enseignements sur ce mystere
LXX - Purification de la
sainte Vierge.
Comme on approchait du jour où la sainte Vierge devait présenter son premier-né
au temple et le racheter suivant les prescriptions de la loi, tout fut préparé
pour que la sainte Famille pût d'abord aller au temple, puis retourner à
Nazareth. Déjà, le dimanche 30 décembre au soir, les bergers avaient pris tout
ce qu'avaient laissé après eux les serviteurs de sainte Anne. La grotte de
Dans la nuit du dimanche au lundi 31 décembre, je vis Joseph et Marie visiter
encore une fois avec l'enfant la grotte de
Le lundi 31 décembre, au point du jour, je vis la sainte Vierge se placer sur
l'âne, que les vieux bergers avaient amené tout harnaché devant la grotte.
Joseph tint l'enfant jusqu'à ce qu'elle se fût installée commodément et le lui
donna. Elle était assise sur un siège : ses pieds, un peu relevés, reposaient
sur une planchette. Elle tenait sur son sein l'enfant, enveloppe dans son grand
voile, et le regardait avec bonheur. Ils n'avaient près d'eux, sur l'Ane, que
deux couvertures et deux petits paquets, entre lesquels Marie était assise. Les
bergers leur firent de touchants adieux et les conduisirent jusqu'au chemin.
Ils ne prirent pas la route par laquelle ils étaient venus, mais passèrent
entre la grotte de
(30 janvier.) Aujourd'hui, je les vis suivre lentement la route, assez courte
du reste, qui va de Bethléhem à Jérusalem. Ils y mirent beaucoup de temps et s'arrêtèrent
souvent. A midi, je les vis se reposer sur des bancs qui entouraient un puits
recouvert d'un toit. Je vis deux femmes venir près de la sainte Vierge et lui
apporter deux petites cruches avec du baume et des petits pains.
L'offrande de la sainte Vierge pour le temple était dans une corbeille
suspendue aux flancs de l'âne. Cette corbeille avait trois compartiments, dont
deux étaient recouverts et contenaient des fruits. Le troisième formait une
cage à jour où l'on voyait deux colombes.
Je les vis vers le soir, à environ un quart de lieue en avant de Jérusalem,
entrer dans une petite maison, tenue par un vieux ménage qui les reçut très
affectueusement. C'étaient des Esséniens, parents de Jeanne Chusa. Le mari
s'occupait de jardinage, taillait les haies et était chargé de quelque chose
relativement au chemin.
(1er février.) Je vis aujourd'hui la sainte Famille passer toute la journée
chez ses vieux hôtes. La sainte Vierge fut presque tout le temps dans une
chambre, seule avec l'enfant, qui était posé sur un tapis. Elle était toujours
en prière et paraissait se préparer pour la cérémonie qui allait avoir lieu.
J'eus à cette occasion des avertissements intérieurs sur la manière dont on
doit se préparer à la sainte communion. Je vis apparaître dans la chambre
plusieurs anges qui adorèrent l'Enfant-Jésus. Je ne sais pas si la sainte
Vierge les vit ; mais je suis portée à le croire, car je la vis très émue. Les
bons hôtes montrèrent toute espèce de prévenances envers la sainte vierge. Ils
devaient avoir un pressentiment de la sainteté de l'Enfant-Jésus.
Le soir, vers sept heures, j'eus une vision relative au vieux Siméon. C'était
un homme maigre, très âgé, avec une barbe courte. Il était prêtre, avait une
femme et trois fils, dont le plus jeune pouvait avoir vingt ans. Je vis Siméon,
qui habitait tout contre le temple, se rendre, par un passage étroit et obscur,
dans une petite cellule voûtée qui était pratiquée dans les gros murs du
temple. Je n'y vis rien qu'une ouverture par laquelle on pouvait voir dans
l'intérieur du temple. J'y vis le vieux Siméon agenouillé et ravi en extase
pendant sa prière. Un ange lui apparut et l'avertit de remarquer le lendemain
matin l'enfant qui serait présenté le premier, parce que cet enfant était le
Messie, après lequel il avait si longtemps soupiré. Il ajouta qu'il mourrait
peu de temps après l'avoir vu. C'était un merveilleux spectacle ; la cellule
était brillante de clarté, et le saint vieillard était rayonnant de joie. Je le
vis ensuite revenir dans sa demeure et raconter, tout joyeux, à sa femme, ce
qui lui avait été annoncé. Quand sa femme fut allée se reposer, je le vis de
nouveau se mettre en prière.
Je n'ai jamais vu les pieux Israélites ni leurs prêtres faire, pendant leur
prière, ces contorsions exagérées que font les Juifs d'à présent ; mais je les
vis quelquefois se donner la discipline. Je vis aussi la prophétesse Anne prier
dans sa cellule du temple, et avoir une vision touchant la présentation de
l'Enfant-Jésus.
(2 février.) Ce matin, avant le jour, je vis la sainte Famille, accompagnée de
ses hôtes, quitter son auberge avec les corbeilles où étaient les offrandes, et
se rendre au temple de Jérusalem. Ils entrèrent d'abord dans une cour entourée
de mur attenante au temple. Pendant que saint Joseph et son hôte plaçaient
l'âne sous un hangar, la sainte Vierge fut accueillie très amicalement par une
femme âgée, qui la conduisit plus loin par un passage couvert. Elles avaient
une lanterne, car il faisait encore sombre. Dès leur entrée dans ce passage, le
vieux Siméon vint au-devant de Marie. Il lui adressa quelques paroles qui
exprimaient sa joie, prit l'enfant qu'il serra contre son coeur, et revint en
hâte au temple par un autre chemin. Ce que l'ange lui avait dit la veille lui
avait inspiré un si vif désir de voir l'enfant après lequel il avait si
longtemps soupiré, qu'il était venu là attendre l'arrivée des femmes. Il
portait de longs vêtements comme les prêtres hors de leurs fonctions. Je l'ai
vu souvent dans le temple, et toujours en qualité de prêtre, mais qui
n'occupait pas un rang élevé dans la hiérarchie. Il se distinguait seulement
par sa grande piété, sa simplicité et ses lumières.
La sainte Vierge fut conduite par la femme qui lui servait de guide jusqu'au
vestibule du temple où la présentation devait avoir lieu : elle y fut reçue par
Anne et par Noémi, son ancienne maîtresse, lesquelles habitaient l'une et
l'autre de ce côté du temple. Siméon, qui était venu de nouveau à la rencontre
de la sainte Vierge, la conduisit au lieu où se faisait le rachat des premiers-nés
: Anne, à laquelle saint Joseph donna la corbeille où était l'offrande, la
suivit avec Noémi. Les colombes étaient dans le dessous de la corbeille ; la
partie supérieure était remplie de fruits. Saint Joseph se rendit par une autre
porte au lieu où se tenaient les hommes.
On savait dans le temple que plusieurs femmes devaient venir pour la
présentation de leurs premiers-nés, et tout était préparé. Le lieu où la
cérémonie eut lieu était aussi grand que l'église principale de Dulmen. Contre
les murs étaient des lampes allumées qui formaient toujours une pyramide. La
flamme sortait à l'extrémité d'un conduit recourbé par un bec d'or qui brillait
presque autant qu'elle. A ce bec était attaché par un ressort une espèce de
petit éteignoir qui, relevé en haut, éteignait la lumière sans qu'elle répandit
d'odeur, et qu'on retirait par en bas lors. qu'on voulait allumer.
Devant une espèce d'autel, au coin duquel se trouvaient comme des cornes,
plusieurs prêtres avaient apporté un coffret quadrangulaire un peu allongé, qui
formait le support d'une table assez large sur laquelle était posée une grande
plaque. Ils mirent par-dessus une couverture rouge, puis une autre couverture
blanche transparente, qui pendait tout autour jusqu'à terre. Aux quatre coins de
cette table turent placées des lampes allumées à plusieurs branches ; au
milieu, autour d'un long berceau, deux plats ovales et deux petites corbeilles.
Ils avaient tiré tous ces objets des compartiments du coffre, où ils avaient
pris aussi des habits sacerdotaux, qu'on avait placés sur un autel fixe. La
table, dressée pour les offrandes, était entourée d'un grillage. Des deux côtés
de cette pièce du temple il y avait des rangées de sièges, dont l'une était
plus élevée que l'autre ; il s'y trouvait des prêtres qui priaient. Siméon
s'approcha alors de la sainte Vierge, qui tenait dans ses bras l'Enfant-Jésus
enveloppé dans une étoffe bleu de ciel et la conduisit par la grille à la table
des offrandes, où elle plaça l'enfant dans le berceau. A partir de ce moment,
je vis le temple rempli d'une lumière dont rien ne peut rendre l'éclat. Je vis
que Dieu y était, et au-dessus de l'enfant, je vis les cieux ouverts jusqu'au
trône de la très sainte Trinité. Siméon reconduisit ensuite la sainte Vierge au
lieu où se tenaient les femmes derrière un grillage. Marie portait un vêtement
couleur bleu de ciel et un voile blanc ; elle était enveloppée dans un long
manteau d'une couleur tirant sur le jaune.
Siméon alla ensuite à l'autel fixe, sur lequel étaient placés les vêtements
sacerdotaux. Lui et trois autres prêtres s'habillèrent pour la cérémonie. Ils
avaient au bras une espèce de petit bouclier, et sur la tête une sorte de
mitre. L'un d'eux se tenait derrière la table des offrandes, l'autre devant ;
deux autres étaient aux petits côtés, et ils récitaient des prières sur
l'enfant.
La prophétesse Anne vint alors près de Marie, lui présenta la corbeille des
offrandes, qui renfermait dans deux compartiments, placés l'un au-dessous de
l'autre, des fruits et des colombes, et la conduisit au grillage qui était
devant la table des offrandes ; elle resta là debout. Siméon, qui se tenait
devant la table, ouvrit la grille, conduisit Marie devant la table, et y plaça
son offrande. Dans un des plats ovales on plaça des fruits, dans l'autre des
nièces de monnaie : les colombes restèrent dans la corbeille.
Siméon resta avec Marie devant l'autel des offrandes le prêtre, placé derrière
l'autel, prit l'Enfant-Jésus, l'éleva en l'air en le présentant vers différents
côtés du temple et pria longtemps. Il donna ensuite l'enfant à Siméon qui le
remit sur les bras de Marie, et lut des prières dans un rouleau placé près de
lui sur un pupitre.
Siméon reconduisit alors la sainte Vierge devant la balustrade, d'où elle fut
ramenée par Anne, qui l'attendait là, à la place où se tenaient les femmes ; il
y en avait là une vingtaine, venues pour présenter au temple leurs
premiers-nés. Joseph et d'autres hommes se tenaient plus loin, à l'endroit qui
leur était assigné. Alors les prêtres, qui étaient devant l'autel, commencèrent
un service avec des encensements et des prières ; ceux qui se trouvaient sur
les sièges y prirent part en faisant quelques gestes, mais non exagérés comme
ceux des Juifs d'aujourd'hui. Quand cette cérémonie fut finie, Siméon vint à
l'endroit où se trouvait Marie, reçut d'elle l'Enfant-Jésus, qu'il prit dans
ses bras, et, plein d'un joyeux enthousiasme, parla de lui longtemps, et en
termes très expressifs. Il remercia Dieu d'avoir accompli sa pro. messe, et
dit, entre autres choses : "C'est maintenant Seigneur, que vous renvoyez
votre serviteur en paix selon votre parole ; car mes yeux ont vu votre salut
que vous avez préparé devant la face de tous les peuples la lumière qui doit
éclairer les nations et glorifier votre peuple d'Israël ".
Jusqu'en 1823, dans le troisième récit da la prédication de Jésus, elle parla
d'un séjour qu'il fit à Hébron, environ dix jours après la mort de saint
Jean-Baptiste, elle vit Jésus, le vendredi 29 Thébet (17 janvier), taire une
instruction sur la lecture du sabbat, qui était tirée de l'Exode (X-XIII), et
qui traitait des ténèbres d'Egypte et du rachat des premiers nés. Elle vit à
cette occasion toute la cérémonie de la présentation de Jésus dans le temple et
raconta ce qui suit : "La sainte vierge présenta l'Enfant-Jésus au temple
le quarante et unième jour après sa naissance. Elle resta à cause d'une fêle
trois jours dans l'auberge située devant la porte de Bethléhem. Outre
l'offrande ordinaire des colombes, elle offrit cinq petites plaques d'or de forme
triangulaire provenant de' présents des trois rois, et donna plusieurs pièces
de belle étoffe pour le' ornements du temple. Joseph, avant de quitter
Bethléhem, vendit à sen cousin la jeune ânesse qu'il lui avait remise en gage
le 30 novembre, Je crois toujours que l'ânesse sur laquelle Jésus entra à
Jérusalem le dimanche des rameaux provenait de cette bête.
Joseph s'était rapproché après la présentation ; ainsi que Marie, il écouta
avec respect les paroles inspirées de Siméon, qui les bénit tous deux, et dit à
Marie : " Voici que celui-ci est placé pour la chute et pour la
résurrection de plusieurs dans Israel, et comme un signe de contradiction ; un
glaive traversera ton âme, afin que ce qu'il y a dans beaucoup de coeurs soit
révélé ".
Quand le discours de Siméon fut fini, la prophétesse Anne fut aussi inspirée,
parla longtemps de l'Enfant-Jésus, et appela sa mère bienheureuse.
Je vis les assistants écouter tout cela avec émotion, mais pourtant sans qu'il
en résultat aucun trouble ; les prêtres même semblèrent en entendre quelque
chose. Il semblait que cette manière enthousiaste de prier à haute voix ne fût
pas tout à fait une chose inaccoutumée, que des choses semblables arrivassent
souvent, et que tout dût se passer ainsi. Tous donnèrent à l'enfant et à sa
mère de grandes marques de respect. Marie brillait comme une rose céleste.
La sainte Famille avait présenté, en apparence, la plus pauvre des offrandes ;
mais Joseph donna secrète. ment au vieux Siméon et à la prophétesse Anne
beaucoup de petites pièces jaunes triangulaires, lesquelles devaient profiter
spécialement aux pauvres vierges élevées dans le temple, et hors d'état de
payer lad frais de leur entretien.
Je vis ensuite la sainte Vierge, tenant l'enfant dans ses bras, reconduite par
Anne et Noémi à la cour où elles l'avaient prise et où elles se firent
réciproquement leurs adieux. Joseph y était déjà avec les deux hôtes ; il avait
amené l'Ane sur lequel Marie monta avec l'enfant, et ils partirent aussitôt du
temple, traversant Jérusalem en allant dans la direction de Nazareth.
<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<
( d’après les visions et
paroles de Jésus données à Maria Valtorta dans « l’Evangile tel qu’il m’a
été révélé » )
194> Je vois partir d'une petite maison très modeste un couple de personnes. D'un petit escalier extérieur descend une très jeune mère avec, entre ses bras, un bébé dans un lange blanc.
195> Je reconnais, c'est notre Maman. C'est toujours elle, pâle et blonde, agile et si gentille en toutes ses démarches. Elle est vêtue de blanc, avec un manteau d'azur pâle qui l'enveloppe. Sur la tête un voile blanc. Elle porte son Bébé avec tant de précautions. Au pied du petit escalier, Joseph l'attend auprès d'un âne gris. Joseph est habillé de marron clair, aussi bien pour l'habit que pour le manteau. Il regarde Marie et lui sourit. Quand Marie arrive près de l'âne, Joseph se passe la bride sur le bras gauche, et prend pour un moment le Bébé qui dort tranquille pour permettre à Marie de mieux s'installer sur la selle. Puis, il lui rend Jésus et ils se mettent en marche.
Joseph marche à côté de Marie en tenant toujours la monture par la bride et en veillant qu'elle marche droit et sans trébucher. Marie tient Jésus sur son sein et, par crainte que le froid ne puisse Lui nuire, elle étend sur Lui un pli de son manteau. Ils parlent très peu, les deux époux, mais ils se sourient souvent.
La route qui n'est pas un modèle du genre se déroule à travers une campagne que la saison a dépouillée. Quelque autre voyageur se rencontre avec les deux ou les croise, mais c'est rare.
Puis voici des maisons qui se découvrent et des murs qui enserrent une ville. Les deux époux entrent par une porte, puis commence le parcours sur le pavé très disjoint de la ville. La marche devient beaucoup plus difficile, soit à cause du trafic qui fait arrêter l'âne à tout moment, soit parce que sur les pierres et les crevasses qui les interrompent il a de continuelles secousses qui dérangent Marie et l'Enfant.
La route n'est pas plane : elle monte bien que légèrement. Elle est étroite entre les hautes maisons aux entrées aussi étroites et basses et aux rares fenêtres sur la rue. En haut, le ciel se montre avec tant de morceaux d'azur de maison à maison ou de terrasse à terrasse. En bas sur la rue, il y a des gens qui crient et croisent, d'autres personnes à pied ou à âne, ou conduisant des ânes chargés et d'autres, en arrière d'une encombrante caravane de chameaux. A un certain endroit passe avec beaucoup de bruits de sabots et d'armes une patrouille de légionnaires romains qui disparaissent derrière une arcade qui enjambe une rue très étroite et pierreuse.
Joseph tourne à gauche et prend une rue plus large et plus belle. J'aperçois l'enceinte crénelée que je connais déjà tout au fond de la rue.
196> Marie descend de l'âne près de la porte où se trouve une sorte d'abri pour les ânes. Je dis "abri" parce que c'est une espèce de hangar ou mieux d'abri couvert jonché de paille avec des piquets munis d'anneaux pour attacher les quadrupèdes. Joseph donne quelque argent à un garçon qui est accouru, pour acheter un peu de foin et il tire un seau d'eau a un puits rudimentaire situé dans un coin, pour la donner a l'âne.
Puis, il rejoint Marie et ils entrent tous deux dans
l'enceinte du Temple. Ils se dirigent d'abord vers un portique où se trouvent
ces gens que Jésus fustigea plus tard vigoureusement : les marchands de
tourterelles et d'agneaux et les changeurs. Joseph achète deux blanches
colombes. Il ne change pas d'argent. On se rend compte qu'il a déjà ce qu'il
faut.
Joseph et Marie se dirigent vers une porte latérale où on accède par huit marches, comme on dirait qu'ont toutes les portes, en sorte que le cube du Temple est surélevé au-dessus du sol environnant. Cette porte a un grand hall comme les portes cochères de nos maisons en ville, pour en donner une idée, mais plus vaste et plus décoré. La il y a à droite et à gauche deux sortes d'autels c'est-à-dire deux constructions rectangulaires dont au début je ne vois pas bien a quoi elles servent. On dirait des bassins peu profonds car l'intérieur est plus bas que le bord extérieur surélevé de quelques centimètres.
Je ne sais si c'est Joseph qui a appelé : voila qu'accourt un prêtre. Marie offre les deux pauvres colombes et moi qui comprends leur sort, je détourne mon regard. J'observe les ornements du très lourd portail, du plafond, du hall. Il me semble pourtant voir, du coin de l’œil, que le prêtre asperge Marie avec de l'eau, Ce doit être de l'eau, car je ne vois pas de tache sur son habit. Puis, Marie, qui, en même temps que les colombes avait donné au prêtre une petite poignée de monnaie (j'avais oublié de le dire), entre avec Joseph dans le Temple proprement dit, accompagnée par le prêtre.
Je regarde de tous côtés. C'est un endroit très orné. Sculptures à têtes d'anges avec rameaux et ornements courent le long des colonnes, sur les murs et le plafond. Le jour pénètre par de longues et drôles fenêtres, étroites, sans vitres naturellement et disposées obliquement sur le mur. Je suppose que c'est pour empêcher d'entrer les averses.
197> Marie s'introduit jusqu'à un certain endroit, puis s'arrête. À quelques mètres d'elle il y a d'autres marches et au-dessus une autre espèce d'autel au-delà duquel il y a une autre construction.
Je m'aperçois que je croyais être dans le Temple et au contraire j'étais au dedans des bâtiments qui entourent le Temple proprement dit, c'est-à-dire le Saint, et au-delà duquel il semble que personne, en dehors des prêtres, ne puisse entrer. Ce que je croyais être le Temple n'est donc qu'un vestibule fermé qui, de trois côtés, entoure le Temple où est renfermé le Tabernacle. Je ne sais si je me suis très bien expliquée, mais je ne suis pas architecte ou ingénieur.
Marie offre le Bébé, qui s'est éveillé et tourne ses petits yeux innocents tout autour, vers le prêtre, avec le regard étonné des enfants de quelques jours. Ce dernier le prend sur ses bras et le soulève à bras tendus, le visage vers le Temple en se tenant contre une sorte d'autel qui est au-dessus des marches. La cérémonie est achevée. Le Bébé est rendu à sa Mère et le prêtre s'en va.
Il y a des gens, des curieux qui regardent. Parmi eux se dégage un petit vieux, courbé qui marche péniblement en s'appuyant sur une canne, Il doit être très vieux, je dirais plus qu'octogénaire. Il s'approche de Marie et lui demande de lui donner pour un instant le Bébé. Marie le satisfait en souriant.
C'est Siméon, j'avais toujours cru qu'il appartenait à la caste sacerdotale et au contraire, c'est un simple fidèle, à en juger du moins par son vêtement. Il prend l'Enfant, l'embrasse. Jésus lui sourit avec la physionomie incertaine des nourrissons. Il semble qu'il l'observe curieusement, parce que le petit vieux pleure et rit à la fois et les larmes font sur sa figure des dessins emperlés en s'insinuant entre les rides et retombant sur la barbe longue et blanche vers laquelle Jésus tend les mains : C'est Jésus, mais c'est toujours un petit bébé et, ce qui remue devant lui, attire son attention et lui donne des velléités de se saisir de la chose pour mieux voir ce que c'est. Marie et Joseph sourient, et aussi les personnes présentes qui louent la beauté du Bébé.
J'entends
les paroles du saint vieillard et je
vois le regard étonné de Joseph, l'émotion de Marie, les réactions du petit
groupe des personnes présentes, les unes étonnées et émues aux paroles du
vieillard, les autres prises d'un fou rire. Parmi ces derniers se trouvent des
hommes barbus et de hautains membres du Sanhédrin qui
hochent la tête. Ils regardent Siméon avec une ironique pitié. 198> Ils doivent penser que
son grand âge lui a fait perdre la tête. Le sourire de Marie s'éteint en une
plus vive pâleur, lorsque Siméon lui annonce la douleur. Bien qu'elle sache,
cette parole lui transperce l'âme. Marie s'approche davantage de Joseph
pour trouver du réconfort; elle serre passionnément son Enfant sur son sein et,
comme une âme altérée, et le boit les paroles d'Anne
qui, étant femme, a pitié de la souffrance de Marie et lui promet que
l'Éternel adoucira l'heure de sa douleur en lui communiquant une force
surnaturelle : "Femme, Celui qui a donné le Sauveur à son peuple ne
manquera pas de te donner son ange pour soulager tes pleurs. L'aide du Seigneur
n'a pas manqué aux grandes femmes d'Israël et tu es bien plus que Judith et que
Yaël. Notre Dieu te donnera un cœur d'or très pur pour résister à la mer de
douleur par quoi tu seras la plus grande Femme de la création,
<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<
"Deux enseignements, qui conviennent à tous, se dégagent de la description que tu as donnée.
Premier enseignement : ce n'est pas au prêtre, plongé dans les rites, et avec l'esprit absent, mais à un simple fidèle que se dévoile la vérité.
Le prêtre toujours en relation avec
L'Esprit de Dieu peut, s'Il le veut, tonner et secouer comme la foudre et
le tremblement de terre même l'esprit le plus fermé. Il le peut. Mais
généralement comme Il est Esprit d'ordre comme est Ordre Dieu en toutes ses
Personnes et en sa manière d'agir, Il se répand et parle, je ne dis pas là où
il rencontre un mérite suffisant pour recevoir son effusion - 199>
car alors il y en aurait bien peu qui auraient cette grâce et toi non plus ne
jouirais pas de ses lumières - mais là où Il voit une suffisante "bonne
volonté" pour attirer cette effusion.
Comment déploie-t-on
cette bonne volonté ? Par une vie qui, dans la mesure du possible, vient
toute de Dieu. Dans la foi, l'obéissance, la pureté, la charité, la générosité,
la prière. Pas dans les pratiques extérieures : dans la prière. Il y a moins de
différence entre la nuit et le jour qu'entre les pratiques et la prière. La
prière c'est une communion d'esprit avec Dieu d'où on sort revigoré et
décidé à être toujours plus de Dieu. La pratique extérieure est une habitude
quelconque avec des buts divers mais toujours égoïstes. Elle vous laisse
comme vous êtes ou même avec en plus un péché de mensonge et de paresse.
Siméon avait cette bonne volonté. La vie ne lui avait pas
épargné les angoisses et les épreuves. Mais il n'avait pas perdu sa bonne
volonté. Les vicissitudes des années n'avaient pas entamé ni ébranlé la foi
qu'il avait dans le Seigneur, dans ses promesses et n'avaient pas interrompu sa
bonne volonté d'être toujours plus digne de Dieu. Et Dieu, avant que les yeux
de son serviteur fidèle ne se ferment à la lumière du soleil, en attendant de
s'ouvrir au Soleil de Dieu, rayonnant des Cieux ouverts à mon ascension après le
Martyre, Dieu lui envoya un rayon de son Esprit qui le dirigea vers le Temple
pour voir
"Conduit par l'Esprit-Saint" dit l'Évangile.
Oh ! si les hommes
savaient quel Ami parfait est l'Esprit-Saint ! Quel Guide ! Quel
Maître ! S'ils l'aimaient et l'invoquaient cet Amour de
Vois, Marie; voyez mes fils. Siméon a attendu toute une longue
vie avant de "voir
Deuxième leçon : les paroles d'Anne. Elle aussi prophétesse voit
en Moi, Nouveau-Né, le Messie. Et cela, étant donné son don prophétique, lui est naturel. 200> Mais, écoute, écoutez
ce que, poussée par la foi et la charité, elle dit à ma Mère. Faites-en une
lumière pour votre esprit qui tremble en ce temps de ténèbres, en cette Fête de
"À qui a donné un
Sauveur ne fera pas défaut le pouvoir de donner son ange pour essuyer tes larmes, vos larmes". Pensez que Dieu s'est donné
Lui-même pour anéantir l’œuvre de Satan dans
les esprits. Ne pourra-t-Il pas vaincre maintenant les satans qui vous
torturent ? Ne pourra-t-Il pas essuyer vos pleurs en mettant en fuite ces
satans et en rendant la paix de son Christ ? Pourquoi ne le Lui
demandez-vous pas avec foi ? Une foi vraie, irrésistible devant laquelle
la rigueur de Dieu, indigné par vos fautes si nombreuses, tombe avec un
sourire, tandis que le pardon arrive apportant l'aide qui en est sa conséquence
et sa bénédiction qui est l'arc-en-ciel au-dessus de cette terre submergée par
un déluge de sang voulu par vous-mêmes ?
Réfléchissez : le Père, après avoir puni les hommes par le Déluge, se dit à Lui-Même et à son Patriarche : "Je ne maudirai plus la terre à cause des hommes parce que les sentiments et les pensées du cœur humain sont inclinés vers le mal dès l'adolescence. Je ne punirai plus tout être vivant comme je l'ai fait" [i][1]. Et il est resté fidèle à sa parole, Il n'a plus envoyé de déluge. Mais vous, combien de fois vous êtes-vous dit et avez-vous dit à Dieu: "Si nous nous sauvons, cette fois, si Tu nous sauves, nous ne ferons plus jamais de guerres, jamais plus" et puis n'en avez-vous pas toujours fait de plus terribles ? Combien de fois, menteurs, et sans respect pour le Seigneur et pour votre parole ? Et pourtant Dieu vous aiderait, encore une fois, si la grande masse des fidèles l'appelait avec une foi et un amour irrésistibles.
Vous tous, qui trop peu nombreux
pour contrebalancer la foule de ceux qui maintiennent toute vive la rigueur de
Dieu, restez cependant dévoués à Dieu en dépit des menaces terribles de l'heure
présente suspendues sur les têtes et qui croissent d'un instant à l'autre.
Mettez votre angoisse aux pieds de Dieu. Lui saura vous envoyer son ange, comme
il a envoyé le Sauveur au monde. Ne craignez pas. Restez unis à