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Troisieme mystere joyeux du Rosaire ( chapelet ) :

Naissance de notre seigneur Jésus Christ
1- d’après les visions et paroles de Jésus
données à Maria Valtorta dans « l’Evangile tel qu’il m’a été
révélé » :
2 - puis d’après les visions de Anne Catherine
Emmerich , cliquez ici pour y accéder
Voilà des espèces de grottes, de caves, dirai-je, plutôt que des écuries, tant elles sont basses et humides. Les plus belles sont déjà occupées. Joseph est accablé.
"Ohé ! Galiléen !" lui crie par derrière un vieil homme. "Là au fond, sous ces ruines, il y a une tanière. Peut-être n'y a-t-il encore personne."
Ils s'approchent de cette "tanière." C'est vraiment une tanière. Parmi les décombres d'un bâtiment en ruines, il y a un refuge, au-delà duquel se trouve une grotte, un trou dans la montagne plutôt qu'une grotte. On dirait que ce sont les fondations d'une ancienne construction auxquelles servent de toit les matériaux étayés par ces troncs d'arbre à peine équarris.
Pour y voir plus clair, car il y a très peu de jour, Joseph sort de l'amadou et un briquet, et allume une petite lampe qu'il sort de la besace qu'il porte en bandoulière. Il entre, Un mugissement le salue. "Viens. Marie, elle est vide, il n'y a qu'un bœuf." Joseph sourit : "Ça vaut mieux que rien ! ..."
Marie met pied à terre et entre.
Joseph a fixé la petite lampe à un clou dans l'un des troncs qui servent de pilier. On voit la voûte couverte de toiles d'araignées, le sol en terre battue et tout disloqué avec des trous, des cailloux, des détritus et des excréments et couvert de tiges de paille. Au fond, un bœuf se retourne et regarde avec ses grands yeux tranquilles pendant que du foin lui pend des lèvres. Il y a un siège grossier et deux pierres dans un coin, près d'une fente. Le noir de ce recoin indique que c'est là qu'on fait du feu.
168> Marie s'approche du bœuf. Elle a froid. Elle lui met les mains sur le cou pour en sentir la tiédeur. Le bœuf mugit et se laisse faire. Il semble comprendre. De même quand Joseph le pousse plus loin pour enlever beaucoup de foin au râtelier et faire un lit pour Marie. Le râtelier est double : celui où mange le bœuf et par-dessus une sorte d'étagère où se trouve une provision de foin. C'est celle-là que prend Joseph. Le bœuf laisse faire. Il fait aussi une place pour l'âne qui, fatigué et affamé, se met tout de suite à manger. Joseph découvre aussi un seau renversé tout cabossé. Il sort parce que dehors il y a un ruisseau et revient avec de l'eau pour l'âne. Puis il s'empare d'une botte formée de branches, déposée dans un coin et essaye de balayer le sol. Ensuite il étend du foin, en fait un lit, près du bœuf dans l'angle le plus sec et le plus abrité. Mais, il le trouve humide ce pauvre foin, et il soupire. Il allume le feu et, avec une patience de chartreux, il sèche le foin par poignées en le tenant près du feu.
Marie, assise sur un tabouret, fatiguée, regarde et sourit. C'est
fini. Marie s'installe de son mieux sur le foin moelleux avec les épaules
appuyées sur un tronc. Joseph complète... l'ameublement en étendant son manteau
qui fait office de tente sur le trou qui sert d'entrée. Un abri très relatif.
Puis il offre du pain et du fromage à
Marie s'allonge, obéissante. Joseph la couvre avec le manteau même de Marie et la couverture qu'elle avait d'abord aux pieds.
"Mais toi... tu auras froid."
"Non, Marie. Je reste près du feu. Tâche de te reposer. Demain ça ira mieux."
Marie ferme les yeux sans se faire prier. Joseph se rencogne dans son coin sur le tabouret avec des brindilles à côté. Il y en a peu. Je ne pense pas qu'elles durent longtemps.
Voici comme ils sont situés : Marie à droite, avec les épaules tournées vers la porte, à moitié cachée par un tronc d'arbre et par le corps du bœuf qui s'est accroupi dans la litière. Joseph à gauche, tourné vers la porte et par conséquent en diagonale, avec le visage tourné vers le feu et les épaules vers Marie. 169> Il se retourne de temps en temps pour la regarder et la voit tranquille, comme si elle dormait. Il utilise peu à peu les branches et les jette une par une sur le feu pour qu'il ne s'éteigne pas, pour qu'il donne de la lumière et pour que ce peu de bois dure. Il n'y a plus que la lueur, tantôt plus vive, tantôt presque morte du feu, car la lampe est à bout de combustible et dans la pénombre se détache seulement la blancheur du bœuf, du visage et des mains de Joseph. Tout le reste n'est qu'une masse qui se fond dans l'épaisseur de la pénombre.
169> Je vois encore l'intérieur de ce pauvre refuge pierreux
où, partageant le sort des animaux, Marie et Joseph ont
trouvé asile.
Le petit feu sommeille ainsi que son gardien. Marie soulève
doucement la tête de sa couche, et regarde. Elle voit Joseph, la tête inclinée
sur la poitrine, comme s'il réfléchissait, et elle pense que la fatigue a
triomphé de sa bonne volonté de rester éveillé. Elle sourit, d'un bon sourire.
Faisant moins de bruit que ne peut en faire un papillon qui se pose sur une
rose, elle s'assied, puis s'agenouille. Elle prie avec un sourire radieux sur
le visage. Elle prie, les bras étendus non pas précisément en croix, mais
presque, les paumes dirigées vers le haut et en avant, et elle ne paraît pas
fatiguée de cette pose pénible. Puis, elle se prosterne, le visage contre le
foin, dans une prière encore plus profonde. Une prière prolongée.
Joseph s'éveille. Il voit le feu presque mort et l'étable presque
dans les ténèbres. Il jette une poignée de brindilles et la flamme se réveille.
Il y ajoute des branches plus grosses, puis encore plus grosses car le froid
doit être piquant, le froid de la nuit hivernale et tranquille qui pénètre
partout dans ces ruines. 170> Le pauvre Joseph tout près comme il l'est de la porte - appelons
ainsi l'ouverture que son manteau essaye d'obstruer - doit être gelé. Il
approche les mains près de la flamme, défait ses sandales et approche ses
pieds. Il se chauffe. Quand le feu est bien pris, et que sa clarté est assurée,
il se tourne. Il ne voit rien, pas même cette blancheur du voile de Marie qui
traçait une ligne claire sur le foin obscur. Il se lève et lentement s'approche
de la couchette.
"Tu ne dors pas, Marie ?" demande-t-il. Il le
demande trois fois, jusqu'à ce qu'elle en prenne conscience et réponde :
"Je prie."
"Tu n'as besoin de rien ?"
"Non, Joseph."
"Essaie de dormir un peu, de reposer au moins."
"J'essaierai, mais la prière ne me fatigue pas."
"Adieu, Marie."
"Adieu, Joseph."
Marie reprend sa position. Joseph pour ne plus céder au sommeil
s'agenouille près du feu et il prie. Il prie avec les mains qui lui couvrent le
visage. Il ne les enlève que pour alimenter le feu et puis il revient à sa
brûlante prière. A part les crépitements du bois et le bruit du sabot de l'âne,
qui de temps en temps frappe le sol, on n'entend rien.
Un faisceau de lumière lunaire se glisse par une fissure du
plafond et semble une lame immatérielle d'argent qui s'en va chercher Marie. Il
s'allonge peu à peu à mesure que la lune s'élève dans le ciel et l'atteint
finalement. Le voilà sur la tête de l'orante. Il la nimbe d'une blancheur
éclatante.
Marie lève la tête comme pour un appel du ciel et elle
s'agenouille de nouveau. Oh ! comme c'est beau ici ! Elle lève sa
tête qui semble resplendir de la lumière blanche de la lune, et elle est
transfigurée par un sourire qui n'est pas humain. Que voit-elle ?
Qu'entend-elle ? Qu'éprouve-t-elle ? Il n'y a qu'elle qui pourrait
dire ce qu'elle vit, entendit, éprouva à l'heure fulgurante de sa Maternité. Je
me rends seulement compte qu'autour d'elle la lumière croit, croit, croit. On
dirait qu'elle descends du Ciel, qu'elle émane des pauvres choses qui
l'environnent, qu'elle émane d'elle surtout.
Son vêtement, d'azur foncé, a à présent la couleur d'un bleu
d'une douceur céleste de myosotis, les mains et le visage semblent devenir
azurés comme s'ils étaient sous le feu d'un immense et clair saphir. Cette
couleur me rappelle, bien que plus légère, celle que je découvre dans la vision
du saint Paradis et aussi celle de la vision de l'arrivée des Mages. 171> Elle se diffuse surtout toujours plus sur les choses, les
revêt, les purifie, leur communique sa splendeur.
La lumière se dégage toujours plus du corps de Marie, absorbe
celle de la lune, on dirait qu'elle attire en elle tout ce qui peut arriver du
ciel. Désormais, c'est elle qui est
La voûte, couverte de fissures, de toiles d'araignées, de
décombres en saillie qui semblent miraculeusement équilibrées, noire, fumeuse,
repoussante, semble la voûte d'une salle royale. Chaque pierre est un bloc
d'argent, chaque fissure une clarté opaline, chaque toile d'araignée un
baldaquin broché d'argent et de diamants. Un gros lézard, engourdi entre deux
blocs de pierre, semble un collier d'émeraude oublié là, par une reine; une
grappe de chauve-souris engourdies émettent une précieuse clarté d'onyx. Le
foin qui pend de la mangeoire la plus haute n'est plus de l'herbe : ce
sont des fils et des fils d'argent pur qui tremblent dans l'air avec la grâce
d'une chevelure flottante.
La mangeoire inférieure, en bois grossier, est devenue un bloc
d'argent bruni. Les murs sont couverts d'un brocart où la blancheur de la soie
disparaît sous une broderie de perles en relief. Et le sol... qu'est-ce
maintenant le sol ? Un cristal illuminé par une lumière blanche. Les
saillies semblent des roses lumineuses jetées sur le sol en signe d'hommage; et
les trous, des coupes précieuses, d'où se dégagent des arômes et des parfums.
Et la lumière croît de plus en plus. L'œil ne peut la supporter.
En elle, comme absorbée par un voile de lumière incandescente, disparaît
Oui, quand la lumière devient supportable pour mes yeux, je vois
Marie avec son Fils
nouveau-né dans ses bras. 172> Un petit Bébé rose et grassouillet qui s'agite et se débat
avec ses mains grosses comme un bouton de rose et des petits pieds qui iraient
bien dans le cœur d'une rose; qui vagit d'une voix tremblotante exactement
comme celle d'un petit agneau qui vient de naître, ouvrant la bouche, rouge
comme une petite fraise de bois, montrant sa petite langue qui bat contre son
palais couleur de rose; qui remue sa petite tête si blonde qu'on la croirait
sans cheveux, une petite tête ronde que
Le bœuf éveillé par la clarté se dresse avec un grand bruit de
sabots et il mugit. L'âne relève la tête et brait. C'est la lumière qui les
réveille, mais j'aime penser qu'ils ont voulu saluer leur Créateur pour
eux-mêmes et pour tous les animaux.
Joseph aussi, qui comme extasié priait avec autant d'intensité
qu'il s'était abstrait de tout ce qui l'entourait, se secoue et entre ses
doigts dont il se couvre le visage, il voit filtrer la lumière étrange. Il
découvre le visage, lève la tête, se retourne. Le bœuf debout, lui cache Marie,
mais elle l'appelle : "Joseph, viens."
Joseph accourt et devant le spectacle s'arrête comme foudroyé de
révérence, il va tomber à genoux là où il se trouve. Mais Marie insiste :
"Viens, Joseph." Elle appuie la main gauche sur le foin et tenant de
la main droite l'Enfant qu'Elle serre sur son cœur, elle se lève et se dirige
vers Joseph qui marche hésitant, pris entre le désir d'avancer et la peur
d'être irrespectueux.
Au pied de la couche les deux époux se rencontrent et se
regardent en pleurant de bonheur.
"Viens" dit Marie "offrons Jésus au Père."
Pendant que Joseph s'agenouille, elle, debout, entre les deux
poutres qui soutiennent la voûte, élève sa Créature entre ses bras et
dit : "Me voici. C'est pour Lui, ô Dieu, que je te dis cette parole.
Me voici pour faire ta volonté. Et avec Lui, moi, Marie et Joseph mon époux.
Voici tes serviteurs, Seigneur. Que soit accomplie par nous, à toute heure et
en toute occasion, ta volonté pour ta gloire et ton amour." Puis Marie se
penche et dit : "Prends, Joseph" et Elle offre l'Enfant.
"Moi ! A Moi ! Oh ! Non ! Je ne suis pas
digne !" Joseph est tout effrayé, anéanti à l'idée de devoir toucher
Dieu.
Mais Marie insiste en souriant : "Tu en es bien digne.
Personne ne l'est plus que toi. C'est pour cela que Dieu t'a choisi. Prends-le,
Joseph, et tiens-le pendant que je cherche les langes."
173> Joseph, rouge comme la pourpre, avance les bras et prend
le petit bourgeon de chair qui crie parce qu'il a froid. Quand il l'a entre les
bras, il ne persiste pas dans l'intention de le tenir par respect éloigné de
lui. Il le serre contre son cœur et éclatant en sanglots : "Oh !
Seigneur ! Mon Dieu !" et il se penche pour baiser ses petits
pieds et les sent glacés. Alors, il s'assoit sur le sol, le serre sur son sein.
Avec son habit marron, avec ses mains il s'ingénie à le couvrir, à le
réchauffer, à le défendre contre la bise nocturne. Il voudrait bien aller du
côté du feu, mais là il y a un courant d'air qui entre par la porte. Mieux vaut
rester où il est. Il vaut mieux même aller entre les deux animaux qui les
protégeront du courant d'air et donneront un peu de chaleur. Il va se mettre
entre le bœuf et l'âne avec les épaules tournées vers la porte, penché sur le
Nouveau-né pour lui faire de sa poitrine une niche dont les parois sont une
tête grise aux longues oreilles et un grand museau blanc aux naseaux fumants et
aux bons yeux humides.
Marie a ouvert le coffre et en a tiré les linges et les langes.
Elle est allée près du feu pour les réchauffer. La voilà qui va vers Joseph et
enveloppe le Bébé dans les linges tiédis, puis elle protège la petite tête avec
son voile. "Où allons-nous le mettre maintenant ?" dit-elle.
Joseph regarde autour, réfléchit... "Attends" dit-il.
"Poussons plus loin les deux animaux et leur foin. Tirons en bas le foin
de la mangeoire qui est plus haut et mettons-le ici à l'intérieur. Le bord de
cette mangeoire le protégera de l'air, le foin lui fera un oreiller et le bœuf
par son souffle le réchauffera un peu." Et Joseph se met à l'ouvrage,
pendant que Marie berce son Petit en le serrant sur son cœur et en appuyant sa
joue sur la petite tête pour la réchauffer.
Joseph ravive le feu sans épargner le bois pour faire une belle
flamme. Il réchauffe le foin et peu à peu le sèche et le met sur le sein pour
l'empêcher de refroidir. Puis, quand il en a assez amoncelé pour faire un petit
matelas à l'Enfant, il va à la mangeoire et l'arrange pour en faire un berceau.
"C'est prêt" dit-il. "Maintenant il faudrait bien une couverture
pour empêcher le foin de le piquer, et pour le couvrir..."
"Prends mon manteau" dit Marie.
"Tu auras froid."
174> "Oh ! cela ne fait rien ! La couverture est
trop rugueuse. Le manteau est doux et chaud. Je n'ai pas du tout froid. Mais
que Lui ne souffre plus."
Joseph prend l'ample manteau de moelleuse laine bleue sombre et
l'arrange en double sur le foin, avec un pli qui penche hors de la crèche. Le
premier lit du Sauveur est prêt.
Et
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( D’après les visions de
Anne Catherine Emmerich )
LII - La sainte Famille
entre dans
(Le vendredi, 23 novembre.) il était déjà tard quand ils arrivèrent devant
l'entrée de la grotte. La jeune ânesse. qui, depuis qu'ils étaient entrés dans
la maison paternelle de Joseph, avait couru de côté et d'autre autour de la
ville, vint alors à leur rencontre et se mit à sauter joyeusement auprès d'eux.
Alors la sainte Vierge dit à Joseph : " voyez, c'est certainement la
volonté de Dieu que nous entrions ici ". Joseph mit l'âne sous l'espèce de
toit qui était en avant de l'entrée de la grotte ; il prépara un siège pour la
sainte Vierge, et elle s'y assit pendant qu'il se procurait de la lumière et
entrait dans la grotte. L'entrée était un peu obstruée par des bottes de paille
et des nattes posées contre les parois. Il y avait aussi dans la grotte même
divers objets qui l'encombraient, Joseph la débarrassa de manière à préparer à
la sainte Vierge une place commode du côté oriental de la grotte. Il attacha
une lampe allumée à la paroi, et fit entrer Marie, qui se plaça sur le lit de
repos qu'il lui avait préparé avec des couvertures et quelques paquets. Il
s'excusa humblement de n'avoir pu lui procurer qu'un si mauvais gîte ; mais
Marie, intérieurement, était contente et joyeuse.
Quand elle se fut installée, Joseph sortit avec une outre de cuir qu'il portait
avec lui, et alla derrière la colline, dans la prairie où coulait un petit
ruisseau ; il remplit l'outre d'eau et la rapporta dans la grotte. Il alla
ensuite dans la ville, où il se procura de petits plats et du charbon. Le
sabbat était proche, et, à cause des nombreux étrangers auxquels manquaient les
choses les plus indispensables, on avait dressé au coin des rues des tables sur
lesquelles étaient les aliments dont ils pouvaient avoir besoin. Je crois qu'il
y avait là des gens qui n'étaient pas Juifs.
Joseph revint, portant des charbons allumés dans une espèce de botte grillée,
il les plaça à l'entrée de la grotte, et alluma du feu avec un petit fagot de
morceaux de bois sec ; il apprêta ensuite un repas, qui se composait de petits
pains et de quelques fruits cuits. Quand ils eurent mangé et prié, Joseph
prépara une couche pour la sainte Vierge. Il étendit sur une litière de jonc
une couverture semblable à celles que j'avais vues dans la maison de sainte
Anne, et plaça une autre couverture roulée pour appuyer la tête. Après avoir
fait entrer l'âne et l'avoir attaché dans un endroit où il ne pouvait pas
gêner, il boucha les ouvertures de la voûte par où l'air venait, et disposa la
place où lui-même devait reposer dans l'entrée de la grotte.
Quand le sabbat commença, il se tint avec la sainte Vierge sous la lampe, et
récita avec elle les prières dur sabbat ; il quitta ensuite la grotte et s'en
alla à la ville. Marie s'enveloppa pour se livrer au repos. Pendant l'absence
de Joseph, je vis la sainte Vierge prier à genoux. Elle s'agenouilla sur sa
couche ; puis elle s'étendit sur la couverture, couchée sur le côté. Sa tête
reposait sur son bras, qui était posé sur l'oreiller. Joseph revint tard. Il
pria encore, et se plaça humblement sur sa couche à l'entrée de la grotte.
(Le samedi, 24 novembre.) Ce jour-là la soeur était très malade et ne put dire
que peu de choses ; elle communiqua pourtant ce qui suit :
La sainte Vierge passa le sabbat dans la grotte de
Joseph alla à Bethléhem avant la fin du` sabbat, et aussitôt que le soleil fut
couché, il acheta quelques objets nécessaires, une écuelle, une petite table
basse, des fruits et des raisins secs, qu'il rapporta à la grotte de
Comme alors la sainte Vierge lui dit que son terme approchait et l'engagea à se
mettre en prières dans sa chambre, il suspendit à la voûte plusieurs lampes
allumées, et sortit de la grotte parce qu'il avait entendu du bruit devant
l'entrée. Il trouva là la jeune ânesse qui, jusqu'alors, avait erré en liberté
dans la vallée des bergers ; elle paraissait toute joyeuse, et jouait et
bondissait autour de lui Il l'attacha sous l'auvent qui était devant la grotte
et lui donna du fourrage.
Quand il revint dans la grotte, et qu'avant d'entrer dans son réduit, il jeta
les yeux sur la sainte Vierge, il la vit qui priait à genoux sur sa couche ;
elle lui tournait le des et regardait du côté de l'orient. Elle lui parut comme
entourée de flammes, et toute la grotte semblait éclairée d'une lumière
surnaturelle. Il regarda comme Moise lorsqu'il vit le buisson ardent ; puis,
saisi d'un saint effroi, il entra dans sa cellule et s'y prosterna la face
contre terre.
LIII - Naissance du Christ.
Je vis la lumière qui environnait la sainte Vierge devenir de plus en plus
éclatante ; la lueur de la lampe allumée par Joseph n'était plus visible.
Marie, sa large robe sans ceinture étalée autour d'elle, était à genoux sur sa
couche, le visage tourné vers l'orient.
Quand vint l'heure de minuit, elle fut ravie en extase. Je la vis élevée de
terre à une certaine hauteur. Elle avait les mains croisées sur la poitrine. La
splendeur allait croissant autour d'elle ; tout semblait ressentir une émotion
joyeuse, même les êtres inanimés. Le roc qui formait le sol et les parvis de la
grotte étaient comme vivants dans la lumière. Mais bientôt je ne vis plus la
voûte ; une voie lumineuse, dont l'éclat augmentait sans cesse, allait de Marie
jusqu'au plus haut des cieux. Il y avait là un mouvement merveilleux de gloires
célestes, qui, s'approchant de plus en plus, se montrèrent distinctement sous
la l'orme de choeurs angéliques. La sainte Vierge, élevée de terre dans son
extase, priait et abaissait ses regards sur son Dieu dont elle était devenue ta
mère, et qui, faible enfant nouveau-né, était couché sur la terre devant elle.
Je vis notre Sauveur comme un petit enfant lumineux, dont l'éclat éclipsait
toute la splendeur environnante, couché sur le tapis devant les genoux de la
sainte Vierge. Il me semblait qu'il était tout petit et grandissait sous mes
yeux ; mais tout cela n'était que le rayonnement d'une lumière tellement
éblouissante que je ne puis dire comment j'ai pu la voir.
La sainte Vierge resta encore quelque temps dans son extase Puis, je la vis
mettre un linge sur l'enfant, mais elle ne le toucha pas et ne le prit pas
encore dans ses bras. Après un certain intervalle, je vis l'Enfant-Jésus se
mouvoir et je l'entendis pleurer ; ce fut alors que Marie sembla reprendre
l'usage de ses sens. Elle prit l'enfant, l'enveloppa dans le linge dont elle
l'avait recouvert et le tint dans ses bras contre sa poitrine. Elle s'assit
ensuite, s'enveloppa tout entière avec l'enfant dans son voile, et je crois
qu'elle l'allaita. Je vis alors autour d'elle des anges, sous forme humaine, se
prosterner devant le nouveau-né et l'adorer.
Il s'était bien écoulé une heure depuis la naissance de l'enfant, lorsque Marie
appela saint Joseph, qui priait encore la face contre terre. s'étant approché,
il se prosterna plein de joie, d'humilité et de ferveur. Ce ne fut que lorsque
Marie l'eut engagé à presser contre son coeur le don sacré du Très-Haut, qu'il
se leva, reçut l'Enfant-Jésus dans ses bras et remercia Dieu avec des larmes de
joie.
Alors la sainte Vierge emmaillota l'Enfant-Jésus. Marie n'avait que quatre
langes avec elle. Je vis ensuite Marie et Joseph s'asseoir par terre l'un près
de l'autre. Ils ne disaient rien et semblaient tous deux absorbés dans la
contemplation. Devant Marie, emmailloté ainsi qu'un enfant ordinaire, était
couché Jésus nouveau né, beau et brillant comme un éclair. "Ah! me
disais-je, ce lieu contient le salut du monde entier, et personne ne s'en
doute.'
Ils placèrent ensuite l'enfant dans la crèche. Ils l'avaient remplie de roseaux
et de jolies plantes sur lesquels était étendue une couverture ; elle était
au-dessus de l'auge creusée dans le roc, à droite de l'entrée de la grotte, qui
s'élargissait là dans la direction du midi. Quand ils eurent mis l'enfant dans
la crèche, tous deux se tiennent à côté de lui versant des larmes de joie et
chantant des cantiques de louange. Joseph arrangea alors le lit de repos et le
siège de la sainte Vierge à côté de la crèche. Je la vis avant et après la
naissance de Jésus habillée d'un vêtement blanc qui l'enveloppait tout entière
Je la vis là pendant les premiers jours, assise, agenouillée, debout ou même
couchée sur le côte et dormant, mais jamais malade ni fatiguée.