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Saint Alphonse-Marie de Liguori
Divers Exercices de
Dévotion en l'Honneur de
la
très sainte vierge Marie avec leurs Pratiques
édition numérique par
jesusmarie.com et Martin V.
sommaire de
l’œuvre :
IIIe
DÉVOTION : Du Rosaire et de
l’Office
Ve
DÉVOTION : De la visite aux images
de Marie
VIIe
DÉVOTION – De l’affiliation aux congrégations de Marie
VIIIe
DÉVOTION – Des aumônes en l’honneur de Marie
IXe
DÉVOTION – Recourir fréquemment à Marie
Xe
DÉVOTION – (Sous ce titre je réunis ici diverses pratiques en l’honneur de
Marie)
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De
l'Ave Maria
Cette salutation angélique est infiniment agréable à la
sainte Vierge, parce qu’il semble que par là on lui renouvelle la joie qu’elle
ressentit quand saint Gabriel lui annonça qu’elle avait été choisie pour être
La pratique de cet hommage consistera 1° à dire chaque
jour, matin et soir, en se levant et se couchant, trois Ave Maria, la face
contre terre, ou du moins à genoux, ajoutant à chaque Ave Maria cette courte
prière : " Par votre pure et immaculée conception, ô Marie, purifiez mon
corps et sanctifiez mon âme. " Demander ensuite à Marie, comme à notre
mère, sa bénédiction, comme faisait toujours saint Stanislas ; et puis se
placer en esprit sous le manteau de Marie, la priant de nous garder de tout
péché, pendant le jour ou la nuit qui doit suivre. Il est bon d’avoir à cette
fin une belle image de Marie auprès du lit.
2° Dire l’Angelus, avec les trois Ave de coutume, le matin,
à midi et le soir. Le premier pape qui attacha une indulgence à cette dévotion
fut Jean XXII. Et cela, comme le rapporte le Père Crasset, à l’occasion d’un
criminel condamné au feu, qui, ayant invoqué Marie la veille de son
Annonciation, demeura au milieu des flammes sans que même ses vêtements en
fussent endommagés. En dernier lieu, Benoît XIII accorda cent jours
d’indulgence à quiconque récite cette prière, et au commencement du mois
indulgence plénière à quiconque la récite après s’être confessé et avoir
communié. Le Père Crasset assure que d’autres indulgences ont été accordées par
Clément X à quiconque ajoute à la fin de chaque Ave Maria ces mots : Deo
gratias et Mariae, c’est-à-dire : Grâces à Dieu et à Marie !
Autrefois au son des cloches on voyait chacun s’agenouiller
pour dire l’Angelus. Maintenant quelques-uns auraient honte de le faire. Mais
saint Charles Borromée n’avait pas honte, lui, de descendre de carrosse ou de
cheval pour le réciter dans la rue, et même quelquefois les genoux dans la
boue. On raconte d’un religieux qui, par paresse, ne s’agenouillait pas au
signal de l’Angelus, qu’il vit le clocher s’incliner trois fois, et l’entendit
lui dire : " Voilà que tu ne fais pas ce que font les créatures inanimées.
" On remarquera que dans le temps pascal, ainsi que l’a expliqué Benoît
XIV, on récite l’antienne Regina Coeli au lieu de l’Angelus, et que depuis les
vêpres du samedi pendant toute la journée du dimanche l’Angelus se dit debout.
3° Saluer la mère de Dieu par l’Ave Maria, toutes les fois
qu’on entend sonner l’horloge. Alphonse Rodriguez saluait Marie à toutes les
heures ; la nuit, quand l’heure sonnait, les anges venaient l’éveiller, afin
qu’il n’y manquât pas une seule fois.
4° En sortant de chez soi, et en rentrant, saluer Marie par
un Ave, afin que dehors et dedans elle nous garde de tout péché ; lui baiser
chaque fois les pieds, comme le pratiquent les pères chartreux.
5° Honorer d’un Ave toute image de Marie que nous
rencontrons. Et, à cette intention, quiconque le pourra, fera placer dans le
mur de sa maison quelque belle image dela Vierge, afin qu’elle soit saluée de
ceux qui passent dans les rues. A Naples, et plus encore à Rome, on voit ainsi
dans les rues un grand nombre de fort belles images de
6° La sainte Église ordonne que toutes les heures
canoniales soient précédées de la salutation angélique, et que par là aussi se
termine l’office l ainsi il serait bien de dire un Ave Maria au commencement et
à la fin de toutes nos actions : je dis de toutes nos actions, soit
spirituelles, comme l’oraison, la confession, la communion, la lecture
spirituelle, l’assistance au sermon et semblables ; soit temporelles, comme
l’étude, les consultations, le travail des mains, le repas, le coucher, etc.
Heureuses les actions qui se trouveront ainsi renfermées entre deux Ave Maria !
Egalement quand on s’éveille le matin, quand on ferme les yeux pour s’endormir,
dans toutes les tentations, dans tous les dangers, dans tous les mouvements de
colère et occasions semblables, réciter toujours un Ave Maria. Mon cher
lecteur, suivez cette pratique, et vous verrez la grande utilité que vous en
retirerez. Faites attention du reste que pour chaque Ave Maria il y ait vingt jours
d’indulgence. Le Père Auriemma rapporte que la sainte Vierge promit à sainte
Mechtilde une bonne mort, si chaque jour elle récitait trois Ave Maria, en
l’honneur de sa puissance, de sa sagesse et de sa bonté. En outre, elle dit
elle-même à la bienheureuse Jeanne de France que rien ne pouvait lui être plus
agréable que l’Ave Maria, surtout récité dix fois en l’honneur de ses dix
vertus. Voyez à ce sujet le Père Marracci, qui cite nombre d’indulgences
attachées à ces dix Ave Maria.
Des
Neuvaines
Les serviteurs de Marie sont pleins d’attention et de
ferveur pour célébrer les neuvaines de ses fêtes ; et en retour la sainte
Vierge se montre alors pleine de tendresse par la distribution de grâces sans
nombre et toutes spéciales. Sainte Gertrude vit un jour sous le manteau de
Marie un groupe nombreux d’âmes que l’auguste reine contemplait avec une tendre
affection, et il lui fut dit que c’étaient des âmes qui dans les jours
précédents s’étaient préparées par des exercices de piété à la fête de l’Assomption.
Les exercices qu’on peut faire dans les neuvaines sont les suivants :
1° Faire l’oraison mentale matin et soir, avec la visite au
Très Saint Sacrement et y joindre neuf fois Pater, Ave, Gloria Patri.
2° Faire trois visites à Marie devant quelqu’une de ses
images, remerciant le Seigneur des grâces qui lui ont été accordées ; et
demande chaque fois à
3° Faire plusieurs actes d’amour, au moins cent ou
cinquante chaque fois, à Marie et à Jésus, puisque nous ne pouvons rien faire
qui soit plus agréable à la divine mère que d’aimer son fils, d’après ce
qu’elle dit elle-même à sainte Brigitte : " Si vous voulez vous attacher à
moi, aimez mon fils Jésus. "
4° Lire chaque jour de la neuvaine pendant un quart d’heure
quelque livre qui traite de ses gloires.
5° Pratiquer quelque mortification extérieure, telle que le
cilice, la discipline ou autre semblable ; jeûner ou même s’abstenir à table,
du moins en partie, de fruits ou d’autres mets que l’on aime ; mâcher aussi des
herbes amères ; et ensuite aux vigiles des fêtes, jeûner au pain et à l’eau ;
mais toutes ces choses avec la permission du père spirituel. Mais les meilleures
mortifications à pratiquer dans ces neuvaines sont les mortifications
intérieures, comme de s’abstenir de voir et d’entendre par curiosité, vivre
retiré, observer le silence, obéir, ne pas répondre avec impatience, supporter
les contradictions, et choses semblables, qui peuvent se pratiquer avec un
moindre risque de vaine gloire et un plus grand mérite ; pour celles-là on n’a
pas besoin de l’autorisation du directeur. L’exercice le plus utile sera de se
proposer au commencement de la neuvaine l’amendement de quelque défaut auquel
on est le plus sujet. Ainsi il sera bon dans chacune des trois visites
conseillées ci-dessus, de demander pardon des chutes passées, renouveler le
ferme propos de n’y plus retomber et implorer l’assistance de Marie. L’hommage le
plus cher à Marie est d’imiter ses vertus ; ainsi, outre ce que nous venons de
dire, on fera bien dans chaque neuvaine de se proposer quelque vertu spéciale
de Marie, qui paraîtra le mieux approprié au mystère la fête. Par exemple, à la
fête de
6° Outre la communion au jour de la fête, on fera bien de
demander encore au père spirituel qu’il l’accorde plusieurs autres fois dans la
neuvaine. Le Père Segneri disait que nous ne pouvons mieux honorer Marie que
par Jésus ; et Marie elle-même a révélé à une sainte âme, qu’on ne pouvait lui
offrir rien de plus agréable que la sainte communion, parce que Jésus-Christ y
recueille dans les âmes le fruit de sa passion ; aussi la sainte Vierge ne
paraît-elle rien tant désirer de la part de ses serviteurs que la communion,
puisqu’elle leur dit : " Venez, mangez de mon pain, et buvez le vin que
j’ai préparé pour vous. " (Prov. IX, 5)
7° Enfin, le jour de la fête, après la communion, il faut
se dédier au service de cette divine Mère, et lui demander la grâce de la vertu
qu’on s’est proposée dans la neuvaine, ou bien quelque autre grâce spéciale. Il
sera bon également de choisir tous les ans entre les fêtes de
Du
Rosaire et de l’Office
On sait que la dévotion du très saint rosaire a été révélée
à saint Dominique par la sainte Vierge elle-même. Un jour que le saint était
plongé dans l’affliction et se plaignait à Marie des hérétiques albigeois, qui
dans ces temps là faisaient beaucoup de mal à l’Église, elle lui dit : "
Ce terrain sera toujours stérile jusqu’à ce que la pluie y tombe. " Saint
Dominique comprit alors que cette pluie était la dévotion du rosaire qu’il
devait publier. En effet, le saint alla prêcher en tous lieux cette dévotion ;
elle fut embrassée par tous les catholiques à tel point, qu’aujourd’hui il
n’est pas de dévotion plus en usage parmi les fidèles de tout rang que celle du
très saint rosaire. Que n’ont pas dit les hérétiques modernes, Calvin, Bucer et
autres, pour la discréditer ? mais les grands avantages que le monde entier a retiré
de cette excellente dévotion sont assez connus. Combien qui par le moyen de
cette pratique ont été délivrés du péché ! combien qui ont été conduits à une
vie sainte ! combien qui ont fait une bonne mort et maintenant son sauvés ! On
peut lire tous les ouvrages qui en parlent ; mais qu’il suffise de savoir que
cette dévotion a été approuvée par l’Église, et que les souverains pontifes
l’ont enrichie d’indulgences. Toute personne qui récite la troisième partie du
rosaire, gagne une indulgence de soixante et dix mille années, ceux qui le
récitent en entier quatre-vingt mille, et plus encore si on le récite devant la
chapelle du rosaire. Benoît XIII en dernier lieu attacha au rosaire pour
quiconque en récite au moins un tiers sur un chapelet bénit par les dominicains,
toutes les indulgences qui sont attachés au chapelet de sainte Brigitte,
c’est-à-dire cent jours pour tout Ave Maria et Pater noster que l’on récite. De
plus ceux qui récitent le rosaire gagnent l’indulgence plénière dans toutes les
fêtes principales de Marie et de la sainte Église, ainsi que des saints de
l’ordre de Saint-Dominique, pourvu qu’on visite leurs églises après s’être
confessé et communié. Mais on remarquera que tout cela s’entend uniquement des
personnes inscrites dans le livre du rosaire ; celles-ci gagnent encore le jour
où elles s’inscrivent, après s’être confessées et avoir communié, une
indulgence plénière ; et si elles portent le rosaire, une indulgence de cent
ans ; enfin, si elles font l’oraison mentale une demi-heure par jour, une
indulgence de sept ans chaque fois qu’elles la font, et une indulgence plénière
au commencement du mois.
Or, pour gagner les indulgences attachées à la récitation
du rosaire, il faut en même temps méditer les mystères de chaque dizaine tels
qu’ils sont indiqués dans plusieurs ouvrages ; et si quelqu’un ne les savait
pas, il suffirait de méditer quelqu’un des mystères de la passion de
Jésus-Christ, comme la flagellation, la mort, etc. Il faut ensuite réciter le
rosaire avec dévotion, et à ce sujet on remarquera ce que la sainte Vierge
elle-même dit à la bienheureuse Eulalie, savoir, que cinq dizaines récitées
posément et avec dévotion, lui étaient plus agréables que quinze récitées à la
hâte et avec moins de dévotion. Ainsi, on fera bien de réciter le rosaire à
genoux, et devant quelque image de la sainte Vierge ; comme aussi de faire au
commencement de chaque dizaine un acte d’amour à Jésus et à Marie, en leur
demandant quelque grâce. On remarquera en outre qu’il vaut mieux réciter le
rosaire en commun que de le réciter seul.
Quant au petit office de
Il est un grand nombre d’entre les serviteurs de Marie, qui
tous les samedis et aux veilles de ses fêtes, ont coutume de lui offrir un
jeûne au pain et à l’eau. On sait que le samedi est un jour consacré par
l’Église en l’honneur de
Quant aux grâces signalées dont
Ve DÉVOTION – De
la visite aux images de Marie.
Le père Segneri dit que le démon n’a pu mieux faire pour se
consoler des pertes qu’il a essuyées par l’extinction de l’idolâtrie, que de
persécuter les saintes images par le moyen des hérétiques. Mais la sainte
Église en a pris la défense jusqu’à l’effusion du sang par le martyre ; et la
mère de Dieu a montré même par des prodiges combien elle sait gré à ses dévots
du culte et des visites qu’on rend à ses images. Saint Jean Damascène eut la
main coupée pour avoir défendu de sa plume les images de Marie, mais sa
protectrice la lui rendit miraculeusement. Le père Spinelli raconte qu’à
Constantinople tous les vendredis après vêpres, un voile qui était devant
l’image de Marie, s’ouvrait de lui-même et qu’il se refermait aussi de lui-même
aussitôt après les vêpres du samedi. Saint Jean de Dieu vit pareillement une
fois un voile tendu devant une image de la sainte Vierge s’ouvrir de lui-même,
en sorte que le sacristain croyant que le saint était un voleur, voulut lui
donner un coup de pied, mais son pied demeura paralysé.
Aussi tous les serviteurs de Marie ont-ils coutume de
visiter fréquemment et en grande dévotion les images et les églises consacrées
en son honneur. Ce son là vraiment, dit saint Jean Damascène, les cités de
refuge où nous trouvons moyen d’échapper aux tentations et aux châtiments
mérités par nos fautes. Saint Henri, empereur, quand il entrait dans une ville,
allait avant toute autre chose visiter quelque église de
Mais il sera bon de rappeler ici le fait que raconte le
père Spinelli dans les Miracles de Marie, n° 65. En l’année 1611, la
veille de
En conséquence, je prie autant qu’il est en moi les
serviteurs de Marie, de s’abstenir eux-mêmes et d’engager aussi les autres à
s’abstenir d’aller dans ces oratoires de Marie au temps des fêtes, car à ces
époques il en revient plus d’avantages à l’enfer que d’honneur à la divine
Mère. Quiconque a cette dévotion doit aller les visiter dans les temps où il
n’y a pas de concours.
De même que les hommes tiennent à honneur d’avoir des gens
qui portent leur livrée, ainsi la très-sainte Vierge aime à voir ses serviteurs
porter son scapulaire ; ce doit être un signe qu’ils se sont consacrés à son
service, et qu’ils appartiennent à la famille de
Les indulgences attachées au scapulaire des Carmes, comme
aussi à ceux des Douleurs de Marie, de
VIIe DÉVOTION – De
l’affiliation aux congrégations de Marie.
Il en est qui désapprouvent les congrégations, en disant
qu’elles deviennent quelquefois une source de procès, et que plusieurs n’y
entrent que par des vues humaines. Mais de même qu’on ne condamne pas les
églises et les sacrements, sous prétexte que beaucoup de gens en abusent, ainsi
on ne doit pas non plus condamner les congrégations. Les souverains pontifes,
au lieu de les condamner, les ont approuvées avec de grands éloges, et les ont
enrichies d’indulgences. Saint François de Sales, dans son Introduction,
exhorte instamment les séculiers à entrer dans les congrégations. Que ne fit
pas saint Charles Borromée pour les établir et les multiplier ? Dans ses
synodes il engage positivement les confesseurs à presser leurs pénitents d’y
entrer ; et c’est avec raison, car ces congrégations, et surtout celles de la
sainte Vierge, sont comme autant d’arches de Noé, dans lesquelles les pauvres
séculiers trouvent un refuge contre le déluge de péchés et de tentations dont
le monde est inondé. Nous-mêmes, dans le cours de nos missions, nous avons
constaté à loisir l’utilité des confréries. Régulièrement parlant, on trouve
plus de péchés dans un seul homme qui se tient éloigné de la confrérie, que
dans vingt qui la fréquentent. On peut dire que la congrégation est cette tour
de David d’où pendent mille boucliers, l’armure des forts (Cant., IV, 4). Et
voici la raison pour laquelle les congréganistes y recueillent grand nombre de
moyens de défense contre l’enfer, et y trouvent pour conserver la grâce divine
des pratiques dont l’usage est bien difficile aux séculiers hors des
congrégations.
En premier lieu, un des moyens de se sauver est de penser
aux maximes éternelles : " Pensez à vos fins dernières, et vous ne
pècherez jamais " (Ecclés. 7, 40). Et s’il y en a tant qui se perdent,
c’est qu’ils n’y pensent pas (Jerem. 10 21). Mais ceux qui vont à la
congrégation trouvent un moyen de se recueillir, pour y penser, dans les
méditations, les lectures, et les sermons qu’ils y entendent. " Mes brebis
entendent ma voix. " (Jn, 10, 27).
En second lieu, pour se sauver, il est nécessaire de se
recommander à Dieu : " Demandez, et vous recevrez. " (Jn 16, 24). Or,
c’est ce que font continuellement les membres des confréries, et Dieu les
exaucent plus facilement, puisqu’il a dit lui-même qu’il accorde bien
volontiers ses grâces aux prières faites en commun : " Si deux d’entre
vous s’unissent sur la terre, tout ce qu’ils auront demandé, mon Père le leur accordera.
" (Mt 18, 19), Sur quoi saint Ambroise fait cette réflexion : "
Beaucoup d’hommes faibles, réunis ensembles, deviennent puissants : et il est
impossible que les prières d’une nombreuse réunion ne soient pas exaucées.
"
En troisième lieu, dans la congrégation, il est plus facile
de fréquenter les sacrements, soit à cause des règlements auxquels on est
soumis, soit à cause des exemples qu’on reçoit de la part des autres confrères.
Or, par les sacrements on obtient plus facilement la persévérance dans la grâce
divine : car le saint concile de Trente a déclaré que la communion est comme un
antidote par lequel nous sommes délivrés de nos fautes journalières, et nous
sommes préservés du péché mortel.
En quatrième lieu, outre les sacrements il y a dans les confréries
une foule de pratiques de mortification, d’humilité, de charité envers les
confrères malades et les pauvres. Or, il serait bon que dans toutes les
confréries on introduisît ce saint usage d’assister les pauvres malades du
pays.
Ce serait une chose bien profitable d’introduire en
l’honneur de
On a déjà dit de quelle utilité il est pour le salut de
servir
Tout confrère doit donc se proposer deux choses : la
première est l’intention, c’est-à-dire n’aller à la congrégation dans aucune
autre vue que de servir Dieu et sa sainte Mère, et de sauver son âme. La
seconde est de ne pas s’absenter de la congrégation pour affaires séculières
aux jours prescrits, car il y va pour traiter de l’affaire la plus importante
qui puisse l’occuper sur la terre, l’affaire de son salut éternel. Il aura soin
en outre d’attirer à la congrégation tous ceux qu’il pourra, et
particulièrement d’y faire rentrer des confrères qui l’auraient quittée. Oh !
de quels terribles châtiments le Ciel a puni ceux qui ont abandonné la
congrégation de
VIIIe DÉVOTION –
Des aumônes en l’honneur de Marie
Les serviteurs de Marie ont coutume de faire des aumônes en
l’honneur de cette divine mère, et cela particulièrement les jours de samedi.
Saint Grégoire parle dans ses Dialogues d’un pieux cordonnier, appelé
Deus-dedit, qui distribuait aux pauvres chaque samedi ce qu’il gagnait dans la
semaine : de sorte qu’une autre sainte personne vit dans une vision un palais
somptueux, que Dieu préparait dans le ciel à ce serviteur de Marie, et auquel
on ne travaillait que les jours de samedi. Également saint Gérard, mais
n’importe en quel temps, ne refusait jamais rien de ce qui lui était demandé au
nom de Marie. Le Père Martin Guttiérez de la compagnie de Jésus en faisait
autant, et en retour il put assurer qu’il n’avait jamais demandé aucune grâce à
Marie sans l’obtenir. Ce serviteur de la divine mère ayant été tué par les
huguenots, elle apparut à ses compagnons avec quelques vierges, par les mains
desquelles elle fit envelopper le corps d’un linceul et l’enleva. Saint Ébrard,
évêque de Salzbourg, suivait la même pratique, et c’est pour cela qu’un saint
religieux le vit semblable à un enfant entre les bras de Marie, qui lui disait
: " Voici mon fils Ébrard qui ne m’a jamais rien refusé. " Alexandre
de Halès en faisait autant ; et un frère convers de l’ordre de Saint-François
lui ayant demandé au nom de Marie de consentir à se faire franciscain, il
renonça au monde et entra dans cet ordre. Que les serviteurs de
IXe DÉVOTION –
Recourir fréquemment à Marie.
De tous les hommages que nous pouvons offrir à notre mère,
je soutiens qu’aucun ne lui plaît autant que de recourir souvent à son
intercession, en lui demandant assistance dans tous nos besoins particuliers,
comme de prendre ou donner conseil, dans nos périls, dans nos peines, dans nos
tentations, et surtout dans les tentations contre la pureté. La divine mère
nous délivrera certainement alors, si nous recourons à elle en lui adressant la
prière Sub tuum, etc., ou l’Ave Maria, ou même seulement en invoquant le saint
nom de Marie, qui a une vertu particulière contre les démons. Le bienheureux
Santi, franciscain, dans une tentation d’impureté, eut recours à Marie, et
Xe DÉVOTION –
(Sous ce titre je réunis ici diverses pratiques en l’honneur de Marie)
1° Célébrer, ou faire célébrer, ou du moins entendre la
messe en l’honneur de la sainte Vierge. On ne nie point que le saint sacrifice
de la messe ne doive être offert qu’à Dieu seul, à qui on l’offre
principalement en reconnaissance de son souverain domaine ; mais cela n’empêche
pas, dit le saint concile de Trente, qu’on ne puisse en même temps le lui
offrir pour le remercier des grâces accordées aux saints et à sa sainte mère,
et pour obtenir de ces derniers que, puisqu’on fait ainsi mémoire d’eux, ils
daignent intercéder pour nous. C’est pour cela qu’on dit à la messe : "
Afin que ce sacrifice serve à leur gloire et à notre salut. " La sainte
Vierge elle-même a révélé à une personne que cet hommage d’une messe offerte à
son intention, ainsi que trois Pater, Ave et Gloria Patri dits à la très-sainte
Trinité pour la remercier des grâces faites à Marie, lui sont infiniment
agréables ; car ne pouvant par elle-même remercier pleinement le Seigneur de
toutes les faveurs qui lui sont accordées, elle est satisfaite de ce que ses
enfants l’aident à remplir ce devoir.
2° Révérer les saints qui ont été unis de plus près à
Marie, comme saint Joseph, saint Joachim et sainte Anne. La sainte Vierge
elle-même recommanda un jour à un gentilhomme la dévotion envers sainte Anne sa
mère. Pareillement il faudrait honoer les saints qui ont eu le plus de dévotion
à la mère de Dieu, comme saint Jean l’Évangéliste, saint Jean-Baptiste, saint
Bernard, saint Jean Damascène, qui fut le défenseur de ses images, saint
Ildefons qui défendit sa virginité.
3° Lire chaque jour quelque livre qui parle des gloires de
Marie ; prêcher, ou du moins insinuer à tous, et particulièrement à ses
proches, la dévotion envers
On remarquera d’ailleurs les nombreuses indulgences
accordées parles souverains pontifes à ceux qui honorent de diverses autres
manières cette reine du ciel : 1° cent jours d’indulgence sont accordés à ceux
qui diront : " Bénie soit la sainte et immaculée conception de la bienheureuse
Vierge Marie ; " et lorsque après le mot immaculée on ajoute et très pure,
on gagne encore, dit le Père Crasset, d’autres indulgences pour les âmes du
purgatoire. 2° quarante jours d’indulgence à ceux qui récitent le Salve Regina
; 3° deux cent jours à ceux qui récitent les litanies ; 4° vingt jours à ceux
qui inclinent la tête aux noms de Jésus et de Marie ; 5° dix mille ans à ceux
qui diront cinq Pater et cinq Ave en mémoire de la passion de Jésus et des
douleurs de Marie.
Dans l’intérêt des personnes pieuses, je vais encore
indiquer ici d’autres indulgences attachées par les souverains pontifes à
certaines autres pratiques. 1° Trois mille huit cents ans à ceux qui entendent
la messe ; 2° Benoît XIII a accordé sept ans d’indulgence à ceux qui font les
actes du chrétien, avec la résolution de recevoir les sacrements pendant la vie
et à l’article de la mort. Et si on les continue pendant un mois, indulgence
plénière applicable pour les âmes du purgatoire et pour soi-même à l’article de
la mort. 3° La rémission du tiers de ses fautes à quiconque récite quinze Pater
et Ave pour les pécheurs. 4° Le pape Benoît XIV a accordé plusieurs indulgences
à ceux qui font l’oraison mentale pendant une demi-heure chaque jour, et une
indulgence plénière une fois le mois, pourvu qu’on se soit confessé et qu’on
ait communié. 5° Trois cents jours à ceux qui récitent l’oraison Anima Christi,
etc. 6° Cinq ans à ceux qui accompagnent le viatique, et six ans si c’est avec
un flambeau. Que si on ne le peut, on gagnera une indulgence de cent jours, en
récitant un Pater et un Ave. 7° Deux cents jours à ceux qui se prosternent
devant le Très-Saint-Sacrement ; 8° un an et quarante jours à ceux qui baisent
la croix ; 9° trente jours à ceux qui inclinent la tête au Gloria Patri. 10°
Cinquante jours aux prêtres qui avant la messe récitent Ego volo celebrare
missam, etc. 11° Cinq ans à ceux qui baisent l’habit régulier. On peut encore
lire dans le Père Viva une liste de diverses autres indulgences. Mais pour
gagner les indulgences énumérées ci-dessus, on aura soin de s’y disposer par un
acte de contrition.
Je passe sous silence diverses autres pratiques de dévotion
qui se trouvent dans plusieurs livres, comme celles des sept allégresses, des
douze privilèges de Marie, et semblables. Mais je terminerai cet ouvrage par
ces belles paroles de saint Bernard : " O femme bénie entre toutes les
femmes, vous êtes l’honneur du genre humain, le salut de notre peuple. Vous
avez un mérite qui n’a pas de bornes, et un plein pouvoir sur toutes les créatures.
Vous êtes
Là-dessus, mon cher lecteur et frère, fils affectueux de
notre mère Marie, je vous dirai en terminant : Continuez de grand cœur à
honorer et à aimer cette bonne mère. Employez-vous aussi de tout votre pouvoir
pour qu’elle soit aimée des autres ; et entretenez-vous dans la ferme confiance
que si vous persévérez jusqu’à la mort dans une sincère dévotion à Marie, votre
salut est assuré. Je finis, non point parce que je n’ai plus rien à dire des
gloires de cette grande reine, mais afin de ne pas vous causer trop d’ennui. Le
peu que j’en ai dit peut bien suffire pour vous inspirer l’amour du grand
trésor que recèle la dévotion à
Et pour m’adresser à vous, en terminant, ô Mère de mon
Sauveur, et ma Mère, ô Marie, je vous prie d’agréer le triste fruit de mes
veilles, et le désir que j’ai conçu de vous voir louée et aimée de tous. Vous
savez combien j’ai désiré de pouvoir terminer cet opuscule avant la fin de mes
jours, qui n’est pas éloignée. Maintenant je dis que je meurs content, puisque
je laisse sur la terre un livre qui continuera de vous louer et de vous
préconiser, comme je n’ai cessé moi-même de le faire depuis que, par votre
entremise, j’ai obtenu de Dieu ma conversion. O Marie immaculée, je vous
recommande ceux qui vous aiment, et particulièrement ceux qui auront la charité
de me recommander à vous ; donnez-leur la persévérance, sanctifiez-les tous, et
ainsi conduisez-nous tous ensemble dans le ciel pour vous y louer d’une voix
unanime. Ô ma très-douce mère, il est vrai que je suis un pauvre pécheur, mais
je me fais gloire de vous aimer, et je me flatte d’obtenir de vous de grandes
choses, entre autres de mourir en vous aimant. J’espère qu’au milieu des
angoisses de la mort, lorsque le démon me remettra mes péchés devant les yeux,
j’aurai pour me fortifier, la passion de Jésus-Christ d’abord, et puis votre
intercession ; en sorte que je pourrai sortir de cette misérable vie dans la
grâce de Dieu, et être admis à l’aimer et à vous remercier, ô ma mère, dans les
siècles des siècles. Amen. Ainsi je l’espère. Ainsi soit-il.
Ô notre souveraine maîtresse, dîtes pour nous à votre fils
: " Ils n’ont pas de vin. " Oh ! qu’il est désirable le calice
enivrant de ce vin ! L’amour de Dieu inspire jusqu’à l’ivresse le mépris du
monde, donne la ferveur, le courage, l’indifférence pour les choses du temps,
l’ardeur à se procurer les biens invisibles. "
Vous êtes, ô Marie, ce champ plein de fleurs odorantes dont
un saint patriarche avait le pressentiment, remplie que vous êtes de grâces et
de vertus. Vous avez paru dans le monde comme une aurore lumineuse et
empourprée, parce qu’après avoir franchi l’obstacle des péchés originels, vous
êtes née avec l’éclat de la connaissance de la vérité, et la pudeur qu’inspire
l’amour de la vertu : les puissances ennemies n’ont aucune prise sur vous,
parce que vous êtes cette tour à laquelle sont appendus mille boucliers et
toutes sortes d’armes pour les hommes forts ; car il n’est pas de vertu qui
n’ait en vous son plus bel éclat, et vous réunissez en vous seule tous les
mérites de chacun des saints pris à part.
O notre souveraine maîtresse, notre médiatrice, notre
avocate, recommandez-nous à votre fils. Faites, ô vierge bénie entre toutes les
femmes, par la grâce que vous avez méritée, que celui qui s’est servi de vous
pour se rendre participant de notre infirmité et de notre misère, nous rende
aussi, au moyen de son intercession, participants de votre béatitude et de
votre gloire.
Rose charmante, si vous avez pitié de moi, si vous m’aimez,
inspirez-moi tant d’amour que je puisse un jour en mourir.
O ma souveraine, accordez-moi le bonheur de vous aimer
toujours, et enfin d’expirer en prononçant votre nom.
Douce Marie, mon espérance, vous êtes l’heureuse étoile qui
doit me guider au port, me conduire aux cieux.
Vive Jésus, Marie, Joseph et Thérèse !
Le père Segneri dit que le démon n’a pu mieux faire pour se
consoler des pertes qu’il a essuyées par l’extinction de l’idolâtrie, que de
persécuter les saintes images par le moyen des hérétiques.