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Les Gloires de Marie

 

Saint Alphonse-Marie de Liguori
(1ère partie : commentaire du Salve Regina)

 

CHAPITRE VI : Montrez donc que vous êtes notre avocate

MARIE, NOTRE AVOCATE

 

III    Marie réconcilie les pécheurs avec Dieu

La grâce de Dieu est pour toute âme un trésor extrêmement désirable. " C'est un trésor infini, dit l'Esprit-Saint, car elle élève ceux qui la possèdent à la dignité d'amis de Dieu ". Aussi, Jésus, notre Rédempteur et notre Dieu, n'a pas dédaigné de donner ce titre à ceux qui sont en état de grâce et de leur dire : Vous êtes mes amis. Ah ! maudit soit le péché qui rompt les liens de cette belle amitiés ! Ce sont vos iniquités, dit Isaïe, qui ont mis la division entre vous et votre Dieu ; maudit soit le péché, qui, entrant dans une âme, la rend odieuse à Dieu, et, d'amie qu'elle était de son Seigneur, la rend son ennemie, selon cette parole du Sage : Dieu hait l'impie et son
impiété.

Que doit donc faire celui qui a le malheur de se trouver dans l'inimitié de Dieu ? - Il faut qu'il cherche un médiateur, qui lui obtienne son pardon et lui fasse recouver la divine amitié qu'il a perdue. " Console-toi, pauvre pécheur qui a perdu la grâce de Dieu, dit saint Bernard ; ce Dieu lui-même t'a donné un Médiateur dans la personne de son propre Fils Jésus, lequel peut t'obtenir tout ce que tu désires. "

Mais, grand Dieu ! s'écrie ici le Saint, d'où vient que les hommes se figurent sévère ce miséricordieux Sauveur qui les a rachetés au
prix de sa vie ? comment peut leur paraître terible celui qui est tout aimable ? Que craignez-vous, pécheurs, pourquoi manquez-vous
de confiance ? Si ce sont vos péchés qui vous effraient, sachez que Jésus lui-même les a attachés à la croix avec ses mains déchirées,
qu'il en a payé la peine à la justice divine et en a purgé vos âmes. Mais peut-être vous n'osez encore vous adresser directement à
Jésus-Christ, peut-être sa majesté divine vous épouvante ; en se faisant homme, dites-vous, il n'a pas cessé d'être Dieu ; voulez-vous
donc un autre avocat auprès de ce divin Médiateur ? Eh bien ! recourez à Marie ; elle intercédera pour vous auprès de son Fils, qui
l'exaucera certainement ; et Jésus intercédera auprès de son Père, qui ne peut rien refuser à un tel Fils. Saint Bernard termine ainsi
cette exhortation : " Cette divine Mère, ô mes enfants, est l'échelle des pécheurs ; c'est par elle qu'ils remontent à la hauteur de la grâce
; elle est ma confiance la plus assurée, elle est tout le fondement de mon espérance. "

Voici comment l'Esprit-Saint fait parler la bienheureuse Vierge dans les Cantiques : " Je suis la défense de ceux qui recourent à moi, et
ma miséricorde est pour eux comme une tour de refuge ; c'est pourquoi le Seigneur m'a établie Médiatrice de paix entre lui et les
pécheurs. " - Marie, dit le cardinal Hugues sur ce texte, Marie est la Pacificatrice universelle : elle réconcilie Dieu avec ses ennemis,
elle procure le salut à ceux qui sont perdus, le pardon aux pécheurs, la miséricorde aux désespérés. C'est pourquoi le divin Époux la
trouve belle comme les pavillons de Salomon. Sous les pavillons ou les tentes de David, on ne traitait que de guerre ; mais sous ceux
de Salomon, on traitait uniquement de choses pacifiques. Par cette comparaison donc, l'Esprit-Saint nous donne à entendre que cette
Mère de miséricorde ne traite jamais de guerre et de vengeance contre les pécheurs, mais seulement de paix et de pardon.

Une autre figure de Marie sous ce rapport, ce fut la colombe qui, sortie de l'arche de Noé, y revint avec un rameau d'olivier, emblême
de la paix que Dieu accordait au genre humain. C'est l'interprétation de saint Bonaventure : " O Marie, dit-il, vous êtes la fidèle Colombe
qui, par son entremise auprès de Dieu, a ménagé au monde, après sa ruine, la paix et le salut ". Céleste Colombe, elle apporta au monde
submergé dans les eaux du péché, le rameau pacifique, le gage du pardon, quand elle donna le jour à Jésus-Christ, source de toute
miséricorde ; et c'est elle qui, depuis lors, nous a obtenu, en vertu des mérites du sauveur, toutes les grâces que Dieu nous a faites. Et
de même que la paix du ciel a été donnée au monde par Marie, comme le lui dit saint Épiphane, c'est par le moyen de Marie que,
chaque jour encore, les pécheurs sont réconciliés avec Dieu. De là ces paroles que le bienheureux Albert le Grand lui met sur les lèvres
: " Je suis la Colombe de Noé ; c'est moi qui apporte à l'Église la paix universelle. "

" Nous avons encore une figure expresse de Marie dans l'arc-en-ciel, dit le cardinal Vitale, c'est Marie, toujours présente au tribunal de
Dieu pour adoucir les sentences et les châtiments suspendus sur la têtes des pécheurs. " D'après saint Bernardin de Sienne, c'était de
cet arc-en-ciel que parlait le Seigneur quand il disait à Noé : Je placerai mon arc dans les nuages, en signe de l'alliance entre moi et la
terre... ; en le voyant, je me souviendrai de la paix perpétuelle que je fais avec les hommes. La bienheureuse Vierge est bien cet arc de
paix éternelle, dit le saint, car, de même qu'à la vue de l'arc-en-ciel Dieu se souvient de la paix promise à la terre, ainsi, à la prière de
Marie, il remet aux pécheurs les offenses qu'ils lui ont faites, et conclut la paix avec eux.

En outre, toujours pour la même raison, Marie est comparée à la lune. Cet astre, remarque saint Bonaventure, est entre le ciel et la
terre, et Marie s'interpose continuellement entre Dieu et les hommes, elle apaise le Seigneur irrité contre les coupables, et éclaire
ceux-ci pour les ramener à lui.

Et tel fut le principal office dont Dieu chargea Marie quand il la donna à la terre, à savoir, de relever les âmes déchues de la grâce, et
de les réconcilier avec lui. - Paissez vos chevreaux, lui dit le Seigneur en la créant. Les chevreaux, on le sait, représentent les pécheurs
qui, dans la vallée du Jugement, devront rester à la gauche, tandis que les élus, figurés par les brebis seront placés à la droite. Or, dit
l'abbé Guillaume en s'adressant à Marie, ces chevreaux vous seront confiés, ô puissante Reine, afin que vous les changiez en brebis, et
que ceux qui, par leurs fautes, ont mérité d'être jetés à la gauche, soient admis à la droite par votre intercession. Ce commentaire
s'accorde avec une révélation faite à sainte Catherine de Sienne. Le Seigneur lui déclara qu'il avait créé Marie, sa Fille bien-aimée,
comme un doux appât pour prendre et attirer à lui les hommes, et particulièrement les pécheurs. Mais il faut noter ici la belle réflexion
de Guillaume sur le texte sacré que nous venons de citer : " Dieu, dit-il, recommande à Marie les chevreaux qui sont à elle : Paissez vos
chevreaux ; parce que la Vierge ne sauve pas tous les pécheurs, mais seulement ceux qui la servent et l'honorent, quelques souillés
qu'ils soient d'ailleurs. Quant à ceux qui vivent dans le péché, ajoute-t-il, sans honorer Marie par quelque hommage spécial, et sans se
recommander à elle pour sortir de leur triste état, ils ne sont point ses chevreaux ; au jour du jugement, ils seront misérablement placés
à gauche pour être damnés ".

Un gentilhomme désespérait de son salut à cause de l'énormité de ses fautes ; un religieux lui conseilla de se rendre dans une certaine
église où l'on vénérait une image de Marie, et d'implorer le secours de cette bonne Mère. Il se transporte à l'église et, à l'aspect de la
pieuse image, il se sent comme invité par la Vierge à se jeter à ses pieds et à prendre confiance. Il approche, se prosterne, et se dispose
à baiser les pieds de la statue ; mais elle s'anime à l'instant, et lui présente à baiser sa main bénie sur laquelle il lit ces mots : Ego
eripiam te de affligentibus te ; c'est-à-dire : " Mon fils, ne t'abandonne pas au désespoir ; je te délivrerai de tes péchés, et de toutes les
craintes qui t'affligent ". - On rapporte qu'en lisant ces douces paroles, le pécheur conçut une si grande douleur de ses fautes, et fut
pénétré d'un si ardent amour envers Die et sa tendre Mère, qu'il mourut là même aux pieds de Marie.

Oh ! combien de pécheurs obstinés sont attirés tous les jours à Dieu par cet Aimant des coeurs ! C'est ainsi qu'elle s'est appelée
elle-même, en disant à sainte Brigitte : " Comme l'aimant attire le fer, ainsi j'attire les coeurs les plus endurcis pour les réconcilier avec
Dieu ". Et ce prodige se renouvelle, non pas rarement, mais chaque jour. Je pourrais en citer, pour ma part, un grand nombre de cas
arrivés dans nos seules missions : souvent des pécheurs restés plus insensibles que le fer à tous les autres sermons, sont touchés de
repentir et reviennent à Dieu, dès qu'ils entendent prêcher la miséricorde de Marie. Saint Grégoire dit que la licorne est une bête si
féroce qu'aucun chasseur ne peut réussir à la prendre, mais qu'à la voix d'une vierge elle devient docile, s'approche et se laisse lier par
elle sans résistance. Oh ! combien de pécheurs qui, plus intraitables que les bêtes férocesm fuyaient loin de Dieu, accourent auprès de
la Reine des Vierges aussitôt qu'ils entendent sa voix, et se laissent doucement enchaîner par elle au joug du Seigneur !

D'après saint Jean Chrysostome, Marie a encore été élevée à la dignité de Mère de Dieu, afin que sa douce miséricorde et sa puissante
intercession sauvent les misérables que leur mauvaise vie obligerait la justice divine à réprouver. " Il en est bien ainsi, assure saint
Anselme, car c'est pour les pécheurs plue que pour les justes qu'elle est devenue Mère de Dieu ; Jésus-Christ n'a-t-il pas déclaré qu'il
était venu appeler, non les justes, mais les pécheurs " ? Aussi la sainte Église n'hésite pas à chanter :

                             Peccatores non exhorres,

                            Sine quibus nunquam fores

                               Tali digna Filio :

" Vous n'avez pas horreur des pécheurs, sans lesquels vous n'eussiez jamais été Mère d'un tel Fils ". - Et Guillaume de Paris va jusqu'à
lui tenir ce langage encore plus pressant : O Marie, vous êtes obligée à secourir les pécheurs, puisque tout ce que vous avez reçu de
dons, de grâces et de grandeurs, en un mot, tout ce que renferme votre sublime dignité de Mère de Dieu, vous en êtes, s'il est permis
de le dire, redevable aux pécheurs ; car c'est à cause d'eux que vous avez été rendue digne d'avoir un Dieu pour Fils. S'il en est ainsi,
conclut saint Anselme, comment puis-je désespérer d'obtenir le pardon de mes fautes, quelle qu'en soit l'énormité ?

Dans la messe de la vigile de l'Assomption, l'Église nous apprend que la Mère de Dieu a été transportée de la terre au ciel, afin
d'intercéder pour nous auprès du Seigneur avec une entière assurance d'être exaucée. De son côté, saint Justin donne à Marie un nom
qui signifie l'arbitre d'un différend, la personne à qui deux parties en procès remettent tous leurs titres. Par là, le saint veut faire
entendre que, comme Jésus est notre Médiateur auprès du Père éternel, ainsi Marie est notre Médiatrice auprès de Jésus, notre Juge,
qui remet à son pacifique arbitrage tous ses griefs contre nous.

Pour saint André de Crète, Marie est " la caution, la garantie, ou le gage de notre réconciliation avec Dieu ". Et voici quelle est sa
pensée : tout le désir de Dieu est de se réconcilier avec les pécheurs en leur remettant leurs fautes ; or, afin qu'ils ne doutent
aucunement de sa disposition à leur pardonner, il leur en donne comme un gage dans la personne de Marie. De là, cette exclamation du
même saint : " Je vous salue, ô vous qui êtes la paix entre Dieu et les hommes " ! Saint Bonaventure s'appuie sur cette pensée pour
encourager le pécheur : " Tu crains peut-être, lui dit-il, que dans son courroux le Seigneur ne veuille tirer vengeance de tes fautes ;eh
bien ! suis mon conseil, recours à l'Espérance des pécheurs, adresse-toi à Marie ; et si tu doutes aussi qu'elle consente à plaider ta
cause, sache qu'elle ne peut s'y refuser : Dieu lui-même l'a chargée de secourir d'office les plus misérables. "

Mais quoi ! s'écrie l'abbé Adam, un pécheur doit-il jamais craindre de périr, quand la Mère même de son Juge s'offre à lui servir de
mère et d'avocate ? Et vous, ô Marie, ajoute-t-il ; vous, la Mère de miséricorde, dédaignerez-vous de prier votre divin Fils, qui est
notre Juge, pour un autre fils, qui est le pécheur ? refuserez-vous d'intercéder en faveur d'une âme rachetée, auprès de son
Rédempteur, qui est mort sur la croix pour sauver les pécheurs ? Oh ! non, vous ne le refuserez point ; vous vous emploierez avec
toute l'ardeur de votre zèle à prier pour tous ceux qui ont recours à vous ; car vous savez que le Seigneur, qui a établi votre Fils
Médiateur de paix entre Dieu et l'homme, vous a établie en même temps Médiatrice entre le Juge et le coupable.

Concluons avec saint Bernard : Pécheur, quel que tu sois, fusses-tu tout couvert de la fange de tes fautes, eusses-tu vieilli dans
l'iniquité, garde-toi de te livrer au désespoir. Rends grâces à ton Seigneur qui, dans son désir de te faire miséricorde, ne s'est pas
contenté de donner son Fils pour avocat, mais a voulu t'inspirer plus de courage encore et plus de confiance, en te remettant aux
mains d'une Médiatrice qui obtient par ses prières tout ce qui lui plaît. Va donc, recours à Marie et tu seras sauvé.

                                EXEMPLE

L'histoire qu'on va lire est rapportée par Alain de la Roche et Bonifacius. Il y avait à Florence une jeune fille nommée Benoîte (Bénie),
mais qui méritait bien plutôt le nom de maudite par la vie scandaleuse qu'elle menait. Par bonheur pour elle, saint Dominique vint
prêcher dans cette ville. Elle alla un jour l'entendre par pure curiosité ; mais Dieu lui toucha le coeur par le moyen de ce sermon,
tellement que, fondant en larmes, elle alla se confesser au Saint. Celui-ci l'entendit, lui donna l'absolution, et lui imposa pour pénitence
la récitation du rosaire.

Mais bientôt, entrainée par la force de l'habitude, la malheureuse retomba dans ses désordres. Saint Dominique l'apprit, il alla trouver,
et obtint qu'elle se confessât de nouveau. De son côté, afin de l'affermir dans le bien, Dieu lui fit voir un jour l'enfer, lui montra ceux
qui, à cause d'elle, s'étaient déjà damnés, et la força ensuite de lire, dans un livre ouvert devant ses yeux, l'épouvantable série de ses
péchés. A cette vue, la pénitente fut saisie d'horreur ; mais, pleine de confiance en la sainte Vierge, elle invoqua son secours, et
comprit que cette miséricordieuse Mère lui obtenait du Seigneur le temps nécessaire pour pleurer ses énormes excès.

La vision finit là, et Benoîte se mit dès lors à vivre d'une manière exemplaire ; mais, ayant sans cesse devant les yeux l'affreux dossier
qui lui avait été montré, elle adressa un jour cette prière à sa douce Consolatrice : " Ma mère, je le confesse, en punition de mes
crimes, je devrais être maintenant au fond de l'enfer ; mais, puisque vous m'avez obtenu le temps de faire pénitence, ô Reine
compatissante, je vous demande encore une grâce : je ne veux jamais cesser de pleurer mes péchés ; mais faites qu'ils soient effacés
de ce livre ". Marie entendit sa prière, lui apparut et lui dit que, pour obtenir ce qu'elle désirait, elle ne devait jamais perdre de vue le
souvenir de ses péchés et de la miséricorde avec laquelle Dieu l'avait traitée ; elle devait penser sans cesse à la passion soufferte par
Jésus pour l'amour d'elle, et considérer combien de malheureux étaient damnés pour des fautes moins nombreuses que les siennes ;
elle lui révéla en même temps que, ce jour-là, un enfant de huit ans devait être précipité en enfer pour un seul péché. - Benoîte ayant
obéi fidèlement à la très sainte Vierge, Notre-Seigneur daigna un jour lui apparaître lui-même, et lui montrant le livre tant redouté, il lui
dit : " Voici que tes péchés sont effacés, le livre est blanc ; écris-y maintenant des actes d'amour et de vertu ". C'est ce que fît Benoîte,
et elle mena depuis une vie sainte, qui fut couronnée par une sainte mort.

                                 PRIÈRE

Si donc, ô ma très douce Souveraine, si votre office est, comme vous le dit Guillaume de Paris, de vous porter Médiatrice entre Dieu
et les pécheurs, je vous adresserai la prière de saint Thomas de Villeneuve, et vous dirai : Montrez que vous êtes notre Avocate et, en
ma faveur aussi, acquittez-vous de votre office. Ne me dites pas que ma cause est trop difficile à gagner, car je le sais, et tout le
monde me l'assure : jamais cause défendue par vous, si désespérée fût-elle, n'a été perdue, et la mienne le serait ? Non, je ne le crains
pas.

A la vérité, si je ne voyais que mes innombrables péchés, j'aurais lieu de douter de votre disposition à me défendre, mais quand je
pense à votre immense miséricorde, et à l'extrême désir qui anime votre bon coeur, de secourir les pécheurs les plus désespérés, je ne
saurais non plus m'arrêter à cette crainte-là. Et qui jamais s'est perdu, après avoir eu recours à vous ? Je vous appelle donc à mon
secours, ô Marie, ma puissante Avocate, mon refuge, mon espérance et ma Mère ; je remet entre vos mains la cause de mon salut
éternel ; je vous confie mon âme : elle était perdue, mais c'est à vous de la sauver. Je rends de continuelles actions de grâces au
Seigneur qui me donne une si grande confiance en vous ; car je le sens : nonobstant mon indignité, cette confiance m'assure de mon
salut.

Une seule crainte me reste et m'afflige, ô ma bien-aimée Reine, c'est que je vienne à perdre un jour, par ma négligence, cette
confiance en vous. Je vous en supplie donc, ô Marie, par tout l'amour que vous portez à votre Jésus, conservez et augmentez sans
cesse en moi l'heureuse confiance en vos prières par lesquelles j'espère avec certitude récupérer l'amitié divine. Cette amitié, je l'ai
fortement méprisée et perdue par le passé ; mais, une fois recouvrée, j'espère la conserver par votre secours ; et ainsi, je l'espère
encore, un jour enfin j'irai en paradis vous remercier et chanter les miséricordes de Dieu et les vôtres pendant toute l'éternité. Amen.
Tel est mon espoir. Puisse-t-il être rempli ! Il le sera.