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Les Gloires de Marie

 

Saint Alphonse-Marie de Liguori
(1ère partie : commentaire du Salve Regina)

 

 

CHAPITRE VI : Montrez donc que vous êtes notre avocate

MARIE, NOTRE AVOCATE

 

II  Marie est une Avocate compatissante, qui ne refuse pas de défendre la cause des plus misérables

Combien de motifs nous font une loi d'aimer notre affectueuse Reine ! Quand même on louerait Marie d'un bout de l'univers à l'autre ;
quand même on ne parlerait que de Marie dans tous les sermons ; quand même tous les hommes donneraient leur vie pour l'amour de
Marie, ce serait peu encore pour honorer et reconnaître l'amour si tendre dont elle aime tous les hommes, sans en excepter les plus
misérables pécheurs, ceux-là du moins qui conservent en elle quelque sentiment de dévotion.

Le bienheureux Raymond Jourdain, qui prit par humilité le nom d'Idiot, disait que Marie ne sais se défendre d'aimer ceux qui l'aiment,
qu'elle ne dédaigne pas de servir ceux qui la servent, et que, s'ils sont pécheurs, elle déploie toute la puissance de son intercession pour
les réconcilier avec son divin Fils. " Telle est, continue-t-il, sa bonté, telle est sa miséricorde, que nul, pour désespéré que paraisse son
état ne doit craindre de se jeter à ses pieds ; car elle ne reposse jamais celui recourt à sa protection ". Remplissant à notre égard l'office
de l'avocate la plus dévouée, Marie offre elle-même à Dieu les prières de ses serviteurs, et spécialement celles qui lui sont adressées ;
car, si le Fils intercède pour nous auprès du Père, Marie intercède pour nous auprès du Fils ; et elle ne cesse de traiter, auprès de l'un
et de l'autre, la grande affaire de notre salut, et de nous obtenir les grâces que nous sollicitons."

Denis le Chartreux a donc raison de proclamer Marie l'unique Refuge des âmes abandonnées, l'Espérance des malheureux, et l'Avocate
de tous les pécheurs qui ont recours à elle.

Et si quelque pécheur, tout en croyant à la puissance de Marie, manquait de confiance en sa miséricorde, et craignait que, vu
l'énormité de ses fautes, elle ne refusât de l'aider, saint Bonaventure relèverait son courage, en lui disant : " Marie jouit auprès de son
Fils d'un grand et singulier privilège : par sa prière, elle en obtient tout ce qu'elle veut. Or, ajoute-t-il, de quoi nous servirait cette grande
puissance de Marie, si elle ne prenait nul souci de nous ? Mais bannissons tout doute à cet égard, conclut le Saint, et rendons
d'incessantes actions de grâces au Seigneur et à sa glorieuse Mère, dans la persuasion que, si elle est auprès de Dieu plus puissante que
tous les saints, elle est également l'Avocate la plus bienveillante et la plus zélée pour nos intérêts."

" Et en effet, ô Mère de miséricorde, s'écrie avec joie saint Germain, quel autre, après votre Fils Jésus, se montre aussi affectionné que
vous à nos personnes, aussi soucieux de notre bien ? Qui nous protège comme vous dans les maux dont nous sommes affligés ? Qui
prend la défense des pécheurs à l'égal de vous ? Qui va comme vous jusqu'à combattre en quelque sorte pour eux ? O Marie, les soins
dont vous nous entourez sont si efficaces et si tendres que nous ne parviendrons jamais à le comprendre ".

" Les autres saints, ajoute le pieux Idiot, peuvent plus en faveur de leurs clients particuliers qu'en faveur des autres ; mais Marie est
l'Avocate et la Protectrice de tous, aussi bien qu'elle est la Reine de tous ; et elle prend à coeur le salut de tous ".

Elle s'intéresse à tous les fidèles, sans en excepter les pécheurs ; c'est même de ceux-ci surtout qu'elle se glorifie d'être appelée
l'Avocate, comme elle l'a déclaré à la vénérable soeur Marie Villani : " Après le titre de Mère de Dieu, lui dit-elle, je me fais surtout
gloire d'être nommée l'Avocate des pécheurs ".

Le bienheureux Amédée assure que notre Reine se tient sans cesse en la présence de la divine Majesté et lui offre continuellement en
notre faveur ses toutes-puissantes prières. " Du haut des cieux, ajoute-t-il, elle connaît parfaitement nos misères et nos besoins, son
coeur vraiment maternel, son coeut tout plein de bonté et de tendresse ne songe qu'à nous secourir et à nous sauver. "

C'est pourquoi Richard de Saint-Laurent engage chacun de nous, si misérable soit-il, à recourir avec confiance à cette douce Avocate,
en tenant pour certain qu'il la trouvcera toujours prête à l'assister. Car, selon l'abbé Geoffroi, Marie est toujours toute disposée à prier
pour tout le monde.

Oh ! avec quel amour et avec quel succès cette douce Avocate traite nos intérêts éternels ! Parlant de l'Assomption de Marie : " Du
milieu des exilés, dit saint Bernard, s'est élevée vers la patrie une Avocate que son double titre de Mère du Juge et de Mère de
miséricorde rend plus zélée et plus apte à plaider l'affaire de notre salut. " Saint Augustin célèbre également l'affectueux empressement
de Marie à prier pour nous, à supplier la divine Majesté de nous accorder la remise de nos péchés, le secours de sa grâce,
l'éloignement des dangers, le remède des maux ; et il s'écrie : " O Marie, nous savons qu'entre tous les saints, vous êtes la seule
Protectrice de la sainte Église ". Et il dit bien ; car, ô notre Reine, bien que tous les saints désirent notre salut et prient pour nous,
néanmoins, à la vue de cette charitém de cette tendresse que vous nous témoignez du haut des cieux, d'où votre prière fait descendre
sur nous les flots des divines miséricordes, nous sommes bien obligés de confesser que vous êtes au cie notre unique Avocate, la seule
qui s'emploie avec amour et zèle à procurer notre bonheur.

Qui, en effet, pourrait comprendre la sollicitude avec laquelle Marie intercède continuellement pour nous auprès de Dieu ? " Son ardeur
à nous défendre est insatiable ". Cette belle expression est de saint Germain. Oui, pressée par sa tendresse et par compassion pour nos
misères, Marie prie toujours, et recommence toujours à prier, et ne se rassasie jamais de prier afin de nous préserver des maux qui
nous menacent, et de nous obtenir les grâces dont nous avons besoin : son ardeur à nous protéger est vraiment insatiable.

Que nous serions à plaindre, nous, pauvres pécheurs si nous n'avions pas cette grande Avocate ! Elle est si puissante, si
miséricordieuse, et en même temps si prudente et si sage, dit Richard de Saint-Laurent, que le divin Juge, son Fils, ne peut condamner
les coupables dont elle prend la défense. De là cette exclamation de Jean le Géomètre : " Salut, ô vous qui mettez fin à tous les
différends ". Toutes les causes soutenues par cette très sage Avocate sont, en effet, autant de causes gagnées.

Voilà pourquoi saint Bonaventure désigne Marie sous le nom de la sage Abigaïl. Selon le récit de l'Écriture, cette femme fit si bien par
ses éloquentes prières, qu'elle apaisa la colère de David contre Nabal ; et ce prince la bénit et la remercia de l'avoir, par ses gracieux
procédés, empêcher de venger lui-même ses injures : Soyez bénie, vous qui m'avez retenu, lorsque j'allais me venger de ma propre
main. Ce qu'Abigaïl fit pour Nabal, Marie le fait chaque jour au ciel, en faveur d'un nombre infin de pécheurs. Par ses sages et tendres
prières, elle sait si bien apaiser la justice divine, que Dieu lui-même la bénit et la remercie, en quelque sorte, de ce qu'elle l'empêche
ainsi de rejeter les coupables et de les punir comme ils le méritent.

C'est parce qu'il veut user envers nous de toute la miséricorde possible que, non cotnent de nous avoir donné Jésus comme principal
Avocat, chargé de nous défendre auprès de lui, le Père éternel nous a encore donné Marie pour Avocate auprès de Jésus lui-même.
Ainsi parle saint Bernard. Sans doute, ajoute-t-il, Jésus-Christ est l'unique médiateur de justice entre Dieu et les hommes ; lui seul peut,
en vertu de ses mérites, et il veut conformément à ses promesses, nous obtenir le pardon de nos fautes et la grâce divine. Mais en
Jésus-Christ nous redoutons encore la majesté divine qui réside toujours en lui, puisqu'il est tout à la fois homme et Dieu ; c'est
pourquoi il a été nécessaire de nous assigner un autre avocat, auquel nous puissions recourir avec moins de crainte et plus de
confiance. Eh bien ! le choix du Seigneur est tombé sur Marie, l'Avocate la plus puissante auprès de sa divine majesté, la plus
miséricordieuse envers nous que nous puissions trouver.

Le même saint continue : Celui-là ferait injure à la bonté de Marie, qui appréhenderait encore d'aller se jeter aux pieds de cette douce
Avocate, qui n'a rien de sévère, rien de terrible, qui n'est que prévenance, amabilité et tendresse. Lisez et relisez tant que vous voudrez,
toute l'histoire évangélique ; et si vous y trouvez un seul acte de sévérité de la part de Marie, craignez alors de vous approcher d'elle.
Mais vous n'en trouverez aucun ; ayez donc recours à elle avec une joyeuse confiance, et elle vous sauvera par son intercession.

Voici le discours touchant que Guillaume de Paris met dans la bouche du pécheur recourant à Marie : " O Mère de mon Dieu, dans
l'état misérable où je me vois réduit par mes péchés, j'ai recours à vous avec une pleine confiance ; et si vous me rejetez, je vous
représenterai que vous êtes d'une certaine manière tenue de m'assister, puisque toute l'Église vous appelle et vous proclame Mère de
miséricorde. O Marie, vous êtes bien celle que Dieu chérit au point de l'exaucer toujours ; votre grande miséricorde n'a jamais manqué
à
personne ; votre douce affabilité n'a jamais dédaigné aucun pécheur, si coupable fût-il, dès qu'il s'est recommandé à vous.

Eh quoi ! serait-ce à tort ou en vain que toute l'Église vous nomme son Avocate et le Refuge des malheureux ? Non, ô ma Mère,
jamais il n'arrivera que mes fautes puissent m'empêcher de remplir l'auguste ministère de bonté dont vous êtes chargée, et en vertu
duquel vous êtes à la fois l'Avocate et la Médiatrice de paix entre Dieu et les hommes, et, après votre divin Fils, l'unique Espérance et
le Refuge assuré des misérables. Tout ce que vous avez de grâce et de gloire, et la dignité même de Mère de Dieu, vous en êtes
redevable, s'il est permis de le dire, aux pécheurs ; car c'est à cause d'eux que le Verbe divin s'est fait votre Fils. Ah ! loin de cette
divine Mère, qui a donné au monde la source de la miséricorde, loin d'elle la pensée de refuser sa miséricorde à aucun misérable qui
l'appelle à son aide ! Ainsi, ô Marie, puisque c'est votre office de réconcilier les hommes avec Dieu, n'écoutez, pour venir à mon aide,
que votre douce miséricorde, qui est bien plus grande que tous mes péchés."

Consolez-vous donc, ô âmes pusillanimes, dirai-je enfin avec saint Thomas de Villeneuve ; respirez et prenez courage, ô pauvres
pécheurs ; cette auguste Vierge, Mère de votre Juge et de votre Dieu, est l'Avocate du genre humain : Avocate puissante, qui peut tout
ce qu'elle veut auprès du Seigneur ; Avocate pleine de sagesse, qui connaît tous les moyens de l'apaiser ; Avocate universelle, qui
accueille tout le monde et ne refuse à personne de le défendre.

                                EXEMPLE

Cette miséricorde à l'égard des pauvres pécheurs, notre céleste Avocate la manifesta d'une manière bien éclatante par ce qu'elle fit,
selon Césaire et le Père Rho, en faveur d'une religieuse de Fontevreault, nommé Béatrix. Cette malheureuse s'était éprise d'une folle
passion pour un jeune homme ; de concert avec lui, elle avait formé le complot de s'enfuir pour le suivre ; et un jour, en effet, elle s'en
alla auprès d'une statue de Marie, déposa à ses pieds les clefs du couvent, dont elle était portière et partit sans pudeur. S'étant rendue
dans une contrée éloignée, elle s'oublia jusqu'à faire le métier de courtisane, et vécut quinze années dans cette dégradation. Au bout de
ce temps, elle rencontra dans la ville qu'elle habitait le pourvoyeur de son couvent ; et, persuadée qu'il ne pouvait la reconnaître, elle lui
demanda s'il connaissait la soeur Béatrix. " Parfaitement, répondit-il. c'est une sainte religieuse, et elle est à présent maîtresse des
novices. " Stupéfaite et tout interdite à cette réponse, la pécheresse ne savait que penser. Afin de savoir le mot de l'énigme, elle se
travestit, et se transporta au couvent. Là, elle demanda la soeur Béatrix ; et voilà que se présente devant elle la sainte Vierge, sous les
trait de cette statue même aux pieds de laquelle elle avait déposé ses clefs et ses vêtements. " Béatrix, lui dit la divine Mère, sachez que,
pour sauver votre honneur, j'ai pris vos traits, et rempli votre charge pendant ces quinzes années que vous avez vécu loin du couvent.
Revenez à Dieu, ma fille ; mon Fils est encore prêt à vous recevoir ; faites donc pénitence, et tâchez de conserver, par une vie
édifiante, la bonne réputation que je vous ai acquise ici. " Elle dit, et disparut. Béatrix, touchée de reconnaissance pour cette extrême
miséricorde de Marie envers elle, reprit l'habit religieux, et y vécut saintement le reste de ses jours. A sa mort, elle découvrit le tout
pour la gloire de la Reine du ciel.

                                 PRIÈRE

Glorieuse Mère du Sauveur, je le confesse, l'ingratitude dont j'ai si longtemps usé envers Dieu et vous, mériterait que, par un juste
retour, vous me retirassiez tous vos soins ; car l'ingrat n'est plus digne des bienfaits. Mais, ma douce Souveraine, j'ai une haute idée
de votre bonté ; je suis convaincu qu'elle surpasse de beaucoup mon ingratitude. Continuez donc, ô Refuge des pécheurs, et ne cessez
jamais de secourir un pauvre pécheur qui se confie en vous. O Mère de miséricorde, daignez tendre la main à un malheureux qui est
tombé, et qui implore votre pitié, Défendez-moi, ô Marie, ou bien dites-moi à qui je dois m'adresser qui puisse me défendre mieux que
vous. Mais où irai-je chercher une Avocate plus compatissante et plus puissante auprès de Dieu que vous qui êtes sa Mère ? En
devenant la Mère du Sauveur, vous fûtes investie de l'office de sauver les pécheurs, et vous m'avez été donnée pour me guider au port
du salut ; ô Marie, sauvez celui qui a recours à vous.

Je ne mérite point votre amour ; mais le désir que vous avez de sauver ceux qui sont perdus m'inspire la confiance que vous m'aimez ;
et si vous m'aimez, comment pourrai-je périr à jamais ? Ma chère Mère, si je me sauve par votre secours, comme je l'espère, je ne
vous serai pas ingrat : par des louanges éternelles, je réparerai mon ingratitude passée ; et ce sera en vous consacrant toutes les
affections de mon âme que je reconnaîtrai l'amour dont vous m'avez donné tant de preuves. Au ciel, où vous régnez et règnerez
éternellement, je chanterai avec joie et sans fin vos miséricordes, et je baiserai cette main charitable qui m'a délivré de l'enfer autant
de fois que je l'ai mérité par mes péchés. O Marie, ô ma libératrice ! ô mon espérance ! ô ma Reine ! ô mon Avocate ! ô ma Mère ! je
vous aime, je vous aime, et je veux vous aimer à jamais. Amen, amen. Ainsi, j'espère, ainsi soit-il.