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( d’après les visions de Maria Valtorta )

« Tu ne te feras pas des dieux en ma présence »

 

"Il est dit : “Tu ne te feras pas des dieux en ma présence. Tu ne te feras aucune sculpture, ni représentation de ce qui est là-haut dans le ciel, ou ici-bas sur la terre, ou dans les eaux, ou sous terre. Tu n’adoreras pas de tels objets ni ne leur rendras pas un culte. Je suis le Seigneur ton Dieu, fort et jaloux, qui punis l’iniquité des pères sur leurs fils jusqu’à la troisième et quatrième génération pour ceux qui me haïssent, et qui fais miséricorde jusqu’à la millième génération pour ceux qui m’aiment et observent mes commandements”."

La voix de Jésus retentit dans la pièce que la foule remplit, parce qu’il pleut et où tout le monde s’y est réfugié. Au premier rang, quatre malades : un aveugle que conduit une femme, un enfant tout couvert de croûtes, une femme qui a la jaunisse ou souffre de la malaria, et un quatrième que l’on porte sur un brancard.

Jésus parle, appuyé à la crèche vide. Jean et les deux cousins, ainsi que Matthieu et Philippe, sont près de Lui, tandis que Judas avec Pierre, Barthélemy, Jacques et André sont à la sortie et règlent l’entrée de ceux qui arrivent encore, Thomas et Simon circulent parmi les gens en faisant taire les enfants, recueillent les oboles tout en écoutant les requêtes.

"Tu ne te feras pas des dieux en ma présence".

498> Vous avez entendu comment Dieu est omniprésent par son regard et sa parole. En vérité nous sommes toujours en sa présence. Enfermés dans une chambre ou au milieu du public du Temple, nous sommes également en sa présence. Bienfaiteurs cachés qui dérobons notre visage à celui que nous assistons, assassins qui attaquons le voyageur dans un défilé solitaire et le tuons, nous sommes également en sa présence. Il est en sa présence le roi au milieu de sa cour, le soldat sur le champ de bataille, le lévite à l’intérieur du Temple, le sage penché sur ses livres, le paysan sur son sillon, le marchand à son comptoir, la mère penchée sur le berceau, l’épouse dans la chambre nuptiale, la jeune fille dans le secret de la maison paternelle, l’enfant qui étudie à l’école, le vieillard qui s’étend pour mourir. Tous sont en sa présence et pareillement les actions de l’homme sont en sa présence.

Toutes les actions de l’homme ! Parole terrible ! Et consolante parole ! Elles seront terribles si les actions ont pour but le péché, elles seront consolantes si elles poursuivent la sainteté. Savoir que Dieu voit est un frein pour la mauvaise conduite, un réconfort pour les bonnes actions. Dieu voit celui qui agit bien. Je sais qu’Il n’oublie pas ce qu’Il voit. Je croîs qu’Il récompense les bonnes actions. Je suis donc certain d’avoir cette récompense et je me repose sur cette certitude. Elle me donnera une vie sereine et une mort tranquille, parce que dans la vie et dans la mort mon âme sera consolée par l’étoile rayonnante de l’amitié de Dieu. C’est ainsi que raisonne celui qui agit bien. Mais celui qui agit mal, pourquoi ne pense-t-il pas que parmi les actions défendues, il y a les cultes idolâtriques ? Pourquoi ce dernier ne dit-il pas : “Dieu voit que pendant que je simule un culte saint, j’adore un dieu ou des dieux menteurs auxquels j’ai érigé un autel qui est secret aux yeux des hommes, mais connu de Dieu” ?

Quels dieux, direz-vous, si, même au Temple, il n’y a pas de représentation de Dieu ? Quel visage ont ces dieux, s’il a été impossible de donner un visage au Dieu Vrai ? Oui. Impossible de Lui donner un visage, car le Parfait et le Très Pur ne peut-être dignement représenté par l’homme. Seul l’esprit entrevoit sa spirituelle et sublime beauté, entend sa voix, goûte sa tendresse, quand Il se répand près d’un saint qui mérite ce contact divin. Mais l’œil, l’ouïe, la main de l’homme ne peuvent voir ou entendre et par conséquent exprimer par le son d’une cithare ou par le marteau et le ciseau sur le marbre ce qu’est le Seigneur.

499> Oh ! bonheur sans fin lorsque, ô esprits des justes, vous verrez Dieu ! Le premier regard sera l’aurore d’une béatitude qui vous accompagnera dans les siècles des siècles. Cependant, ce que l’homme ne peut faire pour le Vrai Dieu, voilà qu’il le fait pour des dieux menteurs. L’un érige un autel à la femme, un second à l’or un autre à la puissance, un autre à la science, un autre aux triomphes militaires. L’un adore l’homme puissant, son semblable dans l’ordre naturel, qui ne le dépasse que par la force ou la chance. Un autre s’adore lui-même et dit : “Il n’y a personne qui m’égale”. Voilà les dieux de ceux qui appartiennent au peuple de Dieu.

Ne vous étonnez pas de voir les païens adorer les animaux, les reptiles ou les astres. Combien de reptiles ! Combien d’animaux ! Combien d’astres éteints vous adorez dans vos cœurs ! Les lèvres prononcent des paroles mensongères pour flatter, pour posséder, pour corrompre. Et n’y a-t-il pas là les prières d’une idolâtrie secrète ? Les cœurs couvent des pensées de vengeance, de trafic, de prostitution. Est-ce que ce n’est pas là le culte aux dieux immondes du plaisir, de l’avidité, du mal ?

Il est dit : “Tu n’adoreras rien de ce qui n’est pas ton Dieu Vrai, Unique, Éternel”. Il est dit : “Je suis le Dieu fort et jaloux ”.

Fort : Aucune autre force n’est plus forte que la sienne. L’homme est libre d’agir, Satan est libre de tenter. Mais, quand Dieu dit : “Ça suffit ”, l’homme ne peut plus mal agir et Satan ne peut plus tenter. Ce dernier refoulé en son enfer, abattu l’autre dans l’excès de ses mauvaises actions, car il y a une limite que Dieu ne lui permet pas de dépasser.

Jaloux : De qui ? De quelle jalousie ? La mesquine jalousie des petits hommes ? Non, mais de la sainte jalousie de Dieu pour ses fils. La juste jalousie. L’amoureuse jalousie. Il vous a créés. Il vous aime. Il vous veut. Il sait ce qui vous nuit. Il connaît ce qui tend à vous séparer de Lui. Et Il est jaloux de ce qui se met entre le Père et ses fils et les dévie de l’unique amour qui est salut et paix : Dieu. Comprenez cette divine jalousie qui n’est pas mesquine, qui n’est pas cruelle, qui n’emprisonne pas. Mais qui est amour infini, bonté infinie et liberté sans limite, qui se donne à la créature finie pour l’aspirer à Lui et en Lui et la rendre coparticipante de son infinie bonté. Un bon père ne veut pas être seul à jouir de ses richesses. Mais il veut que ses enfants y participent. Au fond, c’est plus pour ses enfants que pour lui-même qu’il les a accumulées. C’est la même chose pour Dieu. Mais Il apporte dans cet amour et ce désir la perfection de toute son action.

500> Ne trompez pas le Seigneur. Il promet le châtiment pour les coupables et pour les fils des fils coupables. Et Dieu ne ment jamais dans ses promesses. Mais que votre esprit ne s’abatte pas, ô fils de l’homme et de Dieu. Écoutez l’autre promesse et exultez : “Et Je fais miséricorde jusqu’à la millième génération à ceux qui m’aiment et observent mes commandements"

Jusqu’à la millième génération des bons et jusqu’à la millième faiblesse des pauvres fils de l’homme, qui tombent non par malice mais par étourderie et par les pièges du démon. Plus encore. Je vous dis que Lui ouvre ses bras si, le cœur contrit et le visage baigné de larmes, vous dites : “Père, j’ai péché. Je le sais. Je m’humilie et le reconnais devant Toi. Pardonne-moi. Ton pardon sera ma force pour revenir à ‘vivre’ la vraie vie ”.

Ne craignez pas. Avant que vous ne péchiez par faiblesse, Lui savait que vous auriez péché. Mais son Cœur ne se ferme que lorsque vous persistez dans le péché, en le voulant réellement, en faisant d’un péché ou de plusieurs péchés vos horribles dieux. Abattez toutes les idoles, faites place au Dieu Vrai. Il descendra par sa gloire pour consacrer votre cœur, quand Il ne verra que Lui seul en vous.

Rendez à Dieu sa demeure. Ce n’est pas dans des temples de pierre, mais dans le cœur des hommes qu’elle se trouve. Lavez-en le seuil, débarrassez l’intérieur de tout luxe inutile ou coupable. Dieu seul. Lui seul. Lui est Tout ! Et en rien n’est inférieur au Paradis le cœur d’un homme ou réside Dieu, le cœur d’un homme qui chante son amour à l’Hôte Divin.

Faites de tous vos cœurs un Ciel. Commencez la cohabitation avec le Très-Haut. Dans votre éternel demain, elle se perfectionnera en puissance et en joie parfaites. Mais ici-bas, elle pourra déjà surpasser l’étonnement tremblant d’Abraham, de Jacob et Moïse. Parce qu’elle ne sera plus en effet la rencontre fulgurante et effrayante avec le Puissant, mais le séjour avec le Père et l’Ami qui descend pour dire : “Ma joie est de me trouver parmi les hommes. Tu me rends heureux. Merci, fils."

La foule, qui dépasse la centaine de personnes, sort après quelque temps de l’enchantement. Il en est qui se surprennent à pleurer, d’autres à sourire par la même espérance joyeuse. Enfin, la foule semble s’éveiller. C’est comme un bourdonnement, un soupir puissant et finalement comme un cri de libération : " Toi béni ! Tu nous ouvres le chemin de la paix !"

501> Jésus sourit et répond : " La paix est en vous, si vous suivez dès maintenant le bon chemin."

Puis il va vers les malades. Il passe la main sur l’enfant malade, sur l’aveugle et sur la femme au teint jaune. Il se penche sur le paralytique et dit : "Je le veux."

L’homme le regarde et crie : "La chaleur est dans mon corps épuisé !" et il se lève comme il se trouve, jusqu’à ce qu’on lui jette dessus la couverture du grabat. La mère soulève le bambin qui n’a plus de croûtes, et l’aveugle se frotte les yeux pour le premier contact avec la lumière. Des femmes crient : "Dina n’est plus jaune comme les renoncules sauvages."

L’émotion est à son comble. On crie, on bénit, on se bouscule pour voir, on tâche de sortir pour aller le dire dans le pays. Jésus est assailli de tous côtés. Pierre voit qu’on l’écrase presque et il crie : "Mes amis ! Ils étouffent le Maître ! Venez le dégager ! " et à coups de coudes et même de quelques coups dans les tibias, les douze réussissent à dégager Jésus, à le libérer, et à l’amener à l’extérieur. "Demain, c’est moi qui y pensera, dit-il. Toi auprès de la porte et les autres au fond. Ils t’ont fait du mal ?"

"Non."

"Ils semblaient fous ! Quelles façons !"

"Laisse-les faire. Ils étaient heureux... et Moi avec eux. Allez baptiser ceux qui le demandent. Je rentre à la maison. Toi, Judas, avec Simon, donnez l’obole aux pauvres. Tout. Nous avons beaucoup plus qu’il ne faut pour des apôtres du Seigneur. Va, Pierre, va. Ne crains pas de trop faire. Je te justifie auprès du Père, puisque je te commande. Adieu, amis."

Et Jésus, épuisé et en sueur, s’enferme dans la maison pendant que les disciples s’acquittent chacun de sa tâche auprès des pèlerins.